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Filière Petite enfance : 6 questions autour du futur titre professionnel de niveau IV

Sous le contrôle du cabinet de la ministre Catherine Vautrin, la DGCS y travaille depuis plusieurs mois, la direction de projet SPPE aussi. Pour renforcer la branche éducative de la filière petite enfance, l’idée étant de créer une certification de niveau 4 (niveau bac) s’intercalant entre le CAP-AEPE et le diplôme d’État d’éducateur de jeunes enfants (DEEJE). Le secteur – professionnels comme gestionnaires – souhaitait la création d’un diplôme intermédiaire, sans pour autant en avoir les mêmes attentes. Le Comité de filière petite enfance s’était d’ailleurs à plusieurs reprises prononcé en ce sens. Devant l’inquiétude des pros, ceux qui le préparent se veulent rassurants : cette nouvelle certification s’inscrit vraiment dans un contexte marqué par deux dominantes majeures : l’attractivité des métiers et l’exigence de qualité.

« Chers membres du comité de filière,
Je souhaitais vous annoncer qu’une décision favorable avait été prise pour la création d’un titre professionnel de niveau IV (équivalent donc au diplôme d’auxiliaire de puériculture) de la filière éducative, qui permettra d’exercer en crèche au titre de la catégorie 1 (40 %).

En tant que présidente de ce comité, je me réjouis que cette proposition, que le comité de filière avait soutenue de ses vœux par les résolutions de juin 2022, mai 2023 et février 2025, trouve une issue favorable : elle permettra de faciliter nettement les parcours de VAE pour les professionnels titulaires d’un CAP AEPE, et de compléter l’architecture des formations de la filière éducative en petite enfance.

L’AFPA a été missionnée par le ministère du travail en ce sens. Les administrations centrales initient les travaux avec eux pour aboutir rapidement, l’objectif étant de pouvoir disposer de ce titre professionnel à l’automne 2025 afin d’engager le recrutement des jurys de VAE pour ce titre, et de permettre à l’ensemble des organismes de formation de s’en saisir pour mettre en œuvre les modules nécessaires.
Le comité de filière sera tenu informé de l’avancée des travaux.
Bien à vous, ».

L’annonce au Comité de filière

C’est la présidente du Comité de filière petite enfance, Élisabeth Laithier, qui a elle-même annoncé la nouvelle aux membres du Comité de filière par ce mail diffusé le 4 avril après que la ministre a arbitré. Le secteur allait enfin enrichir sa filière éducative par un nouveau diplôme, une sorte d’équivalence à celui d’auxiliaire de puériculture (AP) dans la filière sanitaire. Enfin pas tout à fait… car cette nouvelle certification sera un titre professionnel et non un diplôme d’Etat. Ce qui n’est pas si courant dans la petite enfance (le CAP-AEPE en constituant la seule exception). Le mail contenait aussi deux précisions de taille : le titre sera opérationnel en septembre 2025 et ses titulaires seront des pros de catégorie 1. L’annonce a donc fait sensation !
S’il est vrai que le Comité de filière s’était à plusieurs reprises prononcé pour un diplôme de niveau 4 dans la branche éducative de la filière, il en était resté, bien sûr, au niveau du principe. Et ne s’était donc pas avancé sur le type de certification à mettre en vigueur. Ni sur la méthode à suivre pour la concevoir.

Un titre professionnel pour qui ?

Le terme certification est un terme générique qui englobe les diplômes, qu’ils soient d’État ou de l’Éducation nationale, les certificats, les titres professionnels délivrés par le ministère du travail. Toutes les certifications sont inscrites au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) tenu par France Compétences et ce, depuis la loi de 2018 sur la liberté de choisir son avenir professionnel.

Un titre professionnel cible en priorité, mais pas exclusivement les personnes déjà en poste (tels les titulaires de CAP-AEPE en ce qui concerne la petite enfance), les demandeurs d’emploi et les personnes en reconversion. La formation envisagée sera donc accessible à tous sans condition de diplôme, via la VAE, la formation continue ou la formation initiale. Et le titre sera délivré aux personnes ayant validé soit leur VAE, soit tous leurs blocs de compétences dans le cadre de la formation continue, soit ayant réussi leur examen final dans le cas d’une formation initiale délivrée en centre de formation agréé.

Et rappelle Jean-Baptiste Frossard, directeur de projet SPPE, très impliqué dans les travaux autour de cette nouvelle certification, « évidemment l’objectif même de ce titre c’est qu’il forme des professionnels de catégorie 1. » 

Titre professionnel vs diplôme d’État

On le sait désormais, la voie choisie par le gouvernement n’est pas celle d’un diplôme d’État, mais celle d’un titre professionnel. Pourquoi ? Plusieurs réponses peuvent être envisagées.
Première hypothèse : la réforme des métiers du travail social en cours concerne 13 diplômes et tend à faciliter les passerelles entre les différents diplômes. L’heure est à la simplification et non à la création de nouveaux diplômes.
Deuxième hypothèse : il faut aller vite. Pour répondre à la pénurie, il y a urgence, et élaborer un titre professionnel est plus rapide.
Troisième hypothèse liée à la deuxième : il faut trouver une solution qui permette aux CAP-AEPE de monter en compétence via la VAE en ayant septembre 2026 en ligne de mire, date d’entrée en vigueur du décret micro-crèches qui met fin à leur régime dérogatoire quant à la qualification des professionnels qu’elles emploient. Or, comme le souligne Jean-Baptiste Frossard  : « L’avantage d’un titre professionnel, c’est que tous les organismes de formation agréés peuvent s’en saisir et qu’il est mieux adapté à la formation continue qu’un diplôme d’État.»
Évidemment, ces raisons plus axées sur la lutte contre la pénurie que sur la création d’une filière éducative en miroir avec celle de la filière sanitaire ne semblent pas légitimes à nombre d’organisations professionnelles. Excepté la FFEC qui, par la voix d’Elsa Hervy, sa déléguée générale,  explique : « Créer un nouveau diplôme d’État impliquerait de travailler avec les régions pour l’ouverture de places de formation… Or, on se heurte à l’inertie des régions dans la lutte contre la pénurie de professionnels que l’on mène depuis plusieurs années déjà. La voie de l’éducation nationale ? Créer un diplôme EN prend aussi beaucoup de temps en négociations et concertations. Alors la solution du diplôme Vautrin, titre professionnel porté par le ministère du travail nous parait être un gage de sérieux et d’efficacité. C’est probablement la seule solution pour tenir le délai de septembre 2026, date à laquelle, toutes les micro- crèches devront avoir 40 % de professionnels de catégorie 1 dans leurs effectifs et c’est une des solutions pour lutter globalement contre la pénurie de catégorie 1 dans toutes les crèches. Pour la FFEC, le diplôme Vautrin est un premier pas de mise en œuvre de la résolution du comité de filière et rien n’interdit de faire mieux par la suite en en créant deux autres à l’éducation nationale et dans les écoles du travail social. »
Ce qui fait dire à Cyrille Godfroy co-secrétaire général du SNPPE : « on voit bien que le choix du titre professionnel a été fait pour complaire au secteur marchand. Nous avons été reçus par le cabinet. Tout en disant ne pas céder au lobby des crèches privées, en ayant par exemple publié le décret micro-crèches, le gouvernement leur apporte sur un plateau la possibilité de transformer leur CAP-AEPE, (pros de catégorie 2) en pros de catégorie 1 par la voie de la VAE en un temps record. Notre conclusion : ce titre est fait pour les micro-crèches ! »

La FNEJE ne varie pas de position. Déjà en 2017 quand la DGCS l’avait interrogée sur un éventuel diplôme de niveau 4 dans la filière éducative, elle avait clairement énoncé qu’elle souhaitait un diplôme d’État (délivré par la ministère des solidarités). Alors que, lundi dernier, elle réunissait son CA pour discuter de ce projet de nouvelle certification, la FNEJE n’a pas bougé d’un iota. « Nous sommes, et nous l’avons toujours dit, favorables à la création d’une filière petite enfance et donc à un diplôme de niveau 4 dans la branche dite éducative de cette même filière. Cela nous semble essentiel pour rééquilibrer la filière encore trop marquée par le sanitaire. Une spécificité très française. Nulle part ailleurs cela n’existe. Comme nulle part ailleurs, il y a autant de métiers différents pour une même filière ! » explique Julie Marty-Pichon sa co-présidente. Et de poursuivre : « nous sommes favorables à la création de ce niveau 4, mais le préalable à toute discussion, c’est que ce soit un diplôme d’État. »

L’idée d’un titre professionnel n’emballe pas vraiment le SNPPE qui d’ailleurs, après avoir été reçu par le cabinet de Catherine Vautrin et la DGCS se dit plutôt inquiet et l’a fait savoir dès le lendemain dans un communiqué intitulé : « nouveau titre professionnel petite enfance ? Une fausse bonne idée aux lourdes conséquences ».
« On assiste à un saucissonnage des métiers de la petite enfance sans précédent, regrette encore Cyrille Godfroy. On ne construit pas une filière avec trois types de diplômes qui dépendent de trois ministères ! Ce manque de coordination est préoccupant. Où est l’intérêt de l’enfant ? Puisque la filière s’est construite avec des diplômes d’État, soyons cohérents et complétons-la avec un diplôme d’État. ».

L’Éducation nationale planche de son côté sur un diplôme de niveau 4

Parallèlement aux travaux menés autour de cette nouvelle certification, l’Éducation nationale planche  – en lien avec la DGCS – sur un diplôme petite enfance de niveau 4 et qui viendrait compléter son offre « petite enfance » pour le moment limitée au CAP. Pour le moment plusieurs hypothèses sont sur la table et rien n’est tranché.
Un diplôme qui pourrait être un bac professionnel ou technologique avec une coloration petite enfance appuyée (ce qui, selon le décret d’août 2021,  n’est pas le cas des autres bacs pros, faisant partie des qualifications autorisées pour travailler en crèche comme pros de catégorie 2. : les bacs pros accompagnement, soins et services à la personne ou services aux personnes et aux territoires.).
Mais, l’Education nationale pencherait plus pour une certification de spécialisation d’un an après l’un des deux bacs pros services à la personne. Ce serait un niveau Bac+1 (un niveau 4) qui pourrait former des pros de catégorie 1.
Évidemment, le programme se convevrait en fonction de celui du CAP-AEPE et devrait être plus « musclé ». Difficile de dire quand il pourra être opérationnel puisqu’on en est encore aux prémices.

Vraie formation ou formation expresse au rabais destinée à répondre à la pénurie de professionnels, le plus vite possible…

L’administration défend la qualité d’un titre professionnel délivré par le ministère du travail.  Elle réfute toute idée de vouloir bâcler les référentiels de formation et d’évaluation pour répondre au plus vite à la pénurie de pros, et aux besoins des micro-crèches et du secteur marchand afin d’éviter les fermetures de places et de crèches, brandies comme une menace à moins d’un an des élections municipales. Et souligne ne pas travailler dans une logique de « délaqualification « . Bien au contraire.

L’un des objectifs – le premier ? – est de combler un manque dans la filière éducative. Et d’expliquer aussi qu’un titre professionnel n’est pas un pseudo diplôme obtenu après une formation au rabais ! Les titres délivrés par le ministère du travail sont des certifications qui sont encadrées par tout un processus garantissant la qualité des formations dispensées. Ils sont inscrits au RNCP s’ils ont franchi toutes étapes, dont la dernière est de recueillir l’avis de favorable de la Commission professionnelle consultative (CPC). Par ailleurs, il y a des procédures très précises pour que les centres de formation les dispensant en formation initiale soient au préalable agréés par le ministère du travail.
Oui, mais… Cyrille Godfroy doute encore : « Nous avons été reçus le même jour par le cabinet et par la DGCS. On sent quand même comme un flottement entre les deux. Le cabinet veut aller vite et la DGCS veut respecter les procédures. » Ce qui, selon lui, aboutit à quelques points de divergences ou en tout cas de points d’interrogation. Comme celui du calendrier, par exemple. « Comment peut-on croire à une formation sérieuse qui serait bâtie en moins de six mois ? La date annoncée par le mail de la présidente du comité de filière et confirmée par le cabinet, c’est septembre 2025 ! ».
Julie Marty-Pichon renchérit : « les délais annoncés ne sont pas sérieux ! Et si nous soutenons un diplôme de niveau 4,  nous le voulons de qualité. Comment raisonnablement imaginer qu’un nouveau diplôme peut se faire sérieusement dans les règles de l’art en moins d’un an ?  » souligne-t-elle. Et c’est là que le bât blesse aussi, car la méthode interroge.

Jean-Baptiste Frossard tient à préciser à propos de ce calendrier quelque peu contraint : « En principe, le titre et ses référentiels seront présentés en CPC début septembre. C’est le calendrier fixé politiquement et annoncé par la ministre. Dans le contexte actuel et la réponse que nous devons apporter aux micro-crèches suite à la publication du décret, même si l’objectif du titre professionnel ne se résume pas à cela, nous devons travailler dans des délais restreints.
Je comprends les interrogations des professionnels et il est vrai que, dans l’absolu ce serait compliqué. Mais l’Afpa arrive dans un contexte où il y a déjà eu beaucoup de travail réalisé en amont par la DGCS et par la direction de projet SPPE. Nous ne partons pas d’une page blanche. Collectivement, nous avons déjà beaucoup d’éléments pour pouvoir aboutir rapidement. La DGCS a déjà travaillé avec la DGESCO sur des projets de référentiels de niveau 4 dans la filière éducative et la direction de projet sur le référentiel commun de compétences (ndlr : dans la foulée du référentiel qualité et en application de la loi plein emploi) qui va être soumis à concertation début mai. Par ailleurs, nous ne sommes pas très éloignés des délais habituels de l’Afpa qui a l’habitude de travailler en moins d’un an. Bref, je ne suis pas inquiet sur le délai. »

Quelle méthode pour quel contenu de formation ?

La DGCS travaille main dans la main avec l’Agence nationale de la formation professionnelle pour adultes (Afpa) pour la conception de cette certification.
La direction de projet SPPE aussi, elle, dont le pilotage des travaux a été présenté par le cabinet au SNPPE comme « un gage de qualité ». « Mais quelle est sa légitimité pour concevoir un référentiel de formation ? s’insurge Cyrille Godfroy. Il faut que cela se construise en concertation avec les professionnels et leurs représentants, la FNEJE, l’ANPDE et l’ANAP. »
La méthode retenue par la DGCS ne semble pas être celle souhaitée par les organisations professionnelles, mais ressemblerait plutôt à celle adoptée pour la réforme des métiers du travail social qui n’a pas convaincu…
La première étape qui débute ce mois-ci va consister en une analyse de l’activité et du travail. La DGCS va mener des entretiens avec des professionnels de terrain, leurs encadrants et leurs employeurs afin de pouvoir croiser les regards. Ensuite, il faudra traduire leurs témoignages en termes de compétences. Et ce sera la deuxième étape avec des groupes de travail constitués d’experts, parmi lesquels les associations et organisations professionnelles, et de décisionnaires, et bien sûr en lien aussi avec la CPC.
Puis, et ce sera la troisième étape, il y aura la rédaction des référentiels d’activité et de compétence et du référentiel d’évaluation.
Le Comité de filière petite enfance devrait bien sûr aussi être informé et consulté lors des différentes étapes.
Cette méthode ne convient pas du tout à la FNEJE qui souhaite être plus que concertée, mais associée à la définition du contenu de formation.
Julie Marty-Pichon explique: « nous ne voulons pas une simple concertation, la FNEJE veut être associée et véritablement partie prenante de la conception de cette formation. » Et de faire référence à la façon dont en général les réingénieries des diplômés d’État sont menées : avec toutes parties prenantes, et une longue phase de discussions et négociations. Pour rappel la réingénierie du DEEJE de 2018 avait commencé en 2016. Il a fallu 2 ans pour aboutir à ce nouveau DEEJE.

Ce que voudraient  (ou craignent) les professionnels

La méthode, l’intitulé de la certification… Finalement, rien ne semble convenir aux professionnels de la petite enfance et leurs représentants. Ils s’inquiètent pour la qualité d’accueil, pour la cohérence de la filière, mais aussi selon leurs métiers pour leur avenir..

Les points de vigilance pour les EJE

Outre ce préalable – un diplôme d’État sinon rien –  la Fneje insiste sur deux points : elle veut que l’EJE, seul travailleur social, reste le professionnel-phare de la filière éducative. Pas seulement pour être en poste de direction, mais bien surtout et d’abord pour être en responsabilité auprès des enfants. Elle tient aussi au rôle d’animateur du projet éducatif, social et de prévention des EJE et souhaiterait qu’à l’instar du Référent santé accueil inclusif (RSAI), il puisse y avoir des Référents socio éducatifs (RSE). La Fneje reprend tous ses arguments en faveur d’un niveau 4 de qualité et expose notamment tous les garde-fous à mettre en place dans un communiqué publié le 2 mai intitulé : « Création d’une certification de niveau IV dans la filière éducative : Oui… Si et seulement si… »

Des questionnements autour des auxiliaires de puériculture

Les auxiliaires de puériculture ne voudraient pas être les dindons de la farce, que ce nouveau titre ne fragilise leur place dans les crèches et que finalement elles s’en trouvent évincées. Bien que faisant partie de la filière sanitaire, elles ont le sentiment que le rôle est essentiel. Pour autant, leur formation mériterait d’être musclée sur l’aspect accompagnement éducatif des jeunes enfants. C’est d’ailleurs la position du SNPPE. Pour Cyrille Godfroy, « il aurait été plus simple de partir du diplôme d’AP en renforçant la formation sur tous ces aspects éducatifs et plutôt que de repartir de zéro pour créer un nouveau titre. ». Julie Marty-Pichon va plus loin « pourquoi comme cela avait pu être envisagé à un moment, dans la formation d’AP, ne pas offrir deux options : l’une préparant au travail en petite enfance et l’autre en pédiatrie. ». Pas d’actualité ! Le choix du ministère de la santé a été de ne pas dissocier ce diplôme dont la richesse est la diversité des milieux professionnels où il peut s’exercer : hôpital ou crèches. Et il n’est pas à l’ordre du jour de rompre cet équilibre.

Quid des CAP-AEPE ?

La situation des accompagnants éducatifs petite enfance est au cœur de tous les enjeux. Mais pas pour les mêmes raisons. Ils sont actuellement la majorité des professionnels exerçant en « catégorie 2 », ce qui représente 60 % des effectifs. L’idée – louable et légitime –  est de leur permettre d’évoluer au fil de leur carrière. Tout le monde semble d’accord sur ce point. Néanmoins, beaucoup s’accordent aussi à dire que leur formation est insuffisante et qu’ils ne sont pas préparés correctement au travail auprès des jeunes enfants. Les gestionnaires pour les raisons que l’on connait veulent pouvoir les faire passer en catégorie 1 le plus vite possible. Un syndicat tel que le SNPPE veut qu’ils puissent évoluer, mais veut surtout que leur niveau de formation soit réévalué afin qu’ils ne soient plus considérés comme des « sous- professionnels ». Dans la filière sanitaire exerçant en petite enfance par exemple, il n’y a pas de diplôme de niveau 3 comme le CAP-AEPE.

Donc du côté des gestionnaires, on milite pour que ce titre soit accessible via la VAE pour les titulaires du CAP-AEPE, tandis que du côté des pros, on souhaite que ce diplôme soit amélioré avec une formation renforcée… Jusqu’à atteindre un niveau 4 ? « Pourquoi ne pas avoir qu’une seule catégorie de professionnels » assume Cyrille Godfroy.

Et maintenant ? C’est la ministre qui détient la solution

On le voit des points d’ombre et des incompréhensions demeurent et nourrissaient les irritants des pros et du secteur. Et le sujet est éminemment politique. Les éclaircissements qui seront donnés et les choix qui seront portés par la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles impacteront, qu’on le veuille ou non, le moral du secteur : celui des pros, celui des gestionnaires, mais aussi, et là est l’essentiel, l’accueil des jeunes enfants. Et on sait que Catherine Vautrin est très attachée à la sécurité des enfants et à la qualité de l’accueil proposé. Elle l’ a à maintes occasions rappelé.

Et si on remettait tout à plat

Et finalement, si, comme le suggère dans son communiqué le SNPPE , il fallait cesser de mettre des sparadraps sur ce qui est, de colmater les brèches et mettre tout à plat : repenser fondamentalement la filière, rompre avec cette dichotomie (historique !) sanitaire vs socio-éducatif ? Catégorie1 vs catégorie2 ?
S’il fallait s’inspirer de ce qui se fait en Europe et simplifier la filière : décider d’un ou deux métiers, voire trois, mêlant tous les aspects de l’accompagnement des enfants de moins de six ans ? Avec des diplômes ne débutant qu’à un niveau 4 parce que les enfants sont précieux…

Une petite révolution qui n’est certes pas d’actualité, car le temps presse. Il y a l’urgence dictée par la pénurie et le contexte économique, et celle imposée par la politique et les échéances électorales. Le problème ? Ce n’est jamais le moment !

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Catherine Lelièvre

PUBLIÉ LE 01 mai 2025

MIS À JOUR LE 02 mai 2025

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4 réponses à “Filière Petite enfance : 6 questions autour du futur titre professionnel de niveau IV”

  1. Catherinr Mouchard dit :

    IL Y a déjà les AP (auxiliaire de puériculture avec un diplôme d’état) entre les CAP et les EJE !!!!

    • Faouria COLO BOINA dit :

      Bonjour,
      Je suis de votre avis. Le diplôme d’état d’Auxiliaire de puériculture est l’intermédiaire des deux diplômes le CAP_AEPE et l’EJE.

    • Caroline Dhugues dit :

      Bonjour
      Même raisonnement…Le DE auxiliaire de puériculture est exacte entre cap aepe et EJE …Qu’est ce qu’ils vont nous inventer encore pour discréditer les cap aepe, ça ne suffit pas l’interdiction des ouvertures et fermetures seules ?
      Revaloriser le cap serait plus judicieux non ? Les pauvres se sentent déjà suffisamment exclus …

  2. Rozenn CROQ dit :

    Bonjour,
    Et les cap ( je parle des anciens cap petite enfance)seront encore plus dévalorisé !

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