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Publi-rédactionnel

Revaloriser les métiers de la petite enfance : l’engagement profondément féministe de la CGT

Féminisés et peu valorisés, les métiers de la petite enfance concentrent les principaux enjeux d’égalité professionnelle femme-homme, de reconnaissance et de dignité au travail. La CGT est engagée aux côtés des professionnelles pour faire reconnaître leurs métiers à la hauteur de leur rôle central dans la société. Pour s’attaquer aux racines économiques et sociales des inégalités femmes-hommes, le syndicat se bat sur tous les fronts : revalorisation des salaires, mise en place de classifications professionnelles, lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Un engagement sans faille qui fait de la CGT un syndicat profondément féministe.

« Notre approche féministe ne date pas d’hier, assure Stéphane Fustec, représentant de la CGT-Services à la personne. Elle est un combat sans fin car dans notre pays, les inégalités femme-homme sont encore extrêmement fortes ». Il identifie plusieurs enjeux : l’égalité femme-homme, bien sûr, mais également l’amélioration de la protection sociale et la nécessité de sortir des stéréotypes de genre qui assignent aux femmes les métiers du soin et de l’éducation. « On combat cette image d’Épinal ! martèle Stéphane Fustec. Avec 99 % de femmes, le métier d’assistante maternelle est l’une des professions les plus féminisées. Mais s’occuper d’un jeune enfant n’est pas inné, ça s’apprend et nécessite de vraies compétences qu’il faut à tout prix que l’on reconnaisse ».

La crise des vocations, conséquence de la dévalorisation

La reconnaissance des métiers n’est pas qu’une affaire de justice sociale. Elle est aussi une nécessité pour lutter contre la crise des vocations qui entraîne une inquiétante pénurie de personnel. « Le discours politique évoque la nécessité d’élever la qualité mais sans mettre les moyens qui vont avec, regrette Stéphane Fustec. Alors bien sûr, ça ne suscite pas de vocations ! On ne peut pas avoir des métiers peu valorisés et sous-rémunérés, alors que les exigences sont paradoxalement de plus en plus en plus grandes sur la qualité d’accueil ! ». Un déséquilibre qui crée du malaise à tous niveaux, chez les agents comme chez les encadrants. « Si on ne corrige pas les problèmes de bas salaires, on va droit dans le mur, à court terme ! », alerte-t-il.

Une grande victoire sur les salaires

La question des salaires, la CGT Assmat-Services à la personne l’a prise à bras le corps. En février dernier, les négociations salariales au sein de la branche du particulier employeur et de l’emploi à domicile ont abouti à un accord historique et une augmentation très significative de 15,38 % du salaire minimal conventionnel des assistantes maternelles, passé à 3,28 € net (4,20 € brut) par heure d’accueil, à compter du 1er juin 2026. « C’est une grande victoire, un véritable effort qui vient rééquilibrer un peu les choses, se félicite Stéphane Fustec. Les minima conventionnels, c’est quelque chose qui protège les professionnelles : cela ne veut pas dire que tout le monde est payé à 4,20 € brut, loin de là. Mais c’est une première marche qui protège les plus précaires, les plus isolées ». En outre, cette revalorisation crée une dynamique qui produit l’augmentation mécanique de tous les salaires, y compris ceux qui sont au-dessus des minima. Il faut maintenant que cette belle dynamique irrigue tous les métiers… 

Côté crèches privées, des négociations qui patinent

Le combat n’est en revanche pas gagné dans les crèches privées, soumises à des logiques de profit. Dans ces crèches privées, les rémunérations très basses sont ajustées au SMIC. Et depuis deux ans, la négociation sur les salaires n’avance pas… « Les crèches privées lucratives ont été rattachées à la convention collective des entreprises de services à la personne, qui a une très mauvaise culture de la négociation, c’est très compliqué, regrette Stéphane Fustec. Cette convention collective n’est absolument pas protectrice pour les personnels des crèches, aucune disposition ne s’applique à leur situation. ». De plus, le secteur ne bénéficie toujours pas du bonus attractivité, conditionné à la mise en place d’une classification et grille conventionnelle, qui n’existe toujours pas…

Une classification pour valoriser les compétences

Depuis 10 ans, un travail de fond a été engagé pour établir une classification professionnelle des professionnels des crèches du secteur privé lucratif, mais les discussions sont à l’arrêt.

Pour les assistantes maternelles en revanche, les travaux sont enfin lancés. La CGT, les organisations représentatives et l’Anact (Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail) se réunissent régulièrement. « Et c’est plutôt productif, assure Stéphane Fustec. J’espère que cette nouvelle grille de classification pourra être annoncée début 2027 pour bien commencer l’année ». Pour lui, bien négocier une grille de classification est essentiel : c’est l’un des seuls indicateurs où l’on reconnaît clairement les compétences ! « C’est une échelle qui permet de situer votre niveau de compétences, de connaissances, vos savoir-faire et savoir être et non pas votre ancienneté comme j’entends souvent, explique-t-il. Aujourd’hui, que vous soyez une ass’mat’ débutante ou très chevronnée le minimum conventionnel reste le même. Il faut qu’on sorte de ce paradigme pour faire reconnaître et identifier ces compétences, c’est tout le travail de la commission qui travaille à établir cette grille ! ». Avec l’objectif d’enclencher un cercle vertueux : lorsqu’on a une grille de classifications, lorsqu’on a des salaires conventionnels valorisés, on favorise la volonté d’améliorer ses pratiques professionnelles et l’appétence à partir en formation, pour soutenir la qualité d’accueil. Plus le niveau de qualité sera élevé, mieux seront reconnus les métiers !

Refuser les violences sexuelles et sexistes

La question des violences sexuelles et sexistes est trop souvent niée, ignorée. La CGT s’engage aux côtés des professionnelles du secteur du particulier employeur – garde d’enfant à domicile et assistantes maternelles – dont les salariées cumulent souvent faibles rémunérations, morcellement des emplois et isolement professionnel, ce qui les expose particulièrement. « Il y a un vrai travail à mener, confirme Stéphane Fustec. Aujourd’hui, on veut que la parole se libère davantage à ce sujet, dans les entreprises et l’emploi à domicile ». Depuis peu, la CGT travaille à la rédaction d’un guide paritaire rappelant les bonnes pratiques pour renforcer le cadre et les repères autour de la relation employeur-employé. Il pourrait être annexé à la convention collective.

Le syndicat envisage également de discuter avec l’Ircem pour la mise en place d’un numéro d’urgence gratuit. Il permettra de recueillir la parole des femmes victimes de violences sexuelles et sexistes dans le secteur du particulier employeur, afin de les aiguiller vers les bons interlocuteurs. « Cela fait partie des chantiers prioritaires, sur lesquels nous nous sommes mis d’accord avec les organisations patronales, indique Stéphane Fustec. Ce serait aussi une belle victoire de pouvoir équiper ces professionnels d’outils pour faire en sorte que tout cela cesse ».

Sans plus attendre, la CGT propose des temps de formation pour la prévention des violences sexuelles et sexistes adressés à tous les salariés du particulier employeur, « notamment pour expliquer aux salariés qu’il faut adopter une tolérance zéro ! », conclut Stéphane Fustec. 

Pour plus d’informations 
https://sap.cgt.fr/

Laurence Yème

PUBLIÉ LE 04 juin 2026

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