Jeux de ballon : lancer, shooter, attraper … Quels plaisirs ! Quels intérêts !
Par Monique Busquet
Psychomotricienne, formatrice, auteure
Les jeux de ballon sont présents partout, universels et indémodables. Même in utero, des recherches récentes en imagerie médicale ont permis de voir un foetus jouer avec un caillot de sang, comme avec un ballon (travaux du Dr Farges). Ces jeux sont, au-delà d’un simple amusement ou d’une imitation sociale, de réelles occasions d’exercer des fonctions psychomotrices importantes.
Jouer avec le pied…
Shooter : donner un coup de pied dans un ballon pour le propulser loin de soi. Entre les premiers shoots des jeunes enfants et les prouesses et acrobaties des champions sportifs, il faut tant d’essais, de recherches et de persévérance permises par la maturation, la liberté et le plaisir de l’exploration. Jouer avec son équilibre, ses appuis et sa stabilité, ajuster la position de son pied en contact avec le ballon, le mouvement de sa jambe et sa force, affiner la précision d’une trajectoire pour atteindre une cible, un but.
C’est aussi progressivement repérer la vitesse et la trajectoire d’un ballon en mouvement pour le stopper ou reshooter dedans. C’est enfin déplacer le ballon avec ses pieds, le conduire parfois entre des obstacles, qui nécessitent précision et vélocité. Ces jeux de shoot font travailler les coordinations œil/pied.
… ou bien lancer avec les mains
Les ballons permettent également d’exercer les coordinations oeil/mains. Celles-ci sont des fonctions essentielles dans le développement de l’enfant. Elles sont précieuses et participent à l’acquisition, la précision et la fluidité des gestes du quotidien, comme écrire, dessiner, bricoler, cuisiner…
Jeter, lancer font partir des premières actions spontanées des jeunes enfants, présentes dans notre répertoire humain. Jeter sa cuiller par terre ou tout autre objet, soit pour expérimenter ses capacités, l’effet de ses propres actions et la réaction des objets, soit dans un mouvement de rejet, voire d’énervement et de colère.
La capacité à viser viendra progressivement, avec la maturation des possibilités d’anticipation, de projet moteur et de coordinations. Celle d’attraper un ballon demande également de pouvoir anticiper la trajectoire et la rapidité du ballon envoyé, de se sentir capable d’attraper ce projectile sans en avoir peur et de coordonner assez précisément ses gestes.
Ainsi, en regardant jouer les enfants, quels que soient leur âge, nous pouvons admirer les savoir faire qu’ils peuvent développer. Nous pouvons aussi varier et enrichir les situations proposées de façon adaptée aux possibles de chacun : des ballons de taille et poids différents, des objectifs à viser divers (envoyer dans un panier au sol, faire tomber quille, faire passer dessous, au-dessus, entre, divers accessoires). Et lorsqu’ils grandissent, varier les gestes de lancer comme dans les différents sports (hand, basket, volley, rugby) et bien sûr dans les nombreux sports de balles, qui utilisent des outils pour attraper ou lancer (base-ball, tennis, ping-pong…).
Enfin ces jeux de ballon sont des jeux d’échanges et d’interactions avec les autres : je t’envoie le ballon et tu le reçois et réciproquement, comme un dialogue, où chacun, à son tour, envoie et reçoit ; puis en grandissant, nous sommes ensemble, nous coopérons chacun de sa place et son rôle vers un objectif à atteindre, comme dans toute équipe. Nécessité d’être attentif à l’autre, à ses mouvements, ses rythmes, ses actions et de les prendre en compte.
Monique Busquet
PUBLIÉ LE 16 juillet 2026