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Vrai/Faux sur la VAE

La Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) est une excellente opportunité de faire reconnaitre ses qualifications pour monter en compétences et parfois même changer de métier. En petite enfance, bientôt 4 diplômes seront accessibles par la VAE, du DEEJE au CAP- AEPE. Et pour réussir ce parcours difficile et exigeant, l’accompagnement est un facteur clé. On fait le point en 12 idées reçues.

 

Il n’est pas nécessaire d’avoir déjà un diplôme pour entamer un parcours de VAE. VRAI

Bien sûr, un candidat peut prétendre à une VAE sans avoir fait de formation ou être diplômé.
C’est l’expérience professionnelle, que l’on soit salarié du secteur privé ou du secteur public, qui permet de justifier des compétences acquises, répondant au référentiel du métier visé. En revanche le candidat peut avoir à se former, pendant son parcours de VAE, sur les points que son expérience professionnelle ne qualifie pas, pour répondre aux attendus du diplôme visé. On parle alors de VAE hybride ou partielle. Les diplômes sanitaires notamment, comptent un certain nombre de compétences théoriques que seule l’expérience ne permet pas toujours qu’acquérir. Jean-Robert Jourdan, sous-directeur des professions sociales, de l’emploi et des territoires à la DGCS, alerte aussi sur l’importance de faire dès le départ, le bon choix d’orientation : « Il est essentiel de cibler le bon diplôme par un diagnostic initial réalisé avec beaucoup d’attention, et de veiller à ce qu’il n’y ait pas un écart top grand à franchir vers le diplôme visé ». Et ajoute que le titre professionnel « intervenant éducatif de la petite enfance » de niveau 4, qui va être mis en place en 2026, sera également accessible par voie de VAE. Il constitue « la marche intermédiaire qu’il manquait jusque-là » et facilitera la montée en compétence des professionnels, souligne-t-il.

Pour faire une VAE, Il faut travailler seul. VRAI ET FAUX

L’écriture du dossier de VAE est le fruit d’un travail de réflexion personnelle. Mais il est important d’être accompagné, guidé et soutenu dans cette démarche. Cet accompagnement peut être proposé en interne, par les ressources humaines de son entreprise ; par France Travail ou la mission locale pour les demandeurs d’emploi ; par un accompagnateur de parcours certifié Qualiopi référencé sur France VAE. « Ces accompagnateurs sont soumis à un cahier des charges précis. En début de parcours, ils doivent permettre au candidat de comprendre ses chances de réussite, de savoir s’il a besoin de formations complémentaires et de combien de temps, quel effort cela va lui demander », indique Jean-Robert Jourdan. Après avoir testé son éligibilité à la VAE , ceux-ci proposent donc au candidat un accompagnement individuel, des outils, des supports pédagogiques et des formations, mais également des ateliers collectifs pour favoriser l’échange entre pairs, sortir de l’isolement et s’entrainer à s’exprimer à l’oral. « Les collectifs de personnes qui préparent ensemble une VAE sont extrêmement aidants », reconnait-il.

Seules les personnes très expérimentées peuvent faire une VAE. FAUX

Il n’est pas nécessaire d’être très expérimenté pour prétendre à un parcours de VAE. Il faut cependant avoir la maturité et les connaissances nécessaires, justifier d’une expérience professionnelle suffisante en rapport direct avec le diplôme visé, pour espérer réussir l’examen. Par la réforme de 2022 (Loi Plein Emploi), la procédure de VAE a été simplifiée. Il n’est plus nécessaire de justifier d’une durée d’expérience professionnelle et de fournir des justificatifs de celles-ci. Seul le déclaratif suffit « mais l’examen est toujours le même, et le jury tout aussi exigent ! », rassure la DGCS. Car nombreux sont ceux qui ont vu dans ces facilités un abaissement du niveau de diplôme…

Un diplôme obtenu par VAE comme un diplôme au rabais. FAUX

Le diplôme n’en est pas plus facile à obtenir ! Les candidats issus de la formation continue et de la VAE ont les mêmes épreuves, les mêmes jurys, les mêmes exigences. Le diplôme n’est pas « donné », les taux de réussite le montrent : à peine 40% pour les candidats aux DEEJE et au DEAP ; 70% pour les candidats au CAP AEPE.  Mais c’est evidement une moyenne  sur tout le territoire français. A l’issue du parcours, le diplôme a la même valeur que celui obtenu par la formation continue et ne fait pas mention de la VAE. Il n’est donc pas nécessaire de le mentionner sur son CV. Mais « il y a en effet un sentiment ambivalent autour de la VAE, à la fois une forme de fierté et souvent une crainte d’illégitimité », note Mouna Abdesselem, chef de bureau des professions sociales à la DGCS.

Mon expérience de parent, d’aidant ou de bénévole peut être valorisée dans le cadre d’une VAE. VRAI et FAUX

En tant que parent, aidant ou bénévole, vous pouvez avoir acquis des compétences que vous souhaitez valoriser dans votre parcours de VAE. Mais attention, une expérience parentale dans le cercle familial n’est pas considérée comme une expérience professionnelle pour les diplômes éducatifs et de la petite enfance. « Être parent ce n’est pas un métier. Cela donne des compétences parentales qui ne sont pas des compétences professionnelles. On attend d’un professionnel de la petite enfance d’autres choses que ce que l’on attend d’un parent », insiste Jean-Robert Jourdan. En revanche, une expérience de bénévole ou de proche aidant peut être valorisable, parce que l’on se situe dans une relation d’extériorité vis-à-vis de son rôle parental. A la fin, c’est le jury qui déterminera si les compétences ont été acquises.

La VAE coûte cher à l’employeur et au salarié. FAUX

Dans un parcours de VAE, il faut financer la préparation et son accompagnement, et l’examen en lui-même. Pour les diplômes d’EJE et d’AP, le passage de l’examen est gratuit, ce qui n’est pas le cas pour le CAP AEPE (environ 250€). Avec la réforme du système en 2022, l’accompagnement à la VAE était entièrement financé par France VAE en 2023 et 2024. Mais le système n’a pu être pérennisé, ce n’est donc plus le cas aujourd’hui. Pour financer sa VAE, le candidat peut donc mobiliser ses droits (CPF). Il peut également solliciter son employeur qui peut abonder son compte CPF si ses droits ne sont pas suffisants. Un candidat peut également faire appel à une OPCO, à la Région, à France travail au plan de développement des compétences de l’employeur… « Nombreux sont les employeurs qui soutiennent massivement la VAE parce qu’ils ont besoin de salariés qualifiés, de se conformer à certaines exigences comme le taux d’encadrement », précise Mouna Abdesselem. Le secteur de la cohésion sociale – de la petite enfance au grand âge – est, dit-on, le principal usager de la VAE.

Mon employeur doit donner son accord pour que je fasse une VAE. FAUX

Non, l’accord de l’employeur n’est pas indispensable, si le candidat fait sa VAE en dehors de son temps de travail. Il peut faire lui-même toutes les démarches, de l’inscription jusqu’au financement, via son CPF. Cependant, dans un parcours de VAE long et exigeant, le soutien de l’employeur est un atout essentiel : il permet certaines facilités, plus de temps disponible pour travailler sur son dossier, un soutien financier et dans le meilleur des cas, un accompagnement de la DRH. Jean-Robert Jourdan confirme : « un salarié réussira certainement mieux s’il est accompagné par son employeur ! »

Les assistantes maternelles peuvent faire un parcours de VAE. VRAI

Bien sûr, les assistantes maternelles ont une riche expérience à valoriser. La VAE peut leur permettre de profiter d’une passerelle intéressante vers les diplômes de CAP AEPE ou d’AP, pour elles les plus accessibles. Selon une enquête de l’Ufnafaam, une majorité de professionnelles intéressées viserait un diplôme d’Auxiliaire de Puériculture, bien que ce soit encore plus simple pour le CAP pour lequel elles n’ont qu’une unité à valider. « C’est une excellente manière de revaloriser leur image et de trouver plus de reconnaissance professionnelle, même en restant assistante maternelle », assure Sandra Onyszko, porte-parole de l’Ufnafaam. Mais si la VAE leur est accessible sur le papier, elle est néanmoins administrativement très compliquée à mettre en place, surtout pour des assistantes maternelles en exercice. « Pour certains diplômes, on leur demande expérience en milieu collectif qui nécessite un stage. Un stage non rémunéré difficile à faire pour une assistante maternelle qui travaille. Et soulève la question épineuse de « qui fait la convention de stage »… », note Sandra Onyszko. La plupart des candidates profitent donc d’une période d’arrêt complet pour se lancer.

A 52 ans, il est trop tard pour me lancer dans une VAE. FAUX

Il n’y a aucune limite de principe sur la VAE. C’est une possibilité ouverte à chacun de construire son parcours professionnel à tout âge, dès 16 ans. Il faut cependant réunir les conditions de réussite et s’assurer que l’on pense disposer de l’ensemble des compétences et attendus du diplôme, ou d’aller les acquérir par la formation. En fin de carrière, un candidat peut avoir une riche expérience professionnelle à valoriser…

La VAE est un processus long, il faut avoir du temps. VRAI ET FAUX

Oui, la VAE est un parcours de longue haleine, surtout lorsque l’on est encore en poste. Tous les témoignages de pros engagés dans un parcours de VAE que nous avons recueillis vont dans le même sens : durant cette période « on ne vit que pour ça. On pense VAE, on mange VAE, on dort VAE, et les vacances sont 100% VAE ».
Il faut compter en moyenne 6 à 18 mois d’accompagnement et d’écriture avant de présenter son dossier, puis au moins 3 mois avant de pouvoir soutenir devant un jury. Parfois encore plus d’attente pour le CAP AEPE. Mais à compter de l’inscription, la recevabilité du dossier est valable trois ans, alors chacun peut avancer à son rythme ! Un accompagnement personnalisé à la VAE permet d’optimiser son travail de réflexion, d’écriture et de préparation pour gagner un temps précieux.

Il n’y a pas assez de jury pour tous les candidats à la VAE. VRAI

Dans de nombreuses régions et selon les diplômes, les délais de passage à l’oral sont allongés, parfois jusqu’à plusieurs mois, faute de jury disponible. Certaines DREETS peinent à constituer des jurys car les professionnels compétents sont trop peu nombreux, peinent à se libérer et doivent souvent poser des congés pour se rendre disponibles. Être jury est un rôle essentiel, qui demande une importante charge de travail de relecture en amont des oraux. Un engagement défrayé, que les professionnels font en général par devoir et passion pour leur métier. Peu élevées, « les indemnités ont cependant été revalorisées fin 2023 et sont plus élevées dans le secteur sanitaire et social », précise Mouna Abdesselem.

Le jury de VAE cherche à piéger les candidats. FAUX

L’entretien oral a pour but de vérifier que les compétences acquises par le candidat au fil de ses expériences professionnelles correspondent bien aux compétences requises par le référentiel métier du diplôme. Le jury de VAE, constitué d’un professionnel de terrain en exercice et d’un formateur, spécialistes du métier concerné et du diplôme visé, ne fait donc pas un contrôle de connaissances à proprement parler mais cherche à approfondir la réflexion sur les éléments exposés dans le dossier de validation. Mais se doit de faire preuve d’exigence…

Laurence Yème

PUBLIÉ LE 17 octobre 2025

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Une réponse à “Vrai/Faux sur la VAE”

  1. Christine Souriau dit :

    Le diplôme obtenu par la VAE, un diplôme au rabais ? j’ai obtenu le CAP AEPE par la VAE. Je suis assistante maternelle. Je ne peux pas avoir l’agrément pour 10 ans comme j’aurais pu l’avoir avec le diplôme obtenu par l’examen. Le motif du refus : je ne peux pas présenter mes notes. Alors, dans ce cas là, je pense qu’il faudrait changer la loi pour que le diplôme obtenu par la VAE soit équivalent à celui de l’examen.

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