« Assurer l’avenir de la PMI » formule cinq propositions fortes pour sauver la PMI
Les professionnels des PMI, de la santé sexuelle et les acteurs de santé réunis sur la plate-forme « Assurer l’avenir de la PMI » appellent à revitaliser la PMI dont l’état s’est vivement dégradé ces dernières années. Ils tentent de sensibiliser l’opinion et les acteurs publics par une pétition et des propositions fortes pour le secteur.
A quelques semaines de l’ouverture des Assises de la Pédiatrie et de la Santé de l’enfant, sans cesse reportées et mais attendues depuis plus d’un an, les professionnels de PMI et de santé sexuelle, mais également des acteurs de santé, parents et citoyens (dont l’ACEPP, l’ANAPSY-Pe, l’ANPDE, la FNEJE, LE SNMPMI, L’UFNAFAAM et l’UNIOPSS), réunis au sein de la plate-forme « Assurer l’avenir de la PMI », lancent un appel d’urgence à revitaliser la PMI et sauvegarder la prévention en santé de l’enfant et de la famille.
Alerter sur la dégradation continue des services de PMI
Par un communiqué publié ce 2 avril, ils espèrent alerter les pouvoirs publics, les acteurs de la santé de l’enfant et l’opinion sur « la dégradation continue des services de PMI, largement documentée dans le rapport de la députée Michèle Peyron », qui affirmait déjà en 2019 que sans un sursaut des pouvoirs publics, les PMI couraient à leur perte d’ici une décennie dans la majorité des départements… Pour les professionnels, le risque de voir disparaitre le service public au profit d’une offre exclusivement privée en santé infantile et familiale est bien là.
Une pétition et des propositions concrètes
Les organismes signataires d’« Assurer l’avenir de la PMI » ont donc lancé une pétition nationale qui a déjà récolté près de 2000 signatures. Ensemble, ils émettent des propositions concrètes pour revitaliser l’ensemble des services de PMI et de santé sexuelle, et espère les voir prises en compte par le Ministre délégué, chargé de la Santé et de la prévention, dans le cadre des prochaines Assises de la pédiatrie.
1. Des objectifs minimaux de couverture populationnelle par la PMI, pour certains déjà proposés par le rapport
(20% d’enfants bénéficiant en PMI des consultations infantiles et de visites à domicile par les puéricultrices, 90% des enfants bénéficiant d’un bilan de santé en école maternelle, 15% de femmes enceintes bénéficiant du suivi pré et post-natal, 15% des 11-25 ans bénéficiant d’une consultation annuelle de santé sexuelle, 5% d’enfants, de jeunes et de femmes enceintes bénéficiant de consultations et actions de soutien par des psychologues)
2. Des normes minimales d’effectifs suivants pour atteindre ces objectifs
(une puéricultrice pour 120 naissances, un médecin pour 350 naissances, une sage-femme pour 530 naissances, et promouvoir la place dans les services de PMI de professions précieuses pour l’offre de prévention pluriprofessionnelle, telles les psychologues, les psychomotriciens, les éducateurs de jeunes enfants, les auxiliaires de puériculture,… notamment pour soutenir les actions collectives particulièrement pertinentes en prévention ;
3. Un choc d’attractivité pour les professions en PMI
(réingénierie du diplôme de puéricultrice en valorisant financièrement leur activité et en revalorisant leur grille au-delà du Ségur de la santé ; reconnaissance du statut médical des sages-femmes en revalorisant leur grille au-delà du Ségur de la santé ; création d’un cadre statutaire commun aux médecins salariés de la fonction publique (PMI-santé sexuelle, santé scolaire, centres de santé, ministères-ARS) en alignant leur grille sur celle des praticiens hospitaliers ; création d’un cadre d’emploi pour les conseillers conjugaux dans les centres de santé sexuelle ; revalorisation des grilles salariales des autres professions des services PMI )
4. Un choc de financement pour le dispositif de PMI – santé sexuelle
(ajout à court terme de 200 M€ au financement actuel de la PMI (0,1% de la dépense nationale de santé) pour aller à moyen terme vers 500 M€ portant l’ensemble de la dépense de PMI à 1 Milliard €, en y intégrant le remboursement de l’activité des puéricultrices et des psychologues)
5. Une gouvernance partagée du dispositif de PMI – santé sexuelle
(création par voie réglementaire d’une commission nationale PMI-santé sexuelle, co-animée par la Direction Générale de la Santé et l’Assemblée des Départements de France et chargée, dans le cadre des priorités pluriannuelles de PMI prévues par le code de santé publique, de co-construire des objectifs stratégiques et opérationnels et d’animer le réseau des structures de PMI et de santé sexuelle)
Laurence Yème
PUBLIÉ LE 02 avril 2024
MIS À JOUR LE 10 juin 2024