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Le dispositif Parcours Pro Petite Enfance accompagne et soutient les assistants maternels de la Meuse

Depuis le début de l’année 2024, le Département de la Meuse et l’association Alys ont mis en place un dispositif innovant, financé par la Caf de la Meuse et l’Etat via le FIPE, pour soutenir l’accueil individuel en difficulté. Parcours Pro Petite Enfance propose un accompagnement de proximité pour maintenir et soutenir les assistants maternels, dont les effectifs risquent de chuter de 20% les cinq prochaines années…

Le Département de la Meuse est un territoire rural sur lequel l’accueil individuel assure la part la plus importante de l’accueil du jeune enfant pour répondre aux contraintes et aux besoins d’accueil en horaires atypiques des familles. On compte ici 35 Eaje, près de 900 assistants maternels, 7 Laep et 16 Rpe qui assurent le maillage du territoire. Mais le dernier diagnostic territorial a révélé des statistiques pour le moins alarmantes pour l’accueil du jeune enfant. Dans la Meuse – comme à l’échelle nationale – le nombre d’assistants maternels agréés et de demande d’agréments (-35% depuis 2015) est en baisse constante. « On prévoit déjà une diminution de 20% des possibilités d’accueil dans les cinq prochaines années et une diminution de plus de 40% d’ici 2030 », rapporte Marie-Michelle Hoarau, coordinatrice du dispositif Parcours Pro Petite enfance. Maintenir les assistants maternels dans leur activité constitue donc un enjeu important pour le territoire.

Un accompagnement renforcé, coordonné avec les RPE et la PSMI

Dans cette optique, le Département et la Caf de la Meuse ont lancé un appel à projets à l’été 2023. En collaboration avec la Promotion de la Santé Maternelle et Infantile (PSMI) du département, l’association Alys – un acteur local majeur du service à la personne – a élaboré un dispositif pour promouvoir, maintenir et accompagner le métier d’assistante maternelle, au plus près de leurs problématiques. « Parcours Pro Petite Enfance » a été retenu et a bénéficié du financement de la Caf de la Meuse et de l’Etat par le Fonds Innovation Petite Enfance (FIPE), pour être déployé à l’échelle du département pour une durée de 3 ans. Une mission portée à temps plein avec dynamisme par Marie-Michelle Hoarau, coordinatrice du dispositif au sein de l’association Alys, en binôme avec une chargée d’appui au pilotage (0,25 ETP) au sein de la PSMI. « Je me déplace sur toute la Meuse, précise-t-elle. Je vais à la rencontre des assistants maternels grâce aux RPE qui sont très facilitants dans ma mission. Je coordonne avec la PSMI et les RPE, nous travaillons ensemble pour proposer un accompagnement renforcé aux assistants maternels, avec le souhait de garder nos professionnels en poste et d’en gagner de nouveaux ». 

Une relation de confiance avec les assistantes maternelles

Ces six premiers mois d’existence, il leur a fallu gagner la confiance des professionnels de la petite enfance pour pouvoir commencer ce travail de coordination et d’accompagnement proximal. Marie-Michelle Hoarau en témoigne : « Il fallait que les professionnels puissent bien comprendre ce que nous faisions, en plus de la PSMI et des RPE. C’était une véritable démarche de confiance pour leur faire comprendre que ce n’est pas « une arnaque », qu’on est vraiment ensemble, en collaboration pour leur métier ». Un a un, elles ont rencontré les différents acteurs du secteur, PSMI, RPE, gestionnaire des agréments, partenaires de formation, et bien sur les professionnels de la petite enfance. « En faisant un petit bilan, six mois après le démarrage du dispositif Parcours Pro Petite enfance, j’ai déjà rencontré 50 assistants maternels agréées et 44 personnes non agréées », compte Marie-Michelle Hoarau.

Promouvoir le métier d’assistante maternelle agréée

 
La première mission de ce dispositif commence par la promotion du métier d’assistant maternel. La coordinatrice travaille à la mise en place d’actions d’information et de communication, intervient dans les écoles et formations, participe à des évènements locaux (forums emploi, formation et métiers) en lien avec les organismes autour de l’emploi (France Travail, Mission locale, Cap emploi) pour mettre en lumière le métier d’assistant maternel souvent mal connu et donner envie de le découvrir. « Je passe dans les écoles, notamment les formations CAP AEPE pour leur faire connaitre le métier d’assistant maternel et leur faire comprendre qu’il n’y a pas que le métier d’auxiliaire de puériculture en crèche par exemple », précise Marie-Michelle Hoarau.

Maintenir les assistantes maternelles en poste

Le dispositif Parcours Pro Petite Enfance soutient également les assistants maternels dans l’exercice de leur métier, pour éviter qu’ils ne désertent la profession… Marie-Michelle Hoarau rencontre les assistants maternels, favorise leurs échanges avec la PSMI et le RPE pour limiter l’isolement professionnel. « Je suis là pour proposer des parcours individuels pour favoriser la montée en compétences, détaille-t-elle. Et également en appui pour la mise en place de stages, soit pour peaufiner ses compétences, soit pour connaitre et découvrir d’autres métiers de la petite enfance ». La coordinatrice informe également sur les parcours de Validation des Acquis de l’Expérience et sur les Mam. Des échanges précieux pour ces professionnels parfois isolés qui peuvent ainsi retrouver reconnaissance et confiance en soi.

Accompagner les assistantes maternelles dans leur évolution professionnelle

Marie-Michelle Hoarau accompagne egalement les assistants maternels dans leur évolution professionnelle. « Le métier d’assistant maternel a souvent été choisi en lien avec leur propre maternité ou paternité, pour articuler leur vie professionnelle et leur vie personnelle, explique-t-elle. Mais une fois que les enfants grandissent, j’observe qu’ils ont parfois envie de passer à autre chose. Ou bien les époux arrivant à la retraite, cela devient moins évident à la maison. Alors quand les personnes ne souhaitent plus être assistants maternels, mon rôle consiste aussi à les réorienter pour une reconversion vers un métier du secteur de la petite enfance, pour ne pas les laisser perdre leurs compétences acquises ». Elle incite egalement les professionnels à prendre le temps de participer à des séances d’analyse de pratique professionnelle.

Garantir le lien avec les assistants maternels

La quatrième mission du dispositif Parcours Pro Petite Enfance consiste à garder un lien avec les assistants maternels du département en leur proposant une rencontre et un échange au moins une fois par an. Marie-Michelle Hoarau le constate, « il est rare que les assistants maternels qui se rendent régulièrement au RPE arrêtent d’exercer pour isolement professionnel, difficultés de contrats, ou avec les parents, salaires non versés, parcequ’ils ont des réponses et peuvent « vider leur sac ». Alors Parcours Pro Petite Enfance a également été pensé pour les assistants maternels qui ne veulent pas ou ne peuvent pas aller au RPE (si ils n’ont pas le permis, que les parents ne leur permettent pas de transporter les enfants, ou parceque le respect du rythme de l’enfant les en empêche…).

Pour mieux les connaitre, recenser leurs difficultés et leurs besoins, Parcours Pro Petite Enfance a diffusé un questionnaire dont les réponses sont aujourd’hui un précieux support pour proposer un meilleur accueil. La petite équipe a également mis en place une newsletter envoyée tous les trois mois, qui reprend les informations du dispositif et les propositions faites sur le territoire.

Un dispositif suivi de près par ses financeurs

Au fil des trois années de la mission, des comités de pilotage réguliers avec les financeurs du projet rendront compte de l’évolution prometteuse du dispositif. « Le prochain copil sera en janvier, indique la coordinatrice. Ces rendez-vous nous permettent d’être sûrs de bien rester dans les écrits de l’appel à projet, de renforcer les actions sans perdre de temps et de réajuster la mission si besoin, pour être en parfait accord avec les financeurs, de manière opérationnelle sur le département ». Marie-Michelle Hoarau se questionne également sur l’intérêt d’inviter prochainement des partenaires, acteurs de la formation, à participer à ce Copil en fonction des avancées et renforcer ainsi leur collaboration.

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PUBLIÉ LE 24 octobre 2024

MIS À JOUR LE 25 octobre 2024

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