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Comment les enfants jouent dans les structures plein air ou semi-plein air

Dans ce nouvel article, issu de sa thèse, Valérie Roy, EJE et docteure en sciences de l’éducation, se demande avec quels types de jeux et jouets les jeunes enfants jouent en structure plein air et semi-plein air. A partir de ses observations et recherches, elle analyse leur rapport au jeu : la coopération entre enfants, le développement de la motricité fine, globale et bien-sûr le jeu avec les éléments de la nature… Elle tente donc de démontrer que la fréquentation importante des espaces extérieurs influence les jeux des enfants et participe au déploiement de leur culture. Que le jeu et le jouet se redéfinissent en fonction des espaces de vie des enfants. Que ces derniers sont liés au contexte social, au contexte économique et politique.

Certains jouets ou jeux sont spécifiques au plein air et à la nature, d’autres prennent juste une autre dimension quand ils sont utilisés à l’extérieur, dans un espace naturel ou végétalisé. Voici une sorte de typologie des jeux et de leurs apports spécifiques quand ils sont pratiqués à l’extérieur.

Les jeux d’acquisition de motricité fine et globale

Les motricités fine et globale sont développées, stimulées en espace plein-air. D’autres éléments (terre, écorce d’arbre, caillou, herbe, plante) sont manipulés par les enfants donc la préhension fine des mains est sensibilisée à d’autres praxies. Comme le corps est souvent en mouvement, l’agilité physique est amplifiée par la possibilité de jouer constamment à des jeux moteurs sans restriction. Seuls les temps du repas et du goûter sont imposés aux jeunes enfants et le regroupement chanson.
L’enfant peut donc jouer des heures avec son corps, ses mains loin de l’adulte. Il choisit et il dispose. Le sens du toucher comme de l’ouïe, de l’odorat, de la vue, des sensations intéroceptives et extéroceptives sont sans cesse enrichies par une expérimentation importante et autonome, un tâtonnement sans limites. L’apport est donc pluri-sensoriel et pluri-moteur.
Les enfants découvrent également les ateliers d’éveil où ils participent à des activités de peinture, de graphisme avec tout support, d’abaques, de colorédo, de gommettes, de musique, des activités qui stimulent également les sens.
Une plus grande confiance est accordée aux jeunes enfants dans le jardin. Ce qui favorise les expériences de motricité fine et de motricité globale. L’enfant a donc accès à de nombreuses stimulations à son rythme.

Les jeux favorisant l’expression de l’émotion

L’expression émotionnelle semble libérée au milieu du jardin du fait de la diminution de certaines règles imposées en espace intérieur. La perception du bruit n’est pas la même. De ce fait, les jeunes enfants peuvent crier sans que cela dérange les professionnelles. L’émotion jaillit et l’enfant peut enfin déployer toute une palette de ressentis parfois non autorisés dans l’espace de vie intérieure. Mais qu’est-ce qu’une émotion ? Au niveau psychologique sont distinguées quelques émotions de base, dites ‘primaires’, au nombre de 4 à 6 : la surprise, la peur, la joie, la tristesse, la colère et parfois le dégoût ou la fierté/honte. Perçues comme universelles, elles se diversifient et s’expriment de manière variée en fonction du contexte culturel, mais aussi en fonction de l’environnement.

Dehors, l’expression émotionnelle est autre, plus large. Selon les professionnelles, la joie, le rire des enfants, la contagion positive des jeunes enfants semblent se déployer de manière différente dans le jardin. Représenterait-elle un risque aux yeux des professionnelles ? Dedans, sont souvent évoquées la contagion émotionnelle négative, la crainte des pleurs excessifs. Les jeunes enfants vont très vite pour communiquer leurs chagrins. Ce qui fatigue beaucoup les adultes.
L’émotion est porteuse d’une force autonome poussant à l’action. L’émotion de ce fait provoque une action sur le monde. Pour William Reddy, les émotions agissent comme autant de signes qui suggèrent l’espace affectif dans lequel l’homme vit, et, « en le nommant ou en le communiquant, nous contribuons à changer cet espace affectif, et, potentiellement, à changer le monde autour de nous », ajoute-t-il. C’est ce que je peux constater depuis des années, en observant comment les émotions des enfants en espace plein air ont changé ma représentation des jeunes enfants et celles des professionnelles interrogées, mon regard sur le monde et sur moi-même.

Toutefois, notre manière de percevoir l’expression du dehors reste toujours influencée par notre « culture du dedans ». Car l’enfermement nous pousse à envisager l’extérieur comme un lieu de défoulement, où tout serait permis et moins à l’intérieur. Mais réciproquement, le fait d’expérimenter le dehors change cette perception du dedans. L’éco-intégration du dehors s’avère riche, sensiblement parlant.

Les jeux de coopération et d’empathie

Dans mon ouvrage Petite Enfance et plein air , j’évoque ces jeux de coopérations en plein air et ces jeux empathiques. Ces mouvements joyeux d’entraide, sont surprenants et remettent en question l’idée d’égocentrisme proposé par Jean Piaget. Les enfants très jeunes font parfois preuve d’empathie entre eux. La coopération désigne l’action de collaborer, de prendre part à une œuvre commune. L’objectif du jeu coopératif ne peut être atteint que par la solidarité entre les participants. Le jeu coopératif enseigne à l’enfant l’esprit de groupe. Il s’agit d’agir et de se mouvoir ensemble, de résoudre à plusieurs des problèmes. Et dehors il arrive qu’au travers des activités ludiques, les enfants s’entraident pour résoudre des problèmes d’ordre pratique et cognitif. Parfois, il s’agit de permettre à des feuilles d’automne de rester dans une brouette, de réussir à faire avancer une voiture à plusieurs, d’avancer sur un tricycle à plusieurs. L’intérêt de ces jeux, c’est qu’ils développent l’entraide et la réflexion coopérative. Se balancer à deux sur un culbuto n’est pas facile, il s’agit de coordonner ses gestes, ses mains, son souffle.
Certains enfants tentent d’arracher de l’écorce d’arbre, le plus haut possible ensemble au milieu du jardin. Ils vont agir à plusieurs. C’est un jeu d’imitation, mais aussi de résolution de problème collectif. Il s’agit d’unir ses forces pour tenter l’impossible. Sur la pointe des pieds, chacun essaie d’arracher l’écorce. Il s’agit de mesurer la taille de l’arbre par rapport à son corps, d’adapter sa vue, son geste. C’est un exercice occulo-manuel, un jeu d’équilibre aussi. Finalement, un enfant parvient à arracher le morceau de bois, puis un autre. C’est aussi un jeu d’exploration, de formes. Il y a une réelle prise de risque, celle de se faire mal, de tomber, peu importe les enfants semblent fascinés. Les enfants ne s’affrontent pas, ne s’énervent pas. Ils explorent et jouent côte à côte.

Les jeux de sons et de chant

Lorsque est abordée l’éducation à l’environnement, peu de personnes se préoccupent d’éducation sonore. Pourtant, le son est très présent dans nos vies.
Dehors, le jeune enfant retrouve un savoir-être par rapport à l’écoute des sons, le partage des sons (chant des oiseaux, bruit du vent, des feuilles, bruit de la ville, chant entre enfants). L’environnement sonore diverge en extérieur. L’écologie sonore, terme inventé par le canadien Raymond Murray Schafer (2010), s’intéresse aux effets des relations entre les organismes vivants et l’environnement sonore, étudie l’influence des environnements sonores sur les comportements des personnes y logeant comme leur caractère physique. Dehors en plein air, l’enfant aux dires des professionnelles interrogées, adopte d’autres comportements. Les enfants chantent entre eux, développent des jeux sonores à plusieurs. L’écoute des sons des uns et des autres, même inter-espèces joue un rôle d’apaisement.

Jouets adaptés vs jouets non adaptés, jouets éducatifs vs jouets naturels

Dans le secteur de la petite enfance, le jouet « adapté à la main de l’enfant » s’est totalement institutionnalisé. Des catalogues en fournissent beaucoup. Certains sont utilisables pour les 18 mois-4 ans, d’autres sont destinés aux plus petits, aux nourrissons, aux enfants entre 12 et 18 mois, etc. Tout est catégorisé, il suffit de suivre les pages. Dans ces apports par âge, les étudiantes ou étudiants éducateurs de jeunes enfants sont formés à respecter le jouet destiné aux jeunes enfants. Et cette règle est très respectée et institutionnalisée dans le secteur petite enfance. Ces jouets sont conçus pour développer des capacités cognitives élaborées, précisées par des spécialistes, pédagogues, psychologues, scientifiques, des neuro spécialistes. Ils sont tous majoritairement en plastique et cette focalisation sur une seule matière restreint principalement le sens du toucher indispensable à la perception du monde environnant dans le développement des jeunes enfants.

On peut se demander si, en fin de compte, les jouets adaptés, proposés à la taille des plus petits (les voitures, les poupées, la dinette, …) pour imiter les adultes, sont tant investis par eux qu’on aurait tendance à le penser. Les autres, « non adaptés » ne sont-ils pas porteurs d’une autre richesse dont les enfants s’emparent, tant manuellement qu’intellectuellement ? Ces jouets, ou plutôt ces invitations au jeu, quels sont-ils ? L’infinie variété de la vie quotidienne, de la vie tout court : insectes, l’arbre, la branche, l’écorce d’arbre, le caillou, le morceau de terre, les feuilles d’automne… Les jouets naturels créés par les enfants au milieu de la nature trouvent une utilité importante dans la main des enfants et remettent en question tout cet investissement autour du jouet transmis, imposé. Les jeunes enfants à l’extérieur mesurent le monde en miniature et l’immensité. Ils mesurent le vent, observent l’oiseau qui vole.

Les entretiens des professionnelles et les observations d’enfants questionnent cette adaptabilité-là : en effet, que signifie un jouet « adapté » ? Et qui sommes-nous pour imposer aux enfants des jouets soi-disant adaptés à leur bon développement ? En quoi est-ce respecter le développement singulier de chaque enfant que d’adapter à sa main des jouets qui lui correspondent ? Le besoin de transformer le jouet en jouet éducatif est presque constant chez le futur éducateur ou le pédagogue. Pourtant les professionnelles remarquent combien les enfants en extérieur trouvent d’autres moyens de jouer, avec la terre, les arbres, les feuilles d’automne jonçant le sol, le sable, les petits cailloux. Les jeunes enfants ne peuvent finalement laisser libre cours à leur désir créatif.

Le plein air permet d’observer comment les enfants aiment explorer tout type de jeu même non adapté à leur main et comment ils apprennent à évoluer pour s’adapter, pour progresser par eux-mêmes dans une satisfaction naturelle. L’arbre n’est pas ajusté à la main des jeunes enfants au même titre que la tige de bois, le caillou, la feuille d’automne, pourtant il est tout à fait légal de leur proposer un espace avec ces éléments. Aucune professionnelle n’étiquette l’arbre pour vérifier s’il est disposé à la main des plus petits. Il existe donc un paradoxe. L’expérience plein air met en lumière largement cet angle de vue pédagogique souvent nié.

Ne pas importer dehors ce qui se fait dedans !

Dans la proposition des espaces enfantins, subsiste donc un point de vue qui cloisonne les jeunes enfants. Dehors, ils apprennent avec humilité et prennent des risques pour s’adapter à l’arbre, à la vie. Ils vont ainsi en toute autonomie, loin du regard de la professionnelle, développer de nouvelles praxies motrices, pour s’accommoder. Ils vont se confronter à la puissance de la Nature, des éléments (vent, soleil, eau, terre).
Comme l’évoque Roland Barthes, l’enfant ne cherche pas au travers des constructions à apprendre les noms des jouets, « Ce qu’il exerce, ce n’est pas un usage, c’est une démiurgie : il crée des formes qui marchent, qui roulent, il crée une vie, non une propriété́. » Toute la différence est là. Et cette démiurgie reste lettre morte si on ne rend pas possible le libre investissement par l’enfant des lieux, des relations, des expériences. Si l’adulte doit attendre que les jeunes enfants soient capables de manipuler les objets « pour tel âge », pour leur en donner l’accès, ces enfants peuvent se bloquer et ne pas manifester leurs compétences, et l’adulte se trouve tout simplement dans l’incapacité de percevoir d’éventuelles acquisitions : d’où l’intérêt de la coéducation, dans des groupes d’âge hétérogènes, et surtout de l’activité et de la circulation libres, en pleine autonomie, où les jeunes enfants découvrent à leur rythme. Combien de fois, ai-je vu des plus petits s’installer dans des ateliers de plus grands dans le seul but de les imiter et de s’amuser en leur présence.

Le dehors est un lieu dans lequel la tendance « normale » des adultes pourrait être de reproduire le compartimentage des intérieurs souvent « pensés pour » les apprentissages, des lieux… « adaptés » ; tout à l’inverse, le dehors au contraire appelle à la polyvalence des lieux et des rencontres, à l’amplitude des gestes, des déplacements, donc à un élargissement des possibles pour la moindre des activités. Là encore, la pédagogie en plein-air retrouve bien des principes des pédagogies nouvelles, et en particulier de la pédagogie coopérative, dont le principe fondamental est la constitution d’un travail en groupes hétérogènes et variés, allant du travail individuel au groupe-classe, en passant par les petits groupes réguliers (les équipes), ou occasionnels, selon les projets, mais aussi la libre connivence lors des jeux qui constitue la principale situation de vie et de pratique dans nos lieux de toute petite enfance.

Poésie du jouet naturel

Cette poésie, c’est dans le jeu, plus qu’ailleurs, qu’on la voit se déployer dans la vie du jeune enfant accueilli dans nos structures éducatives. Il y a une poésie perceptible dans le jeu des enfants en extérieur. J’ai constaté durant cette recherche combien les jeunes enfants, en effet, utilisent des phrases originales, des associations de mots et d’images, traduisant une certaine poésie.
Les enfants sont sensibles à l’esthétique de la nature, à son langage par ses couleurs et ses formes, sa beauté. Certains d’entre eux évoquent une forme d’affection envers le soleil. Ils précisent qu’ils l’aiment ainsi que le nuage, le ciel… Dehors se mêlent le désir de beauté, la poésie et le jeu. La poésie assume une fonction ludique, mais pas seulement : elle se situe dans un espace que l’esprit crée où les choses réelles le sont de manière différente que dans le monde de la logique classique. La poésie naît au cours du jeu ludique, se transmet au travers du jeu des enfants, d’un chant d’enfants.

Les jeux et la communion avec le vivant, la nature sauvage ou urbaine

Comment définir ces instants où les enfants, en s’imprégnant des éléments vivants, découvrent la vie, des instants d’émerveillement, des sensations qui les enracinent au sein de la nature ? Là encore, un jeu de contraste entre culture de l’intérieur et culture de l’extérieur peut être révélateur.
Dans le secteur de la petite enfance, les enfants sont amenés à découvrir la nature par le biais de la littérature enfantine. Des ouvrages parlent des animaux de la ferme, du temps, de la pluie, du soleil et du tonnerre. Des histoires de loups foisonnent, du gentil au méchant. Des histoires évoquent l’existence des différentes saisons. Tout est imagé mais aucun livre ne peut traduire les émotions ressenties en nature. Dans le jardin de ma structure, les enfants touchent les jouets et manipulent les éléments vivants (terre, eau, plante, arbre, souffle du vent, caillou, branches) comme au Champ de Mars ou à l’Ermitage de Mulhouse. Ils sentent le vent et s’amusent avec l’écorce d’arbre, le sable. Ils courent après les oiseaux qui se posent au milieu de l’espace vert. Des interactions se mettent en place avec l’eau de pluie et, plus d’une fois, j’ai ressenti une émotion forte les traverser en les regardant.

Le vent souffle et l’enfant le hume. Les feuilles s’envolent et tombent en automne dans le jardin, les enfants les touchent, les ramassent et ils trempent leur bâton de bois dans la pluie toute fraîche. Ils mouillent leur petite main et ressentent le froid. Ils observent les changements de couleurs, les variations de la terre molle qui foulent leurs pieds. Ils sautent dans les flaques d’eau. Ces contacts avec les éléments vivants aident les plus petits à s’approprier cette notion du sauvage inhérente à tout être humain. Ils vivent des instants particuliers d’expérience qui les saisissent, les transportent dans un champ sensoriel et émotionnel intense. Ils se saisissent du sauvage en eux et apprennent à grandir avec, sans en avoir honte ou peur. Il y a bien une rencontre entre les enfants et ces éléments porteurs de vie. C’est une communion avec le vivant. Cette rencontre aide les enfants à construire leur identité environnementale et développe une compréhension des écosystèmes naturels. Ils se rendent compte combien la nature s’impose par sa force et son élégance, sa rapidité, ses mouvements, ses bruits, ses changements parfois brusques, son esthétisme, ses rayons lumineux, son immensité, ses fortes chaleurs, ses vents glaciaux qui font rougir les mains. Ces expériences alimentent leur imaginaire et dans leurs jeux, des présences d’animaux sauvages apparaissent : le loup, la panthère, les oiseaux, les nuages, mais aussi les fruits, les légumes, des souvenirs vécus chez leur grands parents. Une conscience aiguisée de la vie s’installe en eux, leur apportant un autre regard sur leur ville et ses centres d’intérêts. Ils découvrent un territoire. Très jeunes les enfants comprennent le sens du sauvage comme s’il était une part d’eux-mêmes.

Le fait de manipuler longuement les éléments vivants permet aussi aux jeunes enfants de développer davantage de sympathie envers la nature et le monde vivant. Ils s’y intéressent et posent des questions. Par le biais du contact avec elle, les enfants, souvent bien plus proches que leurs parents de leur « devenir animal », comme dirait Gilles Deleuze, découvrent une variété de sensations qu’ils intériorisent et des sentiments (de joie, d’émerveillement, de crainte parfois), des émotions s’éveillent avec le toucher de la neige ou des feuilles d’automne par exemple. Le contact avec l’herbe, la terre, leur permet de découvrir l’humidité, de la ressentir, de comprendre la matière, comment agit la substance dans le monde. En manipulant les éléments, les enfants se concentrent et intériorisent la présence du monde et de la nature. C’est comme un besoin de communion que les jeunes enfants manifestent au travers de ces jeux avec les éléments vivants. Comme pour retrouver ce sens du commun qui habille le monde et tous les êtres vivants, comme une essence déposée dans chaque élément et perçue par l’enfant.

Les enfants sont alors transportés par cette rencontre qui les relie au vivant universel. Ils en décèlent les codes. Ils prennent conscience que la nature est aussi une parcelle d’eux-mêmes. Ce besoin de communion est un besoin essentiel à l’homme, et que l’on retrouve dans une grande majorité de cultures. Il comble le cœur et leur procure une satisfaction profonde.

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Valérie Roy

PUBLIÉ LE 03 mars 2026

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