Le parcours de Mélanie, auxiliaire de puériculture après deux VAE
Mélanie est entrée dans le monde de la petite enfance par le bas de l’échelle et a gravi patiemment tous les échelons, se relevant de chaque chute ou désillusion avec une envie plus grande de bien faire son métier. Aujourd’hui auxiliaire de puériculture, elle nous raconte son parcours plein de rebondissements, de formations en VAE, de Mam en micro-crèches, et le projet professionnel qu’elle espère enfin concrétiser.
Elle aurait pu passer à côté de sa vocation ! C’est à la faveur d’une reconversion forcée que Mélanie a découvert la petite enfance. Élève en école de coiffure, elle fait une allergie aux produits de soin capillaire qui l’oblige à renoncer à son projet professionnel. Un coup dur ! Accompagnée par la mission locale pour réfléchir à son orientation, elle fait un stage d’un mois en halte-garderie. Certainement parce qu’elle avait les qualités requises… Mais à l’époque, glisse-t-elle, « on envoyait un peu tout le monde vers la petite enfance… ». Pour elle, par chance, ce sera une révélation. « Je remercie encore Linette, l’Eje directrice de la halte-garderie qui m’a accueillie avec bienveillance, se souvient Mélanie. Son écoute si professionnelle avec l’équipe et les parents, sa connaissance de son métier, son professionnalisme m’ont vraiment marquée ». A ses cotés elle va découvrir les différents métiers de la petite enfance, et garder un intérêt tout particulier pour le poste de directrice, aux multiples facettes qui, pense-t-elle, lui correspondrait bien. A ses yeux, être directrice lui permettrait d’allier le contact avec les enfants, le management d’équipe et de projet, ainsi que les tâches administratives, pour lesquelles elle garde une certaine appétence de son Bac pro et BEP Secrétariat passés quelques années auparavant. Mais pour y arriver, le chemin sera long et parsemé d’embûches…
Une expérience d’ass’mat un peu frustrante et un CAP en VAE
Mélanie sera animatrice en centre de loisirs pendant deux ans avant de pouvoir tenter une première fois en 2012 le concours d’auxiliaire de puériculture qu’elle rate de peu. Bien décidée à devenir professionnelle de la petite enfance, elle se forme et obtient son agrément d’assistante maternelle puis se positionne, en équipe avec sa belle-sœur, sur un projet de Mam porté par une petite commune. Une première expérience qui durera deux ans. « Nous étions un peu chacune dans notre coin avec les enfants. Tandis que moi, j’avais des envies de management, de lancer des projets… », se souvient Mélanie. Elle s’échappe en congé parental, profite de cette parenthèse pour faire de la garde à domicile et prépare son CAP AEPE en VAE avec le Greta, qu’elle obtiendra en 2019.
Un premier poste et un nouveau parcours de VAE
Mélanie et sa famille déménagent en Bretagne du coté de Saint-Malo. Tout juste diplômée, elle obtient un poste dans une crèche d’entreprise du groupe Babilou et s’investit dans l’équipe. Elle fait part à sa directrice de son envie d’évoluer et de se former pour accéder à davantage de responsabilités. « En étudiant les référentiels métiers, j’ai compris que j’avais plutôt un profil d’auxiliaire de puériculture que d’éducatrice de jeunes enfants », reconnait-elle. Avec le soutien de sa directrice qui la met en confiance, elle se lance dans une seconde VAE, financée pour moitié par Babilou, pour l’autre par son CPF. En 2019, le Covid vient bouleverser nos vies. Mélanie ne perd pas son temps : elle continue à préparer sa VAE et à distance, suit des formations en « Ouverture et gestion d’établissement » et « Massage bien-être bébé ». En mars 2022, elle se présente devant le jury de VAE pour son premier oral et valide 6 modules sur 8. En décembre, elle valide un module de plus.
La VAE, un cheminement qui fait grandir
Mais avant même d’avoir obtenu sa VAE d’auxiliaire de puériculture, Mélanie décide de quitter Babilou et pose sa démission, poussée à bout par des conditions de travail qui ne lui correspondent plus. Une chance, elle retrouve rapidement un poste dans une micro-crèche qui vient d’ouvrir à Saint-Malo. En 2023, elle valide enfin son dernier module de VAE et obtient son diplôme d’auxiliaire de puériculture tant espéré. Un parcours de longue haleine qu’elle ne regrette pas un instant. « J’ai beaucoup travaillé, partout, tout le temps. Cette VAE c’était comme un 2e travail ! Mais c’était nécessaire pour monter en compétences, admet-elle. Ce cheminement m’a fait grandir. Y compris lorsque le jury m’a demandé d’aller faire un stage en maternité qui m’a beaucoup appris… ». L’accompagnement d’Excellence VAE aura également été d’un grand soutien pour garder le cap dans les difficultés même si Mélanie dit avoir beaucoup travaillé seule.
Un premier poste de Référente technique qui tourne mal
Pendant toutes ces années, Mélanie garde en tête l’idée d’accéder un jour à des fonctions de management. Alors quand l’opportunité se présente, elle accepte sans hésiter (ou presque) un poste d’auxiliaire de puériculture en micro-crèche avec fonction de Référente technique, en remplacement d’un congé maternité. Mais l’expérience tourne mal : l’une des professionnelles de l’équipe est maltraitante. Et Mélanie aura beau signaler son comportement inapproprié avec les enfants, le gestionnaire – visiblement déjà au fait de la situation – ne fait rien pour que cela cesse. « On m’a répondu qu’elle avait pourtant fait des efforts ces derniers temps, et qu’il n’y avait pas cinquante CV derrière la porte ! », rapporte Mélanie. Dans cette situation délicate, la jeune femme s’épuise à la tâche et quitte son poste en burn out après une visite médicale professionnelle qui tombe à point nommé…
Accompagner à son tour des candidats à la VAE
En arrêt maladie, Mélanie prend le temps de se reconstruire, de retrouver une certaine sécurité. Pour remettre le pied à l’étrier, elle devient accompagnatrice en VAE chez Gazouyi. Et prendra beaucoup de plaisir à accompagner les candidats, jusqu’à devenir jury de VAE.
Début 2024, elle rejoint une nouvelle micro-crèche privée en tant qu’auxiliaire de puériculture. Cette fois ci pas de grand groupe, la structure fait partie d’une petite Scop basée à Dinard et Saint-Malo. Mélanie y trouvera enfin un peu de sérénité : ici l’équipe propose un accueil de qualité, soigne les transmissions orales, est engagée sur un projet écoresponsable et passe beaucoup de temps en plein air avec les enfants.
Un nouveau défi à sa portée
Forte de cette expérience positive, Mélanie a retrouvé son assurance. Elle n’a pas oublié le poste de direction qui l’attirait tant lors de son tout premier stage. Elle postule alors dans les quelques micro-crèches qui ouvrent sur son territoire ou cherchent une Référente technique. Mais son manque d’expérience lui vaut un premier refus, puis un second. Le troisième entretien sera le bon. Une petit groupe ouvre une nouvelle micro-crèche au printemps prochain, elle en sera la Référente technique, appuyée sur une Eje qui aura en charge la gestion du site. Un nouveau challenge pour Mélanie, qu’elle aborde certes avec un peu d’appréhension sur la posture professionnelle qu’il lui faudra adopter, mais avec la confiance et l’enthousiasme nécessaires pour relever les défis…
Laurence Yème
PUBLIÉ LE 06 janvier 2025