« Les crèches n’ont pas vocation à prendre le relais de l’accueil individuel » s’insurge l’Ufnafaam
L’Ufnafaam n’est pas contente et le fait savoir. À la lecture d’une interview que la nouvelle DG de la CNAF, Constance Bensussan a accordée aux Échos, l’union fédérative représentant les assistantes maternelles a vu rouge ! Et publie un communiqué intitulé : « Petite Enfance : l’accueil individuel ne peut plus être le grand oublié des politiques publiques ».
Dans le communiqué qu’elle publie ce 5 juin, l’Ufnafaam note avec regret que dans les propos recueillis par Les Echos : « la nouvelle directrice générale de la CNAF met principalement l’accent sur les crèches et sur le soutien à leur apporter […] . Il est incompréhensible que le rôle central des assistants maternels, soit une fois encore, relégué au second plan ».
L’accueil individuel sous-estimé
Elle poursuit : « cette omission est d’autant plus préoccupante que la majorité des familles qui recourent à un mode d’accueil formel confient leur enfant à un assistant maternel ? (…) Dans de nombreux territoires […] l’accueil individuel demeure la solution la plus accessible, la plus souple et souvent la seule réellement disponible. Le fragiliser, ou laisser entendre qu’il serait destiné à s’effacer au profit d’autres réponses, reviendrait à ignorer la réalité quotidienne de milliers de familles et à accentuer les fractures territoriales. »
Les crèches surestimées !
Par ailleurs dans ses propos, Constance Bensussan, un peu maladroitement, laissait entendre que pour pallier le manque d’assistantes maternelles (baisse régulière de leur nombre et départs massifs à la retraite) il fallait compter sur les crèches (pérennisation de l’existant, et créations). C’est en tout cas le message qu’elle semblait vouloir faire passer aux maires en leur demandant d’investir dans la petite enfance. Et c’est ce message qui a particulièrement choqué l’Ufnafaam : « (…) certaines déclarations publiques laissant entendre que les crèches auraient vocation à prendre le relais d’une offre individuelle fragilisée sont profondément choquantes. Elles donnent le sentiment que l’affaiblissement de l’accueil individuel serait non seulement acté, mais presque accompagné comme une évolution inéluctable. L’absence d’une stratégie de la part d’une institution telle que la CNAF suscite à cet égard de vives interrogations. »
L’Ufnafaam demande un changement de cap avec une vraie complémentarité des modes d’accueil.
Le communiqué de l’Ufnafaam se conclut par un appel solennel aux pouvoirs publics, à la CNAF et a l’ensemble des acteurs de la petite enfance à un changement de cap. « Il est indispensable, insiste-t-elle de reconnaitre pleinement l’accueil individuel comme une composante stratégique du service public de la petite enfance, de soutenir concrètement les professionnelles en exercice de renforcer l’attractivité du métier et de susciter des nouvelles vocations. Opposer les modes d’accueil ou organiser implicitement le retrait de l’un d’entre eux serait une erreur majeure. La France a besoin de complémentarité, d’équilibre territorial et d’une ambition claire […]. »
Mise au point en forme de mea-culpa de la CNAF
Suite la publication de ce communiqué, L’Ufnafaam nous a indiqué avoir reçu un appel de Constance Bensussan. Celle-ci dit être mobilisée et réfléchir à des pistes de solutions concrètes pour enrayer la baisse de la natalité et le départ des assistantes maternelles. Elle a proposé un rendez-vous à l’association.
Quelques heures plus tard, nous avons reçu cette mise au point officielle.
« La directrice générale la CNAF souhaite lever tout malentendu sur ses propos rapportés dans l’article des Echos intitulé « Baisse de la natalité : l’alerte envoyée aux maires sur les places en crèches » qui visaient à sensibiliser les nouveaux exécutifs municipaux sur l’importance de continuer à investir dans la petite enfance.
Le soutien de tous les modes d’accueil du jeune enfant est une priorité majeure de la CNAF et des CAF : il est essentiel que les parents aient le choix et la possibilité d’un mode d’accueil pour leur enfant, partout sur le territoire, afin de concilier leur vie familiale et professionnelle et pour répondre aux besoins de développement et de socialisation des enfants.
L’accueil individuel constitue un pilier essentiel de la politique de la petite enfance, en étant le premier mode d’accueil du jeune enfant. Il répond souvent à des besoins qui ne pourraient être couverts par d’autres moyens. La branche Famille est particulièrement investie dans le soutien aux assistantes maternelles et aux gardes à domicile, afin de renforcer leur reconnaissance, leur professionnalisation et leur intégration dans la stratégie nationale du Service public de la petite enfance.
Face aux difficultés du secteur (vieillissement de la population, difficultés de recrutement, contraintes de travail exigeantes…), le soutien des CAF a donné lieu à plusieurs mesures structurantes (…)
(…) Il n’y a donc aucune ambiguïté sur la volonté de poursuivre un soutien massif à ce secteur et la directrice générale de la CNAF a contacté la présidente de l’Ufnafaam pour le lui indiquer. Elle la recevra d’ici quelques semaines pour échanger sur les perspectives de soutien à venir ».
Lire ci-dessous le communiqué intégral de l’Ufnafaam
Pièce jointe :
communique-de-presse-4-juin-2026.pdf
71.76 Ko
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Catherine Lelièvre
PUBLIÉ LE 05 juin 2026
8 réponses à “« Les crèches n’ont pas vocation à prendre le relais de l’accueil individuel » s’insurge l’Ufnafaam”
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Aujourd’hui rien n’est vraiment réalisé pour faciliter les candidatures il s’agit d’un problème de qualité de vie au travail et de facilitation des candidatures et non pas de manque de vocations !
En tant qu’assistante maternelle à Boulogne-Billancourt, je suis très inquiète pour l’avenir de notre profession. De nombreuses places en crèche ont été attribuées aux familles, ce qui entraîne de plus en plus de ruptures de contrats chez les assistants maternels, parfois en cours d’année et dans des conditions difficiles à gérer. Nous avons de plus en plus de mal à accueillir de nouveaux enfants et notre activité devient extrêmement précaire. Pourtant, nous jouons un rôle essentiel dans l’accueil de la petite enfance et dans l’accompagnement des familles. Il est important que cette situation soit prise en compte avant que de nombreux professionnels ne soient contraints d’abandonner leur métier.
Bonjour, Je suis assistante maternelle depuis 15 ans sur Kervignac 56 .Actuellement je suis au chômage. La baisse de natalité n est pas tout car il y a eu 75 places de crèche de créés, plus 15 places de multi accueil de notre commune plus une dizaine de places pour une crèche privée.
C’est une catastrophe pour le métier
d assistante maternelle pour notre commune.Deplus toutes les communes avoisinantes on leurs crèche.
J ai essayé de proposer ma candidature mais malgré mes 15 d expérience avec un diplôme petite enfance et un CAP collectivité je ne suis pas sélectionné. Peut-être a cause de mes 52 ans .
Les crèches pourraient au moins embaucher les assistante qui se retrouvent au chômage.
Voilà la réalité
Bonjour,
Je travaille en creche depuis 7 ans en tant que cap petite enfance, je suis en cours de vae pour me diplomer plus car un decret demande a ce qu’il y ai plus de diplomés dans les creches. C’est peut etre pour cela que votre profil n’est pas retenu.
Quand on voit que chez nous (69) le maire vient de donner une subvention de 500 000 euros pour les structures de jeunes enfants mais qu’il n’y a jamais un mot pour ́les assistantes maternelles…aucune aide…
Pourtant avec la baisse de ́natalité, les fins de mois sont durs, France travail ne prend pas toujours le relais…
Nous sommes donc encore au 2eme plan…
Ici presque 11 000 habitants, des crèches à foisons…de la pub pour les crèches, il faut les remplir à tout prix et nous, assistantes maternelles, ça sera les contrats dès 6h du matin ou jusqu’à 20h…là où les crèches ne veut pas de ses contrats…
Bonjour,
Je pense que l’on ne peut pas comparer les deux professions car nos qualifications ne sont pas les même. De plus, les exigences des Pmi envers les creches sont beaucoup plus importante que pour les assistantes maternelles. Je pense qu’il serait bien d’harmoniser cela afin d’arreter d’opposer les 2.
Chez les assistantes maternelles comme en creche ,il y a des bon professionnels comme des mauvais. Malheureusement je ne suis pas sur que toutes les assistantes maternelles ont les bonnes motivations ( parfois etre tranquille avant la retraite d’un autre metier, par exemple) pour exercer ce metier. Ceci decrebilise le metier, c’est dommage.
Bonjour. De plus en plus d’assistantes maternelles sont diplômées : éducatrice de jeunes enfants, auxiliaire de puériculture…
On idealise l’accueil en crèche, il faut voir de plus près. Harmoniser les deux modes d’accueil, je suis d’accord.
Bonjour
Assistante Maternelle depuis 1996, soit 30 ans cette année, j’ai vue et entendu bien des choses, mais là c’est le pompon sur la Garonne.
J’ai travaillé en crèche et à mon domicile, ayant un CAP Petite enfance.
Pendant des années les crèches ont dit que le CAP d’assistante maternelle, ne valait pas un CAP de crèche.
Pourtant j’ai passé les mêmes épreuves d’examen?
Bien de mes collègues découragées, pour ne pas dire écœurées ont fini par démissionner et les jeunes arrivés pour la relève ne tiennent pas plus de deux ans, tant le cahier des charges et les responsabilités sont lourdes.
Aujourd’hui certain parents ne parviennent pas à trouver de places de garde individuelle, par manque de professionnelles et lorsque que l’on demande aux crèche de compenser ce manque, elles répondent que ce n’est pas leur vocation?
Alors quelle est leur vocation? si ce n’est pas de prendre en charge les enfants de parents sans moyen de garde?
Pour ma part, mon agrément a été renouvelé pour 5 ans, ce qui me fera 75 ans quand je terminerai.