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Une traversée sensible de l'éducation en plein air

L’enfant, la liberté et le vent ou l’entrée enfantine dans la vie au sein d’espaces vivants

Valérie Roy

16,25€

Éducatrice de jeunes enfants et responsable d’une structure de semi plein-air à Paris, Valérie Roy a beaucoup observé les enfants et les professionnels de son lieu d’accueil, jusqu’à relier son expérience de terrain à la recherche universitaire. Pendant cinq années, adossée au Laboratoire Experice (Paris 8), elle a travaillé à comprendre l’impact, des espaces plein air ou semi plein air sur le développement du jeune enfant en structure petite enfance.

« C’est quelque chose que j’avais remarqué sur le terrain : pendant de trois ans, j’ai noté et analysé les familiarisations des enfants dans une crèche sans espace extérieur et une crèche en semi-plein air, et vérifié par des items si on voyait une différence, une amélioration, explique-t-elle. Et en effet, il y a 50% de difficultés à l’intérieur, mais seulement 35% à l’extérieur ! Lorsque l’espace extérieur est vraiment l’espace ou les enfants vont vivre, il y a une véritable facilitation. J’ai donc essayé de pousser un peu loin la réflexion pour laisser une trace de mon travail et m’assurer que mes ressentis étaient bien fondés ».

Valérie Roy a donc beaucoup travaillé sur la relation entre l’enfant et les environnements naturels, pour mieux comprendre comment la nature touche l’enfant, ce qu’elle lui apporte au niveau de la sensorialité et de la motricité, comment elle marque son corps et son langage. Elle a également poussé la réflexion autour du jeu, du jouet et des matières. « On ne se rend pas compte à quel point les jeux en plastique réduisent la sensorialité de l’enfant alors qu’il y a une telle variété de propositions dans l’environnement ! », assure-t-elle. Dans sa thèse, elle explore également le domaine du cognitif en évoquant le sens des mots, le développement du langage des enfants qui passent plus ou moins de temps dehors. « Je me suis rendu compte que les enfants développement beaucoup plus de verbes d’action au dehors qu’au-dedans ».

Un chapitre évoque également tous les apports de la pédagogie de semi-plein air pour les professionnels, mais également les peurs dont ils doivent apprendre à se défaire : la distance avec l’enfant, la sécurité, le rapport au temps, la peur des fluctuations corporelles, des organisations. Valérie Roy évoque la pensée reliée dont elle aime à parler : « Dehors on apprend à penser autrement car on se sent relié au tout. Ce qui fait que les pros vont bien plus coopérer, être bien plus détendus, je le constate au quotidien. A l’extérieur, il se crée une coopération très particulière ». Elle retrace également l’historique de la pédagogie plein air en France, à travers ses recherches d’une grande richesse.

La synthèse sa thèse « L’enfant, la liberté et le vent, ou l’entrée enfantine dans la vie au sein d’espacés vivants, une traversée praticienne et sensible de l’éducation en plein air », soutenue et validée en novembre 2025 a été publiée en mai 2026. « Je suis heureuse d’avoir fait le tour de ce que je ressentais, reconnait-elle. Il reste peut-être des petites choses que je n’ai pas pu percevoir, notamment sur les enfants autistes. Une psychologue pourra poursuivre le travail, il y a des pistes de réflexion à vérifier… ». A bon entendeur…    

Laurence Yème

PUBLIÉ LE 27 juillet 2026

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