Canicule : quelles mesures pour la petite enfance ?
Alors que la France est en alerte canicule et que de nombreuses écoles ferment leurs portes, les professionnels de la petite enfance et les tout-petits accueillis, pourtant particulièrement exposés, semblent comme oubliés des recommandations officielles.
Cet été, la chaleur bat des records. Et ce 30 juin 2025, 84 départements français sont placés en vigilance orange canicule, rendant l’accueil de plus fragiles et les conditions de travail des professionnels particulièrement délicates. Comme l’a rappelé le Ministère de la Santé, les enfants de moins de cinq ans sont particulièrement vulnérables aux fortes chaleurs, qui peuvent avoir des conséquences graves sur leur organisme, du coup de chaleur à la déshydratation sévère.
Des lieux d’accueil pas toujours adaptés aux fortes chaleurs
Alors que cette semaine, près de 200 écoles seront partiellement ou totalement fermées (au cas par cas selon les territoires) suite aux recommandations du ministère de l’Éducation, quid des lieux d’accueil de la petite enfance ? Dans un post LinkedIn, Élisabeth Laithier, présidente du Comité de filière a montré sa préoccupation pour les professionnels de la petite enfance qui travaillent dans des établissements ou à domicile « pas toujours adaptés » à la chaleur, auprès d’un « public accueilli bien plus fragile que celui accueilli dans les écoles, même si bien sûr tous les enfants sont fragiles et à prendre en considération. Un nourrisson avec les risques de déshydratation liés à son très jeune âge demande une surveillance accrue et parfois des mesures spécifiques. » Elle rappelle les consignes d’usage pour gérer la chaleur à la crèche, et déplore que le secteur de la petite enfance soit le grand oublié…
A la DGCS, on estime que « les consignes sont déjà connues et il n’y a pas d’évolution par rapport aux années précédentes ».
Une règlementation très générale
Alors paradoxalement, dans un communiqué, c’est le SNPPE qui fait le point sur la règlementation en vigueur et indique qu’à ce jour, « aucune température maximale précise au-delà de laquelle il serait interdit de travailler n’est inscrite dans le Code du travail ».
Certes le décret n°2025-482 du 27 mai 2025, entré en vigueur le 1er juillet 2025, impose de nouvelles obligations à tous les employeurs, y compris dans les lieux d’accueil de la petite enfance, à savoir :
- Évaluer le risque d’exposition à la chaleur et le formaliser dans le DUERP,
- Mettre en place des mesures de prévention adaptées (aménagement des horaires de travail, suspension des taches pénibles aux heures chaudes, réduire l’exposition au soleil, accroitre la fréquence des pauses, mettre à disposition de l’eau fraiche et potable, informer et former les salariés sur les bons réflexes à adopter…)
- Maintenir une température adaptée dans les locaux.
- Adapter les postes des travailleurs vulnérables
- Définir une procédure claire pour signaler tout malaise, indice physiologique préoccupant ou coup de chaleur et organiser une réponse rapide.
Mais « aucun seuil spécifique n’est défini pour les tout-petits ou les professionnels de la petite enfance, pourtant particulièrement exposés (…) aucune consigne claire n’est donnée aux collectivités ou aux associations gestionnaires » regrette à juste titre le syndicat qui déplore que les conditions soient parfois intenables dans certaines structures. Des températures qui montent parfois jusqu’à 37° dans les locaux, des systèmes de ventilation bricolés, pas de climatisation, des salariés épuisés, découragés, pris a parti par les parents… Et « aucune procédure nationale de fermeture temporaire n’est prévue, même en cas de vigilance rouge Météo France » s’insurge le SNPPE, alors que 16 départements viennent de passer en alerte rouge pour ce mardi 1er juillet.
Des consignes claires et des investissements massifs
Le SNPPE encourage donc les équipes à se mobiliser pour faire inscrire les risques et les mesures dans le DUERP et pour exiger des conditions de travail adaptées. Dans son dernier communiqué, il réclame :
1. L’instauration d’un seuil d’alerte clair
2. Une consigne nationale de fermeture partielle ou totale des structures si les températures
ne peuvent pas être maîtrisées,
3. Des investissements massifs dans la rénovation thermique des crèches publiques et privées,
4. La protection syndicale et juridique des professionnel·les exerçant leur droit de retrait en
cas de chaleur insupportable.
Lire le communiqué
Pour en savoir plus
Un numéro vert (appel gratuit depuis un poste fixe en France) le 0 800 06 66 66, a été mis en place, du 1er juin au 15 septembre de 9h à 19h, par la Direction générale de la santé. Il permet de répondre aux interrogations individuelles sur le risque canicule, y compris en milieu professionnel.
Le Ministère de la Santé rappelle les gestes à adopter par tous en cas de canicule et fortes chaleurs.
Laurence Yème
PUBLIÉ LE 30 juin 2025
MIS À JOUR LE 01 juillet 2025