S’abonner

Loto, memo, domino : le trio gagnant des jeux pour les 2-6 ans

Parmi les classiques des jeux de société, trois d’entre eux sont particulièrement adaptés aux jeunes enfants, car ils peuvent être pratiqués autant en individuel qu’en petit groupe. Le loto, le memo (ou memory) et le domino ont en commun le procédé d’association. Quels que soient leurs atouts, qui font d’eux aussi des jeux éducatifs, ils ne sont intéressants que dans la mesure où le plaisir et la motivation des joueurs sont intacts. Explications et conseils par Fabienne-Agnès Levine, psychopédagogue.

En accueil individuel ou collectif, les jeux de société ou/et éducatifs sont, à juste titre, rangés dans des placards ou en hauteur. Il arrive qu’un enfant les réclame, mais plus souvent, c’est l’adulte qui évalue si les conditions sont favorables à un jeu qui mobilise l’attention visuelle, la représentation mentale, la mémoire et le langage. En général, ces jeux sont présentés dans une boîte, dont le contenu est à vérifier régulièrement au risque qu’elle soit incomplète au bout de quelques utilisations. Comme pour les puzzles, en cas de pièces manquantes, le jeu ne peut plus tout à fait se dérouler et la règle prévue ne peut plus s’appliquer. Comme pour les jeux de construction, la manière de s’installer est déterminante dans le plaisir des enfants à participer. Pour la plupart des enfants, le fait de s’asseoir autour d’une table basse les aident à se concentrer. Quelques-uns sont plus disponibles lorsqu’ils sont assis ou allongés au sol, sur un tapis qui délimite la zone de jeu. Pendant la sieste des autres enfants ou en attendant le retour d’un parent, les jeux tels que loto, memo ou domino sont une ressource à ne pas sous-estimer pour un temps calme.

Jouer à associer, c’est observer et comparer

Le jeu d’association consiste à réunir au moins deux éléments selon un ou plusieurs critères prédéfinis : ça peut être poser une carte sur le même motif (loto), placer deux cartes l’une à côté de l’autre (domino) ou retrouver deux cartes strictement identiques (memo). Sa définition plus précise, dans la classification ESAR qui fait référence, est celle de « jeu composé de pièces séparées, de lettres, de chiffres isolés, destinés à être associés selon des règles précises en fonction de formes, de couleurs, de dimensions, etc. ayant des liens logiques entre elles. » Avant d’associer, il faut observer et établir des comparaisons. Pour cela, l’enfant pointe du doigt, comme il le ferait avec un livre : il nomme ou il attend que l’adulte mette un mot sur ce qu’il désigne. L’adulte peut aussi attirer l’attention de l’enfant sur deux éléments du jeu en utilisant les expressions « Pareil, pas pareil. » ou « Le même, pas le même. » Observer et comparer en vue d’associer, quand on a entre 2 ou 3 ans, c’est dialoguer avec l’adulte et si possible, manipuler en même temps que regarder. Donc, il ne faut pas s’étonner que les enfants aient plaisir à s’emparer du contenu de la boîte et prendre les cartes, les étaler, les retourner, les disperser ou les rassembler. Mieux mieux vaut que les tuiles ou jetons soient solides, en carton épais ou en bois, car plus les enfants sont petits, plus ils ont besoin de manipuler pour mieux comprendre.

Jouer seul ou avec un meneur de jeu

Ces trois jeux qui nécessitent de la concentration et de la patience peuvent être utilisés seul ou en petit groupe. Au-delà de quatre enfants, la présentation des règles et la gestion du tour de rôle par l’adulte, meneur de jeu, peuvent rendre la partie moins fluide. Si le jeu est destiné à un seul enfant, les conditions se rapprochent de celles convenant aux puzzles et encastrements. Si l’idée est de faire un jeu de société, l’adulte distribue les éléments selon une logique propre à chaque jeu : chacun une planche pour le loto, quelques « tuiles » chacun pour le domino, une série de cartes à disposer au centre de la table ou du tapis pour le memo. Ensuite, il nomme un joueur, lui répète la consigne personnellement, et vérifie que l’action effectuée correspond à la demande.

À 2 ou 3 ans, c’est déjà beaucoup de contraintes, donc inutile de mettre les enfants en compétition en leur annonçant que l’un d’eux aura terminé avant et sera désigné « premier ». Qu’ils soient déjà familiarisés ou non, dans leur fratrie par exemple, aux notions de « gagner » et « perdre », ils s’en apercevront bien tout seul et ne tarderont pas à se comparer. Auparavant « c’est fini, on a bien joué », ou « on a tous gagné », suffit. Une solution harmonieuse est de prévoir la fin de la partie avec un minuteur, sa sonnerie servant d’indice pour conclure la partie en douceur. Par ailleurs, si les joueurs s’agitent et n’écoutent rien, si les cartes sont vite écornées et plus souvent sous la table que dessus, autant ranger le jeu et le ressortir, quelques mois plus tard, quand il répondra mieux aux nouveaux intérêts des enfants.

Le loto : chaque chose à sa place

Le jeu d’origine, appelé « loto » ou « bingo », est un jeu de loterie qui se joue avec des jetons à placer sur des grilles remplis de nombres de 1 à 100. Dans les jeux pour enfants, les chiffres sont remplacés par des images, en dessin ou en photographie, autour d’un thème commun : les couleurs, les animaux, les fleurs, les objets, etc. Les planches, souvent quadrillées en six parties, sont à compléter avec des tuiles dont le visuel est identique à celui d’une des cases. Il en existe de tous les formats, en carton souple ou épais, plus rarement en bois.

Comment y jouer ?
– L’adulte tire une à une les tuiles d’un sac ou d’une boîte, et la montre en disant « Qui a … ? » Le joueur qui reconnaît un élément de sa planche la demande et la pose à son emplacement.
– Une autre manière de jouer est de demander à un enfant à la fois de prendre une tuile et de la poser sur le dessin correspondant sur sa planche. Dans le cas contraire, il la remet dans le sac.
– Encore plus simple : distribuer les planches, avec les tuiles qui y sont associées ; laisser chaque enfant remplir la sienne, à son rythme, comme avec un puzzle.

Le memo : à associer deux par deux

Le principe de jeu du memo appelé aussi « memory » est simple : au départ, toutes les cartes sont étalées, face cachée. Il s’agit de constituer des paires de cartes en ayant le droit d’en retourner seulement deux, dans l’espoir qu’elles soient identiques, sans oublier de les rendre visibles par les autres joueurs. Les jeunes enfants ont du mal à comprendre ce principe, mais une fois que c’est acquis, ils manifestent souvent une meilleure mémoire que l’adulte qui joue avec eux.

Comment y jouer ?
– Le premier joueur retourne deux premières cartes au hasard et les gardent seulement si ce sont les mêmes. Il recommence autant de fois qu’il arrive à constituer une nouvelle paire. Quand elles sont différentes, il les remet exactement à la même place, face cachée et laisse le tour au joueur suivant.
– Attention, tous les joueurs doivent être attentifs en permanence, en sorte de mémoriser les cartes déjà retournées au moins une fois. Les enfants n’y pensent pas par eux-mêmes, il faut leur souffler.
– Pour éviter le découragement, et aussi pour écourter les parties, limiter le nombre de paires disposées sur la table, à six ou huit.

Le domino : un chemin à compléter par les deux bouts

Le domino, comme le loto, est initialement un jeu avec des chiffres, de un à six, en plus du zéro. Les pièces de forme rectangulaire ont une séparation centrale et de chaque côté, des points correspondent à des combinaisons de dés. Dans les jeux pour les tout-petits, les points sont remplacés par des illustrations, et le nombre total de pièces est en général de 28 (en se calant sur la base de dominos allant du double zéro au double six). Les thématiques sont aussi nombreuses que pour les lotos et les dominos : couleurs, animaux, personnages, objets… Ce jeu est plus difficile qu’il n’y paraît pour les enfants de moins de quatre ans, qui ne perçoivent pas facilement que les dominos sont à mettre bout à bout. Ils ont tendance à les mettre image contre image. De plus, ils ont du mal à tourner le domino du bon côté, de manière à compléter le chemin dans l’alignement. Lorsque les enfants ont enfin compris le procédé, ils prennent plaisir à poser leur domino au bon endroit, mais placer les doubles à la perpendiculaire des autres dominos reste compliqué à intégrer.

Comment y jouer ?
– Si on respecte la règle de base, chaque joueur a quelques dominos devant lui. Celui qui a une image en double la pose au milieu. À tour de rôle, chaque joueur pose un domino en respectant l’association terme à terme, sinon il pioche.
– Mieux vaut faire la partie avec les dominos faces visibles, de manière à pouvoir s’entraider.
– Version simplifiée : tous les dominos sont étalés sur la table, face visible. À tour de rôle, un joueur en prend un seul parmi eux, et complète le chemin.

Des jeux à gogo

Loto, memo et domino font partie des premiers des jeux en boîte à acquérir et à renouveler régulièrement, au gré des découvertes liées aux circuits de distribution des éditeurs. Comme en littérature enfantine, la production annuelle est énorme. Les univers sont aussi variés que ceux des imagiers. On trouve des jeux plus réalistes, à base de dessins ou de photos ; on en trouve d’autres plus fantaisistes – y compris autour de héros issus d’albums et de films d’animation (P’tit Loup, Peppa Pig, personnages Disney, etc.). La maniabilité liée au format et à la solidité des pièces est un autre facteur à prendre en compte.

Voir la sélection de Fabienne -Agnès Levine

Fabienne-Agnès levine

PUBLIÉ LE 27 février 2026

Ajouter aux favoris

Une réponse à “Loto, memo, domino : le trio gagnant des jeux pour les 2-6 ans”

  1. crisnege_174699 dit :

    Bonjour
    Merci pour les explications des jeux.
    P. H

Laisser un commentaire