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Modes d’accueil : un QPV sur deux n’a pas de crèche et la garde parentale est privilégiée

Une étude de l’Observatoire de la politique de la ville analyse le profil des familles résidant en quartier prioritaire et leurs choix en matière de modes d’accueil. Elle montre que si la grande majorité d’entre elles fait le choix de la garde parentale, c’est néanmoins parfois par défaut car près de la moitié des QPV ne dispose pas de crèche à proximité.

L’Observatoire national de la politique de la ville a publié une étude des modes d’accueil des enfants de moins de 3 ans résidant en Quartier Prioritaire de la politique de la Ville (QPV). Cofinancé par l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires (ANCT), ce travail de recherche s’appuie sur les données de la 4e édition de l’enquête Modes de garde de la DREES (2021) qui couvre une population de plus de 200 000 enfants de moins de 3 ans vivant en QPV. Il est une fine analyse du profil de ces familles, de leur organisation pour faire garder leurs jeunes enfants, met en lumière leurs choix et freins rencontrés, et fait le point sur les crèches en QPV.  

Des familles au profil socio-économique marqué 

L’étude révèle que les familles avec un enfant de moins de trois ans, vivant en QPV, sont une population jeune dont une part plus élevée de familles monoparentales (20% contre 8% hors QPV). Leur taux d’emploi et de revenus moyens plus faibles. « Près de 78% des familles en QPV comptent au moins un parent inactif ou au chômage, contre 43% hors QPV en milieu urbain », précise l’étude. La taille des familles est néanmoins plus élevée avec en moyenne 2,5 enfants par ménage, contre 2 hors QPV. S’il n’est pas possible d’estimer le nombre de naissance en QPV, le nombre d’enfants de moins de trois ans couverts par une prestation de la CAF a nettement diminué depuis 2019, deux fois plus rapidement que sur l’ensemble des personnes couvertes par une prestation Caf. 

Des enfants principalement gardés par leurs parents 

En QPV, la garde principale par les parents est plus fréquente et exclusive : 81% des enfants de moins de 3 ans sont gardés à titre principal par leurs parents (contre 52% hors QPV en milieu urbain). Mais à profil socio-économique comparable, le lieu de résidence a-t-il une incidence sur le choix des parents ? L’enquête révèle que les enfants résidant en QPV ont une probabilité́ 2,5 fois plus élevés d’être gardés par leurs parents que ceux vivant hors QPV. « Au-delà̀ des différences de profils sociaux, d’autres éléments du contexte local jouent un rôle spécifique dans les modes d’accueil », assurent les chercheurs. A commencer par la situation professionnelle des parents. Un parent inactif a une plus forte probabilité de garder son enfant (94%). Un parent qui travaille à temps partiel inférieur à 50% également. Une situation qui peut freiner leur retour à l’emploi… Même lorsque leurs parents travaillent à temps complet, 35% des enfants de moins de trois ans sont gardés à la maison. Une situation qui s’explique par la plus forte proportion d’emplois exercés de nuit ou le weekend. 

Un choix qui dépend aussi de la situation familiale : « En QPV, lorsque les parents vivent en couple, quatre enfants sur cinq sont gardés principalement par leurs parents, contre un enfant sur deux hors QPV en milieu urbain », assure le rapport. L’analyse montre également que plus l’enfant est jeune et plus la fratrie est grande, plus la probabilité d’être gardé par ses parents augmente.

La crèche, principal mode d’accueil formel, mais difficile d’accès 

Dans ces quartiers, seuls 15% sont des enfants de moins de 3 ans sont donc accueillis en mode d’accueil formel (contre 42% hors QPV) : 9% en crèche et 6% chez une assistante maternelle, (contre 22 et 20 % hors QPV en milieu urbain). Néanmoins, en QPV, 16% des enfants sont confiés au moins une fois par semaine à la crèche, parfois en complément d’une garde parentale. 

Lorsque ces familles ont recours à une assistante maternelle ou une MAM, c’est principalement lorsque les deux parents travaillent à temps complet et par proximité avec le domicile (44%), ou pour les horaires plus adaptés aux horaires de travail (22%). « L’épanouissement de l’enfant représente seulement 3 % des réponses citées », note l’étude. Les parents jugent cependant les démarches faciles. A l’inverse, les parents trouvent que l’accès aux places en crèche est difficile. Ceux-ci choisissent la crèche, en grande majorité municipale ou départementale, lorsque au moins l’un des parents travaille à temps partiel, pour ses horaires (37%), la socialisation (21%) et l’épanouissement des enfants (19%). 

Pour les trois quarts des familles de QPV, l’étude montre que le mode d’accueil réel correspond au mode d’accueil souhaité, contre 66% seulement en milieu urbain hors QPV. C’est-à-dire que lorsque la garde parentale est le mode d’accueil principal, c’est bien le choix des parents. Soit par une volonté forte de garder son enfant, soit par défaut. En effet, pour ce qui est de l’accueil en crèche il y a un décalage important entre les attentes des familles et les possibilités d’accueil. En France, on dénombre 1363 crèches en QPV sur 12 188 structures sur tout l’hexagone, soit 48 609 places d’accueil QPV sur un total de 398 200 places. Elles représentent donc 11% des crèches mais 12 % des places d’accueil. Mais c’est loin d’être suffisant : 46,4 % des QPV sont sans crèche, même dans les 500 mètres autour du quartier, soi près d’un QPV sur deux. De nombreuses familles prennent donc en charge leurs enfants car le recours à la crèche n’a pas été possible, faute de place (63% contre 70% hors QPV), en raison du coût ou du manque d’information. 

Les familles de QPV sont bien plus satisfaites de leurs modes d’accueil 

La plupart des familles de QPV se déclarent pleinement satisfaites de leur mode d’accueil quel qu’il soit, bien plus qu’en milieu urbain hors QPV. Une différence particulièrement marquée pour la garde parentale (87 % de pleinement satisfaits contre 79 % hors QPV) et les crèches, qui obtiennent le niveau de satisfaction le moins élevé, quel que soit le type de quartier. De manière générale, l’étude relève que si le choix initial correspond à la solution souhaitée par les parents, la satisfaction obtient des niveaux très élevés. Et souligne qu’en QPV, « la majorité́ des familles n’identifient aucun inconvénient (74 %), alors qu’hors QPV en milieu urbain cette proportion tombe à 42 % ». 

Pour Cécilie Cristia-Leroy, directrice générale d’Yci Enfance, « cette étude précieuse rappelle ce que porte le consortium : les inégalités d’accès aux modes d’accueil sont fortes dans les QPV et la question ne se résume ni à la demande des familles, ni à leur situation professionnelle. A l’heure ou la petite enfance est reconnue comme un levier majeur d’égalité des chances, ces résultats invitent a poursuivre les efforts en matière d’offre d’accompagnement et d’accessibilité », indiquait elle sur Linked In. 

Découvrir l’étude 

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Laurence Yème

PUBLIÉ LE 23 juin 2026

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