S’abonner

Les petits Galopeurs : Une MAM pensée pour les professionnels des courses hippiques

À Chantilly, berceau des courses hippiques, une Maison d’Assistantes Maternelles (MAM) dédiée aux professionnels de la filière vient d’ouvrir ses portes. Porté par l’Institution des courses hippiques et l’AFASEC (Association de formation et d’action sociale des écuries de courses), ce nouveau mode d’accueil répond aux contraintes horaires spécifiques des métiers du secteur hippique et s’inscrit dans une stratégie RH visant à renforcer l’attractivité et l’accompagnement des salariés sur le territoire.

Les métiers du secteur hippique exigent des horaires particuliers, souvent très tôt le matin, décalés ou modulés selon les entraînements et les réunions. Cette organisation rend parfois difficile l’accès aux modes d’accueil classiques pour les familles. La MAM « Les Petits Galopeurs » a été créée pour répondre à ces contraintes. Intégrée au dispositif Garde d’enfants – AFASEC Services, elle offre un accueil flexible, adapté au rythme des professionnels, tout en garantissant un cadre sûr et stimulant pour le développement des enfants.

« Le projet est né d’un constat simple : sur l’aire cantilienne, plus de 750 salariés travaillent dans le monde hippique, dont 250 femmes dans les écuries. Bon nombre d’entre eux rencontrent des difficultés pour organiser la garde de leurs enfants. Conscients de cette réalité, l’AFASEC et ses partenaires ont imaginé une solution adaptée. L’objectif était donc de proposer un service concret, qui soutienne les familles tout en contribuant au développement de l’emploi dans les courses et les écuries. », explique Hugues Leclerc, responsable de l’action sociale à l’AFASEC.

Répondre au défi de la parentalité

L’âge moyen d’un salarié d’écurie de courses est de 35 ans. Beaucoup de couples se forment au sein même de la filière, à l’école ou en écurie, et partagent cette passion commune. « Nous avons constaté que, lorsque se pose la question de la parentalité, l’un des deux parents est parfois contraint d’abandonner son métier. Les horaires très matinaux – un cavalier d’entraînement commence souvent sa journée avant 6 heures – rendent la garde d’enfant complexe. Trouver une solution à 5h30 du matin reste aujourd’hui très difficile. Nous ne voulions pas que des professionnels quittent la filière faute de solution adaptée. », développe Hugues Leclerc. C’est dans cette logique que l’AFASEC a décidé de développer des modes d’accueil– MAM ou micro-crèches – sur les territoires où elle est implantée. Chantilly constitue aujourd’hui le quatrième site déployé au niveau national.

« Le projet est né des besoins exprimés sur le terrain, notamment par Pamela POLLI, alors assistante maternelle et ancienne professionnelle d’écuries de courses. L’AFASEC, avec l’ensemble de ses partenaires, a soutenu cette initiative. La MAM a été choisie comme mode d’accueil privilégié car elle permet aux assistantes maternelles agréées de travailler ensemble dans un lieu adapté, fonctionnel et sécurisé, tout en favorisant le partage d’expériences et l’accès aux formations proposées par le Département. Ce modèle combine autonomie professionnelle et encadrement structuré, ce qui n’aurait pas été possible avec un accueil individuel classique », ajoute Guillaume Herrnberger.

Un projet construit avec de nombreux partenaires

L’ouverture de la MAM « Les Petits Galopeurs » est le fruit d’un travail engagé il y a cinq ans. Comme tout mode d’accueil, la structure relève de la Protection maternelle et infantile (PMI) et a obtenu l’agrément du Département de l’Oise, garantissant le respect de critères stricts en matière de sécurité, d’encadrement et de qualité d’accueil. « Dans une MAM, un minimum de 10 m² par enfant est requis afin d’assurer son épanouissement. Les assistantes maternelles suivent 120 heures de formation et sont agréées par le Département. La structure a également fait l’objet de commissions de sécurité municipales avant son ouverture », détaille Hugues Leclerc. Le pavillon qui accueille la MAM appartient à l’OPAC de l’Oise, qui l’a mis à disposition après s’être assuré du respect des normes en vigueur. La MSA Picardie a également été associée au projet, notamment dans le cadre d’actions de sensibilisation autour de la parentalité. « Autant de garanties qui offrent aux familles un cadre sécurisé et reconnu », se félicite-t-il.

Des horaires adaptées au rythme des écuries

La MAM est ouverte de 5h30 à 17h30 afin de correspondre aux horaires des professionnels. Mais au-delà de l’amplitude horaire, l’accompagnement se veut global. « L’équipe travaille en lien étroit avec les parents pour respecter le rythme propre à chaque enfant : temps de repas, sieste, motricité, éveil. Les horaires peuvent être ajustés au cours de la semaine afin de trouver un équilibre entre contraintes professionnelles et besoins de l’enfant », précise Guillaume Herrnberger. « Il s’agit d’un véritable travail de symbiose entre les professionnels de la petite enfance et les parents ». Une spécificité forte du dispositif réside dans le recrutement : certaines professionnelles ont elles-mêmes été cavalières d’entraînement et connaissent parfaitement le fonctionnement des écuries et leurs contraintes.

Une ouverture sur la mixité

Si la MAM accueille prioritairement les enfants de salariés d’écuries de courses, elle n’est pas réservée exclusivement à la filière. « Nous tenons à préserver une mixité sociale et professionnelle. Il est important que les familles ne restent pas enfermées dans un seul univers. L’ouverture à d’autres secteurs est un enrichissement pour tous. », déclare Hugues Leclerc. Implantée au cœur du centre d’entraînement de Chantilly, la structure dispose également d’un jardin. Les enfants peuvent ainsi évoluer dans un environnement verdoyant et, parfois, apercevoir leurs parents au travail — un clin d’œil symbolique au lien fort qui unit ces familles au monde des courses.

Julie Giorgetta

PUBLIÉ LE 13 février 2026

Ajouter aux favoris

Laisser un commentaire