S’abonner

Crèches : La Maison Bleue répond au rapport de l’IGAS

Par deux communiqués, publiés ces 16 et 17 juin, le groupe La Maison Bleue répond point par point au rapport de l’IGAS enfin rendu public. S’il prend acte de la procédure judiciaire engagée, il conteste cependant certaines allégations qu’il tient à clarifier, et rappelle l’engagement de La Maison Bleue dans « un plan d’amélioration et de transformation ambitieux ».

Attendu de pied ferme par tout le secteur, l’IGAS vient de publier son rapport sur le contrôle du groupe de crèches privées La Maison Bleue, après neuf mois de travail, dans le cadre de sa mission d’inspection des acteurs du secteur de la petite enfance. Il pointe sévèrement la mauvaise gestion du groupe, de nombreuses entorses à la règlementation et formule des recommandations à l’attention de La Maison Bleue mais également des administrations. 

Des allégations fausses ou incomplètes 

Par deux communiqués, La Maison Bleue reconnait « le travail approfondi réalisé par les équipes de l’IGAS » et affirme « avoir pleinement collaboré avec les équipes de l’IGAS fournissant l’ensemble des informations et documents requis afin de faciliter une évaluation transparente et exhaustive des pratiques du groupe et un état des lieux le plus complet possible ».

Le groupe récuse cependant « certaines allégations du rapport fausses ou incomplètes » et regrette « que certaines des réponses apportées à l’IGAS n’aient pas été comprises ou prises en compte suffisamment, générant des raccourcis ou des informations incomplètes pouvant porter préjudice au groupe ». Dans son dernier communiqué, il précise : aucun “loyer fictif” n’a été perçu ; aucune entité du groupe La Maison Bleue n’a touché de PSU alors qu’elle avait cessé son activité ; et il n’y a eu aucune obstruction de la part de La Maison Bleue qui a « systématiquement répondu aux sollicitations et proposé des alternatives concrètes pour faciliter le travail des inspecteurs ».

Enfin, le groupe regrette que n’ait pas été pris en compte dans le rapport final « une grande majorité des réponses détaillées adressées dans la phase de contradictoire, notamment toutes les actions mises en place au cours des années 2024 et 2025 ».  

Anomalies comptables, endettement, transparence, taux d’encadrement… 

Pour lever toute ambiguïté, La Maison Bleue tient ensuite à clarifier certains points essentiels : 

  • « La Maison Bleue récuse fermement la tentative du rapport de démontrer qu’une pression financière liée à un endettement trop important serait la cause d’une dégradation de la qualité d’accueil de ses crèches en France. » 

Le groupe estime que l’intégralité des éléments fournis n’ayant pas été prise en compte, les conclusions de la mission sont erronées. Et notamment, « qu’au moment de la souscription des emprunts, l’activité du groupe permettait de supporter la dette souscrite ». 

  • « La Maison Bleue récuse dans leur grande majorité les appréciations sur des supposées anomalies comptables relevées dans le rapport ». S’il y a pu y avoir des erreurs comptables ou un manque de suivi, le groupe assure qu’il n’y a jamais eu une intention et une volonté de masquer ou frauder. Et cite les actions mises en place pour améliorer ses process et apurer ses comptes ces dernières années.        
  • « Le groupe récuse les accusations de manque de transparence vis-à-vis de la CAF ». Il rappelle « les efforts de dialogue de bonne collaboration initiés et déployés par le groupe afin de s’assurer d’être en conformité avec les exigences de la CNAF sur la comptabilisation », rappelle la forte augmentation des contrôles et diminution des indus grâce aux nouvelles procédures mises en place. 
  • « La Maison Bleue récuse toute infraction volontaire sur les taux d’encadrement et rappelle que le manque de personnel affecte l’ensemble du secteur, privé comme public ». Le groupe affirme que les consignes les plus strictes ont été passées pour que soient respectés les taux d’encadrements, « et si des cas contraires ont pu être relevés, ils sont contraires aux procédures du Groupe ».

Des contrôles et un plan de transformation suivi par le ministère  

Le groupe La Maison Bleue « prend acte de la saisine du procureur sur la base de l’article 40  et apportera toutes les réponses nécessaires devant les autorités compétentes dans le respect du principe du contradictoire ». Claire Laot, directrice générale de La Maison Bleue, s’engage « à mettre en place immédiatement les actions correctives nécessaires » et rappelle que le groupe est déjà engagé depuis 6 mois « dans un plan de transformation ambitieux, de plus de 76 mesures, suivies directement par le cabinet de la ministre des Solidarités », en partie détaillées dans ce communiqué. Autant d’actions qui « témoignent de l’engagement de La Maison Bleue à améliorer continuellement la qualité de ses services et à assurer le bien-être des enfants accueillis », est-il précisé.

Ces deux dernières années, le groupe La Maison Bleue a été tout particulièrement contrôlé par ses organismes de tutelle (Pmi et Caf) et le rapport de l’IGAS marque un coup dur pour l’entreprise de crèches. Mais le groupe tient à rassurer : « ces contrôles, comme la grande vigilance des services de l’État et les recommandations du rapport de l’IGAS sont nécessaires et bienvenus pour redonner confiance dans le secteur de la petite enfance, et concordent avec l’engagement constant du Groupe La Maison Bleue en faveur du bien-être et de la sécurité des enfants accueillis », assure le communiqué. 

Lire les communiqués 

CP – Réaction sortie rapport IGAS 20250616

Publication du rapport IGAS – Précisions et clarifications de La Maison Bleue

Laurence Yème

PUBLIÉ LE 17 juin 2025

Ajouter aux favoris

Laisser un commentaire