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Journée nationale des Mam :  200 assistantes maternelles partagent leurs succès et difficultés 

Ce 16 novembre s’est déroulée la Journée nationale des Maisons d’Assistants Maternels à la mairie de Bobigny, organisée par l’Ufnafaam, en partenariat avec le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, la Caf de la Seine-Saint-Denis et Les Pros de la petite enfance. Une journée passionnante où de nombreux professionnels travaillant en Mam se sont exprimés sur leurs difficultés et réussites, mais aussi des élus, des représentants de la CNAF et des PMI, offrant ainsi de belles perspectives à ce mode d’accueil en plein développement. 200 assistantes maternelles exerçant en Mam, très investies dans leur métier, ont assisté à cet événement riche en émotions et en partages d’expériences.

Aujourd’hui, plus de dix ans après leur création, les Mam continuent d’augmenter régulièrement et suscitent un engouement certain chez des assistants maternels désireux de renouveler leurs conditions d’exercice et de rompre leur isolement. Les Mam représentent 60 000 places en 2023, soit 4,5 % de l’offre d’accueil.  La journée a été ouverte par Martine Orlak, présidente de l’Ufnafaam, Nadia Azoug, vice-présidente du département de Seine-Saint-Denis en charge de l’Enfance, de la prévention et de la parentalité, Marinette Soler-Kerrien, présidente du Conseil d’administration de la CAF de Seine-Saint-Denis et Abdel Sadi, Maire de Bobigny. Nadia Azoug a d’ailleurs annoncé à cette occasion que dans le Schéma départemental des services aux familles(SDSF ) 2024-2026 de Seine-Saint-Denis, il y a l’ambition de créer 10 Mam par an dans le département.

Le guide « je crée ma Mam », c’est pour 2025 ! 
Jean-Philippe Merciris, chargé de mission à la DGCS, est d’abord intervenu pour faire un point d’étape sur la réactualisation du guide ministériel sur les MAM, un document très attendu par l’ensemble de la profession. Dans ce nouveau guide qui sera  « à la fois didactique et pratique » a-t-il annoncé il y aura :  une mise à jour de la réglementation, une mise en avant des bonnes pratiques notamment celles axées sur le renforcement  de la qualité d’accueil au sein des Mam ou celles se rapportant aux relations entre assistantes maternelles au sein de la Mam, un point sur les aides financières et un « rapprochement avec le référentiel national bâtimentaire en vigueur pour les EAJE ». Ce dernier point étant le plus « touchy ».

En effet, lors de la réforme Norma les Mam étaient clairement et volontairement exclues de ce référentiel national. Ce qu’a tenté expliquer, ce samedi 16 novembre, Jean Philippe Merciris, c’est qu’il n’est pas questions de créer de nouvelles obligations bâtimentaires aux Mam existantes ni à celles en création … mais seulement de transposer aux Mam au titre des bonnes pratiques et usages des locaux sur la base du référentiel national en question. « Pas question d’imposer de nouvelles règles » a- t -il promis. Sur ce point, il n’a pas vraiment convaincu l’assistance. Sa présentation a suscité beaucoup d’intérêt mais aussi un peu de déception car il est clair que le nouveau guide ne sortira pas avant début 2025. Pour rappel, le premier guide date de 2016. La question de son opposabilité est bien sûr revenue dans les échanges avec la salle ainsi que les différentes interprétations possibles entre les PMI selon leur département, et entre les assistantes maternelles et leur PMI. Entre obligation et recommandation… un zeste de subtilité et un gouffre d’incompréhension…

Les Mam mieux et plus aidées depuis la nouvelle COG (2023-2027)

Puis la question des aides au financement des Mam a été abordée avec précision par Louise Levesque, conseillère politique et sociale (CNAF). Il existe aujourd’hui de nombreuses aides qui ne sont pas toujours connues. Elles ont considérablement augmenté afin de permettre de développer et pérenniser les places en Mam. « L’objectif,  a souligné Louise Levesque, rendre le métier plus attractif  pour les candidats et pour les professionnels déjà en exercice.» La conseillère politique et sociale (CNAF) a détaillé les différents dispositifs dont nous reparlerons dans un prochain article : la prime d’installation, l’aide au démarrage pour la Mam, le prêt à l’amélioration du lieu d’accueil, le Plan d’investissement pour l’accueil du jeune enfant, le Fonds de modernisation des établissements (FME) et le Fonds public et territoire. (FPT)

Mieux accompagner les porteurs de projet Mam
Puis, place aux tables-rondes. La première portait sur les dispositifs existants pour accompagner les porteurs de projets. La Seine-Saint-Denis, exemplaire en la matière, propose différents services, notamment le Pôle innovation petite enfance et parentalité (PIPEP), véritable porte d’entrée au niveau du département dès qu’il y a un projet Mam. Le PIPEP organise des réunions d’informations, permet de mettre en relation des porteurs de projets, d’améliorer le parcours d’agrément. Parmi les contraintes à l’installation, les intervenantes ont cité le fait que la délivrance de l’agrément soit liée au bâtiment.

La pérennisation des Mam : partage d’expériences
La deuxième table-ronde, était consacrée à la pérennité des Mam à travers des prises de paroles d’assistants maternels, notamment. Autrefois il s’ouvrait autant de Mam qu’ils s’en fermaient. Aujourd’hui  ce n’est plus le cas, néanmoins de nombreuses structures sont fragilisées en raison de difficultés humaines ou économiques. La question du remplacement des professionnels au sein d’une Mam doit être tranchée en urgence car elle participe à la déstabilisation de la structure dans son fonctionnement mais surtout dans son équilibre financier.

Quels enseignements tirer des témoignages exprimés ?
Il faut échanger, communiquer. Ne pas taire les ressentis négatifs, ne  pas occulter les difficultés ; Il faut anticiper : exemple annoncer un départ  le plus tôt possible pour trouver ensemble des solutions ;  Il faut prendre son temps, ne pas se précipiter et ainsi mettre toutes les chances de son côté au moment de la création de la Mam. Tout est affaire de casting …; quand ca va mal et vraiment mal, surtout ne pas rester seul et isolé mais chercher de l’aide : au RPE, à la PMI ou dans un service dédié comme il en existe un en Seine-Saint-Denis. Un service de médiation copiloté par la PMI et le PIPEP, fait appel à une médiatrice extérieure (en l’occurrence Sandra Onyszko de l’Ufnafaam) pour apaiser les tensions et régler les différends qui ont parfois des implications juridiques complexes. Et ça marche !

Des projets d’accueil innovants 
La dernière table ronde a donné la parole à des Mam qui ont mis en place un « projet d’accueil avec une singularité sociale et pédagogique répondant aux besoins du territoire.»  Le projet d’accueil est un document qui décrit les les intentions éducatives relatives au développement et à l’éveil des enfants au sein de la Mam. Alain Guarné s’est exprimé sur sa Mam à horaires atypiques (6h-22h), destinée notamment aux parents soignants, Anne Hammerville a évoqué son projet sur l’enfant citoyen et Laurence Llop a confié l’histoire de sa Mam inclusive, « La maison de Gabby ». Au cours de cet échange, des questions sont revenues au sujet de la référence. Tous se sont accordés sur l’idée d’une nécessaire souplesse qui est, du reste, spontanée au sein des Mam. Il n’y a pas de relation stricte entre la professionnelle et l’enfant « du contrat ».

Les Mam, un mode d’accueil hybride à préserver 
Pascale Garnier professeure d’université à l’Université Sorbonne, Paris Nord, et co-autrice du livre « Portraits de maisons d’assistantes maternelles », chez Erès, a clôturé la journée, en tant que grand témoin.  L’universitaire est revenue sur son ouvrage, fruit d’une recherche commandité par la Cnaf dans lequel, elle suit et analyse les pratiques de sept Mam en France, dont trois en Seine-Saint-Denis. Un travail d’observation minutieux, le premier du genre, qui met en lumière la spécificité de ce mode d’accueil « hybride entre collectif et individuel», plébiscité par les parents interrogés.
Au regard de son enquête, elle conclut : « La Mam est indéniablement un lieu de développement professionnel et personnel, la construction d’un collectif de travail autour de la mise en partage. Il n’y a pas de bonne Mam, mais des pratiques particulières incarnées dans des terrains particuliers, avec une équipe particulière.»

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Candice Satara et Catherine Lelièvre

PUBLIÉ LE 18 novembre 2024

MIS À JOUR LE 19 novembre 2024

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