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Assistantes maternelles : trois organisations réclament un plan d’action « avant qu’il ne soit trop tard »

Dans une lettre commune* adressée le 2 octobre à Stéphanie Rist, l’UFNAFAAM, le S.P.A.M.A.F. et l’ANAMAAF demandent une stratégie nationale en faveur des assistantes maternelles. Face aux départs à la retraite et au recul des effectifs, les trois organisations insistent sur l’urgence de la situation.

 

« Sans une politique volontariste permettant de susciter de nouvelles vocations d’assistants maternels, il sera donc difficile non seulement de répondre aux besoins futurs des familles, mais également de maintenir l’offre d’accueil existante. » Dans leur courrier à la ministre de la Santé et des Familles, Stéphanie Rist, l’UFNAFAAM, le S.P.A.M.A.F et l’ANAMAAF alertent sur l’avenir de l’accueil individuel. Elles dénoncent l’absence d’une concertation nationale à la hauteur des difficultés de la profession et demandent aux pouvoirs publics de construire un plan d’action.  Car le temps presse. « Dans un délai qui pourrait être inférieur à trois ans, près de 110 000 assistants maternels pourraient faire valoir leurs droits à la retraite, soulignent les organisations. Cette perspective représente un risque de disparition de l’ordre de 330 000 places d’accueil, si aucun renouvellement massif des professionnels n’est engagé. »

Des départs massifs à anticiper

Par ailleurs, le recul des effectifs est criant : le courrier évoque 237 000 assistantes maternelles en activité en 2023, contre 350 000 dix ans auparavant, ainsi qu’une baisse de 60 % du nombre d’agréments délivrés entre 2019 et 2023. « Ce n’est plus un signal faible, et cela se produit dès l’entrée du métier », soulignent les signataires. Et « malgré la succession des rapports, des alertes des organisations représentatives et des parlementaires, et malgré l’ampleur des projections démographiques », les pouvoirs ne réagissent pas, estiment les trois organisations. Pour elles, le développement des crèches ne suffira pas à compenser cette diminution.

Congé de naissance : un déséquilibre dénoncé

Les signataires s’étonnent également d’une différence de traitement entre accueil collectif et individuel sur le sujet du congé supplémentaire de naissance. La CNAF a prévu une compensation exceptionnelle pour les EAJE finacés par la PSU). Or « Aucun dispositif équivalent n’a, à ce jour, été prévu pour l’accueil individuel, notamment par une adaptation du complément de libre choix du mode de garde (CMG) versé aux familles employant un assistant maternel. » Conséquence sur la continuité des contrats et des revenus : « Cette différence de traitement peut conduire certaines familles à interrompre leur contrat avec leur assistant maternel, faisant peser sur celui-ci un risque supplémentaire de perte d’emploi et de précarisation. » Les organisations rappellent qu’un premier courrier des organisations syndicales représentatives de salariés et des organisations patronales avait été adressé le 11 septembre à la ministre et au président du conseil d’administration de la CNAF. Cette alerte n’a pas reçu de réponse.

Attirer, mais aussi sécuriser

Pour les trois organisations, renouveler la profession suppose de mieux protéger celles qui l’exercent. Les impayés, les pertes de contrats et les variations de rémunération font partie des difficultés documentées par de nombreux rapports. Les organisations rappellent les deux pistes du rapport IGF-IGAS : un versement anticipé de l’indemnisation chômage lors de ruptures de contrat liées à des impayés de salaires, et un délai de carence de trois jours avant la suspension du salaire en cas d’absence de l’enfant pour maladie, avec un remboursement par la branche famille. « La question de l’attractivité ne peut être réduite à la seule question du nombre de candidats à la profession, insistent les signataires. Elle suppose également de sécuriser économiquement l’exercice du métier, de réduire les situations de précarité et de donner aux professionnels une visibilité suffisante sur leur activité ». 

Un plan d’action coordonné

Le plan demandé devrait associer les services de l’État, la CNAF, la DGCS et les acteurs concernés. Ses priorités : anticiper les départs à la retraite, renforcer l’attractivité, sécuriser les revenus et les parcours, prévenir les impayés et les ruptures de contrats, et garantir une égale considération des différents modes d’accueil. « Nous souhaitons donc vivement que ces différents éléments puissent être pris en considération avant que les effets de la diminution du nombre d’assistants maternels ne deviennent irréversibles. »

Les trois organisations demandent désormais que cette réflexion débouche rapidement sur des propositions concrètes « avant qu’il ne soit trop tard ». « L’enjeu dépasse en effet la seule situation d’une profession : il concerne directement la capacité de notre pays à répondre aux besoins des familles […] et à maintenir une offre d’accueil suffisante sur l’ensemble des territoires. » 

*La lettre est signée par Martine Orlak, présidente de l’UFNAFAAM, Henriette Amiel, secrétaire générale du S.P.A.M.A.F, et Florence Gandolphe, vice-présidente de l’ANAMAAF, par délégation de sa présidence.

Candice Satara

PUBLIÉ LE 08 octobre 2026

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