Tribune Libre
EAJE : quand la réglementation change, les professionnels trinquent (encore) ?
Par Christel Laché, infirmière-puéricultrice gestionnaire de micro-crèches.
Le Décret n° 2025-304 du 1er avril 2025, fraîchement publié, vient une nouvelle fois bousculer l’organisation des établissements d’accueil du jeune enfant. Sur le papier, il s’inscrit dans une volonté affichée d’harmonisation, de qualité et de sécurisation. Mais sur le terrain, ce nouveau texte s’ajoute à une longue liste d’ajustements successifs qui finissent par user les professionnels plutôt que les soutenir.
Car derrière chaque ligne réglementaire, il y a des équipes déjà en tension, des directions qui jonglent avec les plannings, des enfants qui méritent mieux qu’un accueil standardisé, des gestionnaires usés.
Cette fois encore, les intentions semblent louables. Mais que se passe-t-il concrètement dans les crèches ? À quel moment prend-on le temps de mesurer l’impact de ces réformes sur celles et ceux qui les appliquent au quotidien ?
Ce que je vous propose ici, ce n’est pas un décryptage juridique. C’est une prise de position. Une analyse à hauteur de terrain. Parce que la qualité d’accueil ne se décrète pas : elle se construit avec — et non malgré — les professionnels de la petite enfance.
Ce que dit la nouvelle réglementation (Décret n° 2025-304 du 1er avril 2025)
Sous couvert d’harmonisation et de sécurisation de l’accueil, ce décret introduit plusieurs changements majeurs avec des conséquences très concrètes pour les gestionnaires, les directions et les équipes.
Cession d’établissement : désormais soumise à autorisation du Conseil Départemental
Jusqu’ici simple formalité, la cession d’un EAJE devient un processus encadré, nécessitant une autorisation préalable de l’autorité départementale. Mais ne nous y trompons pas , il s’agit aussi d’une violation des droits des sociétés ! Quand un boulanger décide de vendre, personne ne s’assure que le repreneur soit boulanger aussi ! Alors, je vous entends déjà hurler : non, je ne compare pas les enfants à du pain — évidemment. C’est une comparaison de situation de cession d’entreprise, tout simplement.
Le référent technique devient directeur… à mi-temps minimum
Nouveau nom, mêmes responsabilités ? Le référent technique devient officiellement « directeur », avec une présence obligatoire de 50 % de son temps dans la structure. Conséquence : une contrainte irréaliste dans les petites structures.
Prenez une crèche de 24 places : 30 familles, 6 salariés, une direction à 17 h 30 hebdo.
Maintenant, imaginez une micro-crèche de 12 places : 15 familles, 3 salariés… et pourtant la même exigence de direction.
Et pour avoir travaillé dans plusieurs structures, je peux vous assurer que les gestionnaires de micro-crèches sont souvent les plus investis en gestion administrative. Mais c’est vrai, c’est un travail de l’ombre, « on s’en fiche de ça » pour citer une puéricultrice de PMI à qui je décrivais mon travail de gestion. Et sur mon bureau, nous pouvons apercevoir un petit chevalet disant « Personne ne remarque ce que je fais, jusqu’à ce que j’arrête de le faire ». À bon entendeur ! Bref, en attendant , il va falloir que je réfléchisse à une nouvelle fiche de poste pour mes futures directrices ! Vous savez, ces professionnels de la petite enfance à qui l’on va demander non plus du travail de terrain, mais du travail administratif, de bureau ! Le comble pour ces EJE ou puéricultrices dont le cœur de métier est l’enfant. Désormais, leur cœur de métier à mi-temps sera un ordinateur et des tableaux Excel !
Fin des dérogations spécifiques aux micro-crèches
Les micro-crèches doivent désormais se conformer aux mêmes règles que les autres EAJE en matière de fonctionnement, de personnel et de direction. Et après tout, c’est ce que nous souhaitions en 2021 : être reconnus comme de « vrais » établissements d’accueil du jeune enfant.
Mais à quel prix ? Si ces régimes dérogatoires disparaissent, cela risque de fragiliser de nombreuses structures, notamment rurales ou indépendantes. Car oui, cette obligation est pour dans 15 mois… 15 mois et l’exigence minimale de qualification est renforcée : 40 % des effectifs devront désormais appartenir à la catégorie 1(éducateurs de jeunes enfants, puéricultrices, infirmiers, etc.). Une mesure qui vise à rehausser le niveau de qualification, mais qui risque de se heurter à la réalité de la pénurie.
Dois-je rappeler combien de professionnels de la petite enfance il manque en France ? Dois-je rappeler combien de temps il faut pour former ces professionnels ? Dois-je rappeler les quotas de formations non revus à la hausse ? Dois-je rappeler que ce métier n’attire plus les jeunes et, pour cause, il ne cesse d’être dévalorisé! Pour preuve, plus d’ouverture possible avec un seul professionnel de catégorie 2 désormais…(CAP AEPE ou équivalent). Pourquoi ? Au nom de la qualité d’accueil ou au nom d’un acte dramatique d’un professionnel, il y a 3 ans.
Alors, sécurisation ou dévalorisation ? Tout dépend si vous êtes derrière un bureau ou sur le terrain. Ce qui est certain est que cela complexifie encore l’accès à l’ouverture pour les petites structures.?
L’impact terrain : entre injonctions et réalités
Il y a ce que dit le décret. Et il y a ce que vivent les structures.
Derrière les intentions affichées se cache une réalité bien plus complexe et parfois brutale. Car aucune réforme ne peut être efficace si elle oublie d’écouter ceux qui la feront vivre.
Entre les nouveaux taux de direction, la disparition des dérogations et la présence obligatoire de 40% de professionnels de catégorie 1, les gestionnaires vont devoir revoir toute leur organisation.
Recruter des EJE ou des AP ? Encore faut-il en trouver. Réorganiser les plannings ? Avec quels moyens ? Maintenir l’ouverture avec des exigences accrues ? Avec quelle équipe ?
Pour beaucoup de structures, c’est un casse-tête administratif, sans solution réaliste à court terme, car oui, il s’agit bien de court terme !
Plus de direction, plus de personnel qualifié, moins de souplesse… tout cela a un prix. Un prix que les structures vont devoir absorber seules, car aucun plan de soutien financier n’accompagne le décret à ce jour, même pas une augmentation du tarif horaire jamais revalorisé depuis 10 ans.
Ce sont les structures les plus souples, créées il y a 15 ans par décret pour favoriser les modes d’accueil dans les zones faiblement denses, les plus proches des familles, souvent les plus engagées sur le terrain, qui paieront le prix fort. Dans les zones rurales ou prioritaires, où l’accès à l’emploi qualifié est déjà difficile, ces nouvelles exigences pourraient rendre l’accueil tout simplement impossible. Un mode d’accueil peut disparaître.
Une crèche peut fermer. Mais une famille ne peut pas, elle, « faire sans ».
Par ailleurs, le flou autour de certaines modalités (présence physique du directeur ? horaires exacts ? marges d’interprétation ?) ouvre la porte à des tensions avec les PMI ou devrais-je dire à de nouvelles tensions. Et dans les faits ? Ce sont encore les professionnels de terrain qui devront « faire avec » : plus de pression, moins de soutien, encore plus de responsabilités, sans reconnaissance supplémentaire.
C’est là le cœur du paradoxe : vouloir améliorer la qualité d’accueil… en affaiblissant les structures et les équipes qui la portent.
Une équipe stressée, débordée, dévalorisée n’est pas en capacité d’offrir un accueil serein et sécurisant aux enfants. Et encore une fois, cette réforme rate sa cible.
L’impact de cette réforme ne se limite pas aux équipes, aux gestionnaires, aux structures. Il touche aussi les enfants, qui sont les premiers concernés par la qualité d’accueil en crèche.
Plus de colère de professionnels, plus de pression sur les gestionnaires , à terme, cela affecte le cœur de notre métier : l’accueil des enfants.
Car ce professionnel malmené par telle ou telle administration aura moins de disponibilité émotionnelle et psychique pour accueillir un enfant. La relation devient alors plus mécanique, peut être moins humaine (quid du référentiel qualité d’ailleurs qui peut mécaniser l’accueil !).
Les professionnels, épuisés par des exigences réglementaires toujours plus lourdes, pourraient se retrouver dans un mode de travail purement exécutif. La dimension relationnelle, éducative, bienveillante pourrait se diluer. Le risque ? Ne plus voir l’enfant dans sa globalité, avec ses besoins émotionnels, sociaux, et éducatifs. Et ce n’est pas le type d’accueil que l’on souhaite offrir…ce n’est pas pour cela que j’ai décidé de créer des microcrèches…puéricultrice que je suis.
Alors, une réforme, oui… mais pour qui ?
Le décret semble avoir été pensé pour répondre à un besoin de sécurisation, d’harmonisation, et d’évolution des pratiques dans le secteur de la petite enfance. Mais une question fondamentale reste en suspens : pour qui cette réforme a-t-elle vraiment été conçue ? Pour les enfants ? Les familles ? Les pros ? Les gestionnaires ? Ou pour rassurer l’opinion publique, à grand renfort de communication politique ?
Aucune réforme d’envergure ne peut être pleinement efficace si elle ne prend pas en compte les réalités du terrain. Mais ici, force est de constater que cette réforme a été élaborée sans une véritable concertation avec les acteurs de terrain. Les professionnels de la petite enfance, les gestionnaires d’EAJE, les directeurs et référents techniques, ont-ils réellement été entendus ? Ont-ils eu leur mot à dire sur les contraintes concrètes auxquelles ils sont confrontés au quotidien ? NON.
Les mesures prises semblent déconnectées de la réalité de nombreuses structures, qui, déjà fragilisées, risquent de se voir exposées à davantage de difficultés sans pouvoir les surmonter. Et plus encore, sans les ressources nécessaires pour y faire face. Les idées sont nobles, mais leur mise en œuvre paraît bien loin de la réalité de l’accueil des tout-petits. Les structures rurales, les micro-crèches, les petites équipes sont en sursis. Ce décret, loin de les soutenir, risque de les contraindre davantage.
Il existe un écart flagrant entre l’intention politique affichée (sécuriser et garantir la qualité d’accueil pour les enfants) et la faisabilité pratique de ces mesures sur le terrain. La réforme semble avoir été pensée sous l’angle du contrôle et de la standardisation. Les mesures sont perçues comme des injonctions supplémentaires, des exigences de plus, et non comme un soutien véritable aux professionnels de la petite enfance. A moins que le but final soit finalement de fermer définitivement ces micro-crèches…
Conclusion
Alors oui, la qualité d’accueil doit être une priorité nationale. Oui, les enfants méritent le meilleur. Oui, les professionnels doivent être soutenus, formés, valorisés.
Mais non, cela ne peut pas se faire contre les structures, sans les équipes et à coups de décrets inapplicables, voire des arrêtés attendus depuis des mois !
La vraie qualité, celle que vivent les enfants au quotidien, se construit dans la stabilité, la reconnaissance, l’écoute des professionnels et des réalités de terrain. Et cette réforme, aussi ambitieuse soit-elle sur le papier, ne tiendra pas sans eux.
Ce n’est pas en mettant les crèches sous pression qu’on garantira mieux-être et sécurité aux tout-petits. Ce n’est pas en complexifiant l’ouverture de structures qu’on résoudra la pénurie de places. Ce n’est pas en standardisant le travail qu’on développera l’intelligence relationnelle, la bienveillance et la qualité humaine de l’accueil.
À force de réformer sans les pros, on finit par réformer contre eux. À défaut, même les meilleures intentions se transformeront en énièmes contraintes à gérer.
« Parce que la qualité ne se décrète pas depuis un bureau. Elle se vit, elle se soutient, elle se finance, elle se co-construit avec celles et ceux qui la portent chaque jour. »
Christel Laché
PUBLIÉ LE 23 avril 2025
5 réponses à “EAJE : quand la réglementation change, les professionnels trinquent (encore) ?”
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Prise de position – Assistante maternelle
Je m’appelle Laurence Gillet, assistante maternelle agréée à Ville-en-Tardenois (51170), et je souhaite ici exprimer mon soutien au Décret n° 2025-304 du 1er avril 2025, relatif à l’encadrement et à l’organisation des établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE), y compris les micro-crèches.
En tant que professionnelle de la petite enfance, je suis pleinement convaincue que la qualité d’accueil des jeunes enfants mérite une exigence accrue en matière de sécurité, d’encadrement et de qualification. Ce décret, bien qu’imparfait, marque une avancée en ce sens.
Je comprends les inquiétudes des gestionnaires de structures face aux nouvelles obligations : présence renforcée du directeur, fin des dérogations, hausse du taux de personnel qualifié… Mais je vois aussi dans cette réforme une reconnaissance du rôle central joué par les professionnels de la petite enfance. Il est essentiel que les enfants accueillis en crèche ou en micro-crèche bénéficient du même niveau d’attention, d’accompagnement et de compétence, quel que soit le type de structure.
Cette harmonisation des exigences permet également de rééquilibrer les modes d’accueil, en valorisant des professionnels parfois oubliés, dont les assistantes maternelles. Nous sommes souvent le premier lien entre la famille et le monde de la petite enfance. Face à des crèches qui pourraient être contraintes de se réorganiser ou de réduire leurs capacités, notre rôle prend tout son sens, en proximité, en flexibilité, et avec un cadre professionnel fort.
Oui, cette réforme suppose des efforts. Oui, elle demande un accompagnement et des moyens. Mais non, elle ne doit pas être rejetée en bloc, car elle reflète une volonté de mieux faire pour les enfants et leurs familles.
Plutôt que de nous diviser entre modes d’accueil, mettons nos compétences en synergie. Et exigeons ensemble les moyens de mettre en œuvre cette réforme dans de bonnes conditions : revalorisation des métiers, soutien financier aux structures, développement de la formation.
Parce que la qualité d’accueil ne se décrète pas, elle se construit, avec nous tous.
Laurence Gillet
Certes , plus la qualification est importante et théoriquement tous va mieux…..
Alors pourquoi les MAM qui reçoivent jusqu’à 12 enfants pour 3 ASMAT n’ont pas les mêmes exigence….
L’objectif est ailleurs , détruire le secteur privé car il est fait de la marge … Mais les municipalités n’ont plus les moyens financiers .
Bref on est dans un système social qui ne fonctionne pas car on oppose privé et public.
De plus on oubli pourquoi les micro-crèche ont été créer, avoir des petites structures d’accueil simplifié.
Conclusion on standardise vers le haut en détruisant le bas.
c’est pourquoi nous fermons notre structure associative cet été.
À mon sens – et cela n’engage que moi – ce décret a surtout été publié pour démontrer à l’opinion publique que le gouvernement agit, qu’il prend des mesures concrètes et instaure des procédures, dans le but d’éviter qu’un drame tel que celui survenu il y a trois ans dans une crèche à Lyon ne se reproduise.
L’article de Mme Gillet est clair et percutant ; elle soulève, à juste titre, des problématiques essentielles auxquelles il est difficile de ne pas adhérer. »
Cependant je ne comprends pas qu’une AMAT puisse donner un avis aussi « autorisé » au sujet de crèches (En tant que professionnelle de la petite enfance, je suis pleinement convaincue que la qualité d’accueil des jeunes enfants mérite une exigence accrue en matière de sécurité…) quant à la nécessité d’harmoniser les différentes structures d’accueil.
Et il est clair que les décrets se suivent avec des exigences très différentes :
Décret n° 2021-1957 du 31 décembre 2021
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044807030
Point 8 : Lorsque l’assistant maternel exerce à son domicile, le nombre de mineurs de tous âges placés sous la responsabilité exclusive de l’assistant maternel présents simultanément à son domicile ne peut excéder huit, dont au maximum quatre enfants de moins de trois ans.
D’un coté il faut être 2 pour 3 enfants, de l’autre coté une pour 4, 6 ou enfants, logique, non ?
Sans commentaire supplémentaire
Je pense qu’il y a eu tellement d’abus dans se domaine mais aussi de pro surdéborder et qui explose, le manque de subvention et de budget bcp de structure on fait « avec les moyens du bord » , notre secteur est sous tension.
Concernant les diplôme pour accueillir les enfants je trouve que c’est dévalorisant, je sait accueillir un enfant , peut-être que nous les cap manquons de formation ? Mais damnas ce cas la faites ce qu’il faut pour remédier à sa !
Bonjour?
L’Accueil de l’Enfant et sa sécurité est primordial!
Former? Oui personne n’est contre mais les CAP petite enfance connaissent très bien leur travail et le font très bien aussi!
La formation c’est une chose mais l’épuisement des CAP petite enfance n’a rien à voir avec les formations!!!
Elles font : l’accueil, du matin ou du soir, transmissions, mise en place de la salle de vie, salle de sièste, cantine, surveiller et veiller à la sécurité de l’enfant tout au long de la journée, organiser et animer des activités ludiques et d’éveil adaptées à l’âge de l’enfant (âge mélangés en crèche), procurer à l’enfant des éléments de confort, de réconfort, être à son écoute et répondre à ses besoins, accompagner l’enfant dans l’apprentissage des gestes de la vie quotidiennes et des règles de la vie en collectivités, avoir une bonne connaissance du développement de l’enfant, décorer la crèche, participer à l’élaboration du projet pédagogique, procéder à la toilette et aux soins (lavage des mains-brossage des dents-changes…), préparer et donner un repas, un biberon, une boisson (donc faire la cuisine, élaborer des menus équilibrés, préparer un biberon, laver sècher et ranger la vaisselle, remettre la cuisine en etat et la nettoyer en respectant les règles d’hygiène..), s’occuper des stocks (couches, produits ménagers, courses…), nettoyer et désinfecter la salle de changes, nettoyer les salles de sièste, les sanitaires, promener ou sortir les enfants avec des poussettes 4 à 6 places à se tuer les bras, laver le linge, plier et ranger le linge, laver tous les sols tous les soirs, désinfection du matériel et des jeux, et j’en passe j’en passe! Etre sur le terrain et que sur le terrain!Tout ça pour un smic, pas de réelles pauses et souvent deux personnes pour encadrer 12 à 13 enfants parfois, dont deux non marchants et deux de 15 mois, sachant que si une se détache 1 heure pour faire la cuisine, l’autre est seule avec tous les enfants!
Mais bien sûr on est dans les normes n’est ce pas? Pour un SMIC! Et maintenant on veut nous former pour nous donner encore plus de responsabilités mais toujours niveau 4, et toujours pour un SMIC!? Bravo! Nous sommes les bonnes à tout faire, nous sommes dévalorisées, non reconnues et mal payées! Les CAP tournent, elles ne restent rarement plus de 3 ans dans une même structure en micro crèche! Regardez sur France Travail!
La formation ne comble pas le manque de personnel! Elles sont épuisées!