La cabane des 1000 jours s’installe definitivement aux Lilas au plus près des habitants
Après plusieurs mois d’expérimentation sous une forme modulaire, la cabane des 1000 premiers jours s’est installée définitivement aux Lilas, en Seine-Saint-Denis. Un nouveau lieu d’écoute et d’échanges inauguré le 15 octobre 2025.
Le projet des « Cabanes des 1000 jours » a été lancé dans le département de la Seine-Saint-Denis à la suite des travaux pilotés par Adrien Taquet, alors secrétaire d’Etat à l’Enfance et aux Familles et du rapport Cyrulnik sur les 1000 premiers jours. En réponse à l’appel à projets adressé aux territoires, le Département s’est saisi de cette dynamique. « L’idée était d’expérimenter des nouvelles formes d’accueil, d’écoute et d’accompagnement des parents, en complémentarité avec les PMI, et surtout d’aller vers les familles. », explique Nadia Azoug, vice-présidente du département chargée de l’Enfance, de la Prévention et de la Parentalité.
Une cabane au plus près des familles
Deux cabanes ont d’abord vu le jour à La Courneuve et aux Lilas sous forme modulaire : les structures étaient montées puis démontées chaque jour. « Cette phase de préfiguration a été essentielle, souligne l’élue. Elle nous a permis de tester le concept, d’affiner la forme et le contenu du dispositif. À la fois pour des aspects très concrets — la taille, l’aménagement — et pour mieux comprendre les besoins des familles. » C’est à ce moment là que choix du nom « cabane » a été retenu en lien avec cette idée d’un structure souple qui pouvait être déplacée facilement.
Un exemple de la structure mobile utilisée durant l’été 2024 et 2025
À l’issue de la phase d’expérimentation, le Département a fait le choix d’ancrer le dispositif dans la durée en installant, cette fois, une cabane « en dur », conçue pour s’intégrer durablement dans la ville. Selon les territoires, les cabanes ne sont pas tout à fait identiques : à la Courneuve, par exemple, elle jouxte la PMI, tandis qu’aux Lilas, elle a été installée au cœur du quartier des Sentes, un ensemble de logements sociaux, entourée d’espaces verts et à proximité d’une école et d’une crèche. « C’est un lieu qui s’y prête énormément, confie Nadia Azoug. La localisation en pied d’immeuble permet vraiment d’aller vers les familles qui ne franchiraient pas la porte de la PMI, par exemple ».
Une autre manière d’accompagner les parents
La cabane des 1000 premiers jours est pensée comme un espace d’écoute, de rencontres et d’activités. « C’est un peu l’endroit où les parents viennent poser ces mille petites questions du quotidien, toutes ces préoccupations qui créent parfois de l’anxiété », ajoute Nadia Azoug. L’élue insiste sur la manière dont la cabane permet d’aborder des sujets rarement évoqués en PMI, comme l’allaitement. « C’est une thématique centrale. Nous organisons des temps de sensibilisation et d’échange autour des questions que se posent les parents : qu’est-ce que l’allaitement, faut-il allaiter longtemps ou non, comment vivre cette période au mieux ? »
Nadia Azoug évoque aussi la présence de grands-parents, venus parfois avec leurs petits-enfants, pendant la période test. « Certains gardaient leurs petits-enfants et se sont dit qu’ils pouvaient venir. Ils se sont sentis soulagés, parce qu’ils redécouvraient tout ce que demande la prise en charge d’un bébé. C’est aussi un espace de répit. ». Parmi les activités proposées, certaines ont rencontré un vrai succès comme les ateliers lecture, baby yoga, danse maman-bébé. Autant d’ateliers qui participent aussi à prévenir un phénomène préoccupant, rappelle l’élue : l’omniprésence des écrans dans le quotidien des jeunes enfants.
La PMI au cœur du dispositif
La cabane fonctionne pour l’instant deux à trois jours par semaine, en fonction des interventions programmées. L’équipe s’appuie sur un chargé de mission dédié, rattaché à la direction départementale, ainsi que sur des professionnels de la PMI et des intervenants associatifs spécialisés sur les questions de parentalité. Le financement de La repose à 50 % entre l’État et le Département. Le coût d’installation d’une cabane s’élève à environ 50 000 euros pour la seule structure. À cela s’ajoutent les effectifs des PMI mobilisés et les interventions des associations partenaires, soutenues sur d’autres budgets. Les investissements initiaux ont également couvert la conception des deux modules mobiles utilisés pendant la phase de préfiguration.
« C’est un projet qui fonctionne parce qu’il y a une vraie adhésion, et c’est un travail collectif entre la ville, le bailleur social, le département, la PMI », souligne Nadia Azoug. Elle raconte d’ailleurs que le lieu initialement envisagé avait dû être déplacé après une réunion avec les habitants. Mais au-delà des chiffres, la vice-présidente insiste sur la dimension symbolique et sociétale du projet : « Ce que nous défendons à travers ces cabanes, c’est la place de l’enfant dans la ville. Nous voulons montrer que l’espace public n’est pas un danger, que la rue, le dehors, peuvent redevenir des lieux de lien et de vie. C’est une façon de réaffirmer que les enfants ont toute leur place dans la cité. »
La PMI au cœur du dispositif
La cabane fonctionne pour l’instant deux à trois jours par semaine, en fonction des interventions programmées. L’équipe s’appuie sur un chargé de mission dédié, rattaché à la direction départementale, ainsi que sur des professionnels de la PMI et des intervenants associatifs spécialisés sur les questions de parentalité. Le financement de La repose à 50 % entre l’État et le Département. Le coût d’installation d’une cabane s’élève à environ 50 000 euros pour la seule structure. À cela s’ajoutent les effectifs des PMI mobilisés et les interventions des associations partenaires, soutenues sur d’autres budgets. Les investissements initiaux ont également couvert la conception des deux modules mobiles utilisés pendant la phase de préfiguration.
« C’est un projet qui fonctionne parce qu’il y a une vraie adhésion, et c’est un travail collectif entre la ville, le bailleur social, le département, la PMI », souligne Nadia Azoug. Elle raconte d’ailleurs que le lieu initialement envisagé avait dû être déplacé après une réunion avec les habitants. Mais au-delà des chiffres, la vice-présidente insiste sur la dimension symbolique et sociétale du projet : « Ce que nous défendons à travers ces cabanes, c’est la place de l’enfant dans la ville. Nous voulons montrer que l’espace public n’est pas un danger, que la rue, le dehors, peuvent redevenir des lieux de lien et de vie. C’est une façon de réaffirmer que les enfants ont toute leur place dans la cité. » La cabane des 1000 premiers jours vient de remporter le prix Territoria Or (parrainé par l’Unicef), catégorie « Actions en faveur des enfants et adolescents ».
Candice Satara
PUBLIÉ LE 16 octobre 2025