Crèches familiales : une lettre symbolique pour tirer la sonnette d’alarme
À l’approche des fêtes, le Collectif National d’Assistants Maternels en Crèche Familiale (CNAMCF) a choisi une voie originale pour interpeller l’opinion publique et les décideurs : une lettre adressée au Père Noël. Un texte poignant qui témoigne de l’urgence de la situation.
On ne le redira jamais assez : les crèches familiales sont en danger. Cette année encore, 10 % des places ont disparu et 10 % des structures ont fermé, laissant le pays avec seulement 430 crèches familiales. Le CNAMCF tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme avec une lettre adressée au Père Noël.
Le recul des crèches familiales est d’autant plus difficile à comprendre que celles-ci ne figurent pas parmi les modes d’accueil les plus coûteux, alerte le collectif. « Et le plus incroyable, Père Noël ? (…) Avec 15 682 € par place, elles se situent nettement en dessous de la moyenne des EAJE, qui atteint 19 453 €. Elles coûtent moins… mais ce sont pourtant elles qu’on laisse mourir.» Et rappelons-le l’IGAS a encouragé fortement ce modèle dans son rapport sur l’accueil individuel.
Un investissement pour l’avenir
Le manque de soutien financier apparaît comme l’un des principaux facteurs de cette fragilisation. L’augmentation budgétaire reste insuffisante pour enrayer les fermetures et assurer la pérennité des structures. « Alors voilà, cher Père Noël, si tu as une petite place dans ta hotte, si tu peux souffler un vent de sagesse aux décideurs, si tu peux rappeler que la qualité de l’accueil des jeunes enfants n’est pas un cadeau… mais un investissement pour l’avenir…». Le collectif appelle à une prise de conscience politique.
La lettre se conclut par un vœu unique, clairement assumé : « soutenir, sauver et relancer les crèches familiales ». « Pour que les enfants puissent continuer à grandir et s’épanouir dans un cadre sécurisant, pour que les familles ne soient pas laissées seules face aux difficultés, pour que les professionnelles puissent exercer leur métier avec reconnaissance et fierté, et pour que ce modèle d’accueil unique, humain et chaleureux ne disparaisse pas.»
Candice Satara
PUBLIÉ LE 12 décembre 2025