Evalinous, un outil pour aider à l’auto-évaluation en crèche
L’évaluation de la qualité d’accueil est désormais imposée aux établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE). Mais comment la mettre en œuvre sans alourdir le quotidien des équipes ? La plateforme Evalinous propose un outil simple et très concret pour s’auto-évaluer et dégager les actions à mettre en place.
Depuis la loi pour le plein emploi du 18 décembre 2023, et le décret du 1er avril 2025, chaque EAJE (micro-crèche comme crèche) doit formaliser un projet d’évaluation de la qualité de l’accueil, dans le projet d’établissement. Cette nouvelle exigence réglementaire souligne l’importance de la qualité de l’accueil pour le bien-être des enfants, la confiance des familles et le travail collectif des équipes. À noter que ce quatrième volet consacré à l’évaluation de la qualité vient en compléter trois autres qui constituent le projet d’établissement : le projet d’accueil, le projet éducatif et le projet social et de développement durable.
Cette évaluation de la qualité doit s’appuyer sur le référentiel national de la qualité d’accueil, et le référentiel national bâtimentaire (opposable à partir du 1ᵉʳ septembre 2026). Mais en pratique, comment mettre en place l’évaluation de la qualité sans complexifier les tâches des directrices qui doivent déjà réécrire l’ensemble du projet d’établissement tous les cinq ans. C’est précisément le pari d’Evalinous : une plateforme conçue pour accompagner les directrices dans le suivi réel de la qualité d’accueil.
Qualité et réglementaire : deux piliers pour s’auto-évaluer
En pratique, l’outil distingue deux univers : la qualité, à proprement parler, avec les trois axes du référentiel national (jeune enfant / parents / organisation) ; le réglementaire en lien avec le référentiel bâtimentaire et le code de la Santé Publique « On a volontairement séparé la qualité du réglementaire, parce que ce ne sont pas les mêmes usages sur le terrain. La qualité parle surtout aux équipes, tandis que le bâtimentaire et le réglementaire mobilisent davantage les gestionnaires, parce que c’est opposable, contrôlable et très chronophage », explique Lucas Hivoire, co-fondateur d’Evalinous.
Des questions claires, sans interprétation
Chaque partie comporte différents questionnaires issus des textes officiels. Dans chaque thématique, on retrouve un sommaire navigable : la directrice peut aller directement au point qui l’intéresse sans suivre un parcours imposé. Les questions sont rédigées à partir des formulations exactes des référentiels nationaux. Tous les items ont été soumis à validation par les institutions concernées (DGCS). « L’idée, souligne Lucas Hivoire, c’est qu’il n’y ait aucune interprétation dans l’outil et qu’on colle le plus fidèlement possible aux textes. » Pour chaque item, un pourcentage montre l’avancée de son auto-évaluation : il correspond au nombre de questions traitées, et non à une note : « plus on répond aux questions, plus l’auto-évaluation progresse. »
L’outil n’est pas là pour juger si les pratiques sont bonnes ou mauvaises. Il se contente d’indiquer si la situation décrite est conforme, afin de déterminer s’il y a lieu ou non de mettre en place une action. Si la réponse est conforme, elle est simplement archivée dans l’historique, si elle ne l’est pas, l’outil génère automatiquement une action à traiter. La directrice peut ajouter un commentaire pour expliquer la situation, notamment en cas de non-conformité. La directrice peut alors définir un niveau de priorité (faible / moyen / élevé) ; fixer une date de réévaluation avec rappels ; ajouter des étapes (tâches) pour transformer l’intention en suivi opérationnel. « L’auto-évaluation n’est pas une fin en soi, prévient Lucas Hivoire. Elle sert surtout à déclencher des actions et à piloter ce qu’on met réellement en place. » Les plans d’action sur la partie réglementaire font l’objet d’une mise en avant plus poussée sur la plateforme avec des alertes régulières.
Chaque formulaire finalisé peut être exporté et imprimé afin de constituer le projet d’évaluation de la qualité de l’accueil. « Il n’a pas besoin d’être finalisé pour être présenté à la PMI, prévient Lucas Hivoire. Le co-fondateur d’Evalinous préconise de remplir un formulaire par semaine – il y en a environ une soixantaine – pour étaler l’auto-évaluation sur une année. Certains établissements préfèrent aller plus vite ou plus lentement.
Harmoniser les pratiques entre les établissements
La plateforme est pensée pour être partagée entre directrices et gestionnaires, même si, dans la pratique, Lucas Hivoire observe que les gestionnaires se connectent moins au quotidien. Pour eux, l’intérêt réside dans les dashboards : ils peuvent comparer les établissements, repérer les écarts, identifier ce qui peut être mutualisé (un établissement est conforme sur un point, un autre non), et encourager les échanges entre directrices sur les solutions concrètes. Et un point important : même si le plus souvent, c’est la directrice qui réalise l’auto-évaluation, elle peut assigner certaines questions à une collaboratrice compétente.
La « librairie » pour ne rien oublier
La plateforme permet également de centraliser tous les documents nécessaires au fonctionnement et aux contrôles. « Tout est centralisé sur l’outil, à l’image d’un drive, mais avec des alertes sur les documents manquants et ceux qui arrivent à échéance. », résume Lucas Hivoire. L’objectif final : être prêt lors du contrôle PMI.
Bientôt un guide d’évaluation
Un guide relatif à l’évaluation des EAJE devrait être publié prochainement. Il permettra d’accompagner les EAJE dans la mise en place de leur projet d’évaluation de la qualité d’accueil, désormais obligatoire. Lucas Hivoire n’est pas inquiet : les items ont été réfléchis et soumis auprès de l’administration. Et il se dit prêt à faire évoluer sa plateforme si nécessaire.
Photo : l’équipe d’Evalinous, Lucas, Audrey, et Nicolas
Plus d’infos sur Evalinous : www.evalinous.com
Candice Satara
PUBLIÉ LE 19 janvier 2026