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Décret d’attribution : le ministère XXL de Catherine Vautrin se précise
Le décret d’attribution relatif au périmètre du ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités de Catherine Vautrin est paru au JO du 25 janvier. Et ça se confirme : elle a tout, malgré les souhaits de certains, au premier chef d’Aurore Bergé, de grappiller quelques sujets, comme la petite enfance ou la parentalité.
Un périmètre Énorme !
D’emblée, dès les premières lignes de l’article 1, le ton est donné et le cadre est posé. Sans ambiguïtés aucune :
« Le ministre du travail, de la santé et des solidarités prépare et met en œuvre la politique du Gouvernement dans les domaines du travail, de l’emploi, de l’insertion professionnelle et économique, de l’apprentissage, de la formation professionnelle, du dialogue social et de la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, de la santé publique et de l’organisation du système de santé, de la solidarité, de la cohésion sociale, de la famille, de la parentalité et de l’enfance, notamment de l’accueil de la petite enfance et de la protection de l’enfance, de l’autonomie et du handicap. Il conduit, sous réserve des compétences du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, la politique du Gouvernement dans le domaine de la protection sociale. ».
Dans le détail, l’alinéa 6 de ce premier article stipule :
« Il prépare et met en œuvre la politique du Gouvernement relative à la famille, à l’enfance, notamment la petite enfance, aux personnes âgées et à la perte d’autonomie »
et l’alinéa 9 :
« Il est compétent en matière de fonction publique hospitalière, de professions médicales, paramédicales et sociales ».
En première ligne pour la petite enfance
C’est clair : Catherine Vautrin, la très puissante ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, couvre tous les domaines de l’enfance : protection de l’enfance (ex Charlotte Caubel), accueil du jeune enfant, famille et parentalité (ex Aurore Bergé). Mais aussi tout ce qui concerne les métiers de la petite enfance et donc les revalorisations salariales, premier dossier urgent qui sera à traiter.
Cela met fin à quelques intrigues et supputations… mais cela peut inquiéter tant ce périmètre est énorme. Et cela renforce l’idée que cette ministre, aussi aguerrie soit-elle, ne pourra assumer correctement ses missions sans ministres délégués et (ou) secrétaires d’État.
A priori, un ministre délégué à la Santé et un ministre délégué aux Solidarités devraient être effectivement nommés. Difficile de savoir encore s’il y aura « plus ». Il faudra attendre au moins jusqu’au 2 février pour en avoir le cœur net : soit le service public de la petite enfance est une vraie priorité soit il n’est qu’une des nombreuses priorités du gouvernement.
Enfin, selon le décret publié, la ministre aura autorité sur toutes les administrations investies dans la petite enfance dont bien sûr la DGCS (article 2. Alinéa 2.)
Des réactions entre espoir, mécontentement et impatience
Les acteurs du secteur, quels qu’ils soient, sont circonspects. Ils veulent de la continuité dans les actions menées et un interlocuteur dédié à la petite enfance. On connait le point de vue du comité de filière petite enfance. On sait les inquiétudes et revendications exprimées dans un communiqué commun par le SNPPE et la FNEJE qui représentent les pros de terrain. Quant à Elisabeth Laithier, la présidente du comité de filière petite enfance, dans un post linkedin, écrit avec tact et mesure mais fermeté et conviction ce que nombre de professionnels (au sens large) pensent et souhaitent : « Cela me laisse songeuse, non pas que je mette en cause les capacités de madame la ministre que je respecte , mais tout simplement tant les champs d’intervention sont vastes …
J’attends avec une vraie impatience de connaître la composition finale du gouvernement et reste totalement mobilisée pour faire avancer tous les dossiers petite enfance.»
C.L
PUBLIÉ LE 25 janvier 2024
MIS À JOUR LE 20 février 2024