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Canicule : la DGCS actualise ses recommandations et intègre les assistantes maternelles

Il était temps. Trois semaines après la première vague de canicule, la DGCS vient d’actualiser sa fiche de préparation et de gestion des épisodes de canicule destinée aux EAJE.  Un document de 14 pages qui intègre enfin l’accueil individuel.

On se souvient le tollé qui avait accueilli la première fiche canicule de la DGCS fin juin, car elle ne disait pas un mot sur l’accueil individuel… Cette fois, dès le titre le ton est donné : « Préparation et gestion des épisodes de canicule au sein des établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE), par les assistants maternels et les parents employeurs ». Et un peu plus loin : « Les jeunes enfants sont particulièrement vulnérables en période de chaleur intense en raison de leur capacité limitée à réguler leur température corporelle. Pour cette raison, les établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE) et les assistants maternels doivent anticiper ces épisodes et adapter les modalités d’accueils afin de garantir la sécurité des enfants accueillis. ». Il est donc clair et acté que cette fiche actualisée s’adresse aux EAJE et aux assistantes maternelles où qu’elles exercent à domicile et en MAM.

Avant la période de forte chaleur

Anticiper… avec les parents employeurs

La DGCS insiste sur la préparation en amont. Ainsi, « les assistants maternels sont invités à adapter les lieux d’accueil des enfants, préparer l’adaptation des modalités d’accueil en associant les parents employeurs et à s’assurer de leur maîtrise des conduites à tenir. » La préparation passe aussi par une bonne connaissance des risques. La DGCS recommande aux assistants maternels de savoir identifier les signes d’une déshydratation ou d’un coup de chaleur, de connaître les gestes à adopter et de s’appuyer sur les ressources d’information du ministère de la Santé.

À l’approche d’un épisode de fortes chaleurs, la DGCS recommande aux assistants maternels de vérifier qu’ils disposent d’eau potable en quantité suffisante et de s’assurer du bon fonctionnement des équipements permettant de maintenir une température supportable dans le logement, qu’il s’agisse des volets, des dispositifs de ventilation ou de la climatisation. Le document rappelle également le rôle de la PMI et des relais petite enfance (RPE) dans la diffusion des messages de prévention et des bonnes pratiques auprès des professionnels.

Et pour les MAM ?

Pour les maisons d’assistants maternels, la DGCS recommande de s’appuyer sur le guide ministériel Créer une maison d’assistants maternels (février 2026)  (alors même que le guide est muet sur ce point) afin d’adapter les locaux aux épisodes de fortes chaleurs. Elle considère également que les recommandations prévues pour les crèches sont, dans la plupart des cas, transposables aux MAM. Le document détaille toutes les aides financières de la CAF destinées aux MAM, pouvant ainsi permettre d’adapter le lieu d’accueil.

Pendant la période de fortes chaleurs

Point intéressant : les RPE peuvent devenir des lieux de repli. La fiche indique : « Pour les assistants maternels, des lieux d’accueil adaptés et rafraichis extérieurs à leur domicile peuvent être mobilisés. Le relais petite enfance (RPE) accueille, si ses locaux sont rafraichis, les assistants maternels résidant à proximité et les enfants qu’ils accueillent. Il recense aussi les lieux rafraichis présents sur le territoire (bibliothèque, salle communale, local d’un lieu d’accueil enfant parent, etc.) et en informe les assistants maternels. »

À quel moment ne plus accueillir ?

Comme pour les EAJE, la fiche introduit désormais une véritable aide à la décision pour l’accueil individuel. La DGCS rappelle que l’assistant maternel et le parent employeur évaluent « l’opportunité d’adapter, réduire ou suspendre temporairement l’accueil des enfants lorsque les mesures d’adaptation (…) ne permettent pas de limiter suffisamment l’exposition des jeunes enfants à la chaleur. »

Pour apprécier la situation, le document distingue des critères structurels et des critères conjoncturels. Parmi les premiers figurent notamment la disponibilité de pièces rafraîchies et de lieux ombragés, la présence de moyens de climatisation ou de ventilation, la possibilité d’hydrater et de rafraîchir régulièrement les enfants, l’accès sans restriction à l’eau potable, les moyens de contrôler la température des pièces de vie ou encore la sensibilisation des professionnels aux risques liés aux fortes chaleurs. Les critères conjoncturels prennent, eux, en compte la présence de vent, le nombre de jours consécutifs de vigilance rouge ou encore la possibilité de mettre en œuvre des actions permettant de diminuer la température des bâtiments et des espaces extérieurs.

Ces critères d’appréciation sont définis en concertation avec les services de PMI. En conséquence, « Lorsque l’assistant maternel et le parent employeur constatent que les conditions d’accueil au domicile ou dans les locaux de la MAM présentent un risque pour la santé ou la sécurité de l’enfant en dépit des adaptations prévues ou mises en œuvre, l’enfant n’est pas accueilli pour préserver sa sécurité. »

Quid de la rémunération ?  La DGCS précise simplement que « les dispositions de la convention collective de la branche du secteur des particuliers employeurs et de l’emploi à domicile du 15 mars 2021 s’agissant de la rémunération en cas d’absence de l’enfant s’appliquent » (article 105). Une formulation qui renvoie à la convention collective sans apporter plus de précisions sur les conséquences concrètes de la suspension de l’accueil en raison de la canicule. Un point qui mériterait une clarification.

Enfin, une fois l’épisode de fortes chaleurs terminé, la DGCS encourage les assistants maternels à partager un retour d’expérience avec les parents employeurs afin d’identifier les difficultés rencontrées et d’anticiper l’organisation d’un futur épisode caniculaire. Les RPE sont aussi invités à favoriser le partage d’expériences entre professionnelles.

À retenir : les 5 à 7 °C ne sont pas une limite obligatoire

Ce point avait suscité de nombreuses interrogations lors de la récente vague de chaleur. La DGCS le clarifie noir sur blanc : l’écart de 5 à 7 °C entre la température intérieure et extérieure est « une recommandation et non une obligation réglementaire ». Elle précise même qu’en cas d’épisode de chaleur intense, « les établissements qui disposent des équipements nécessaires abaissent davantage la température des espaces de vie et dépassent l’écart recommandé afin de préserver la santé, la sécurité et le bien-être des enfants ». 

Consulter la fiche ci-dessous.

Candice Satara

PUBLIÉ LE 10 juillet 2026

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