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Déclin des crèches familiales : sept organisations professionnelles montent au créneau

Le signal est fort. Rarement le secteur de la petite enfance aura affiché un tel niveau d’unité. Deux jours après la publication de la lettre ouverte du Collectif national des assistants maternels en crèche familiale (CNAMCF) aux maires, sept organisations professionnelles publient un communiqué commun pour alerter sur la situation « préoccupante » des crèches familiales.

Le communiqué du 26 février 2026 est signé par : l’ANAMAAF la CASAMAAF, la CGT Fédération des Services Publics, le CNAMCF, la Fédération SUD Collectivités Territoriales, le SNPPE et l’UFNAFAAM. Les organisations alertent : les crèches familiales sont en danger et l’attractivité du métier d’assistante maternelle en crèche familiale doit être traitée en urgence. Le texte rappelle des chiffres alarmants, déjà mentionnées dans la lettre ouvert du CNAMCF : Entre 2019 et 2024, 9 080 places ont disparu, soit une baisse de 32 % (rapport ONAPE 2025)

Pour les signataires, il ne s’agit plus d’un crise conjoncturelle mais bien de « l’extinction progressive de ce mode d’accueil pourtant complémentaire et structurant pour les territoires. »

Le cœur du problème : le statut et la rémunération

L’un des points majeurs de convergence porte sur le statut des assistantes maternelles en crèche familiale. Les organisations dénoncent un statut d’« emploi particulier » juridiquement complexe et source de précarité. Elles rappellent « l’inégalité de traitement » de ces professionnelles « vis-à-vis des autres agents publics alors même qu’elles exercent une mission de service public sur des emplois permanents au sein de la fonction publique territoriale (FPT)». En 2025, le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT) adoptait un rapport préconisant notamment l’alignement de ces professionnelles sur le statut des agents contractuels territoriaux.

Autre sujet de crispation : la rémunération. Le communiqué souligne qu’avec le salaire minimum légal actuel, une assistante maternelle de crèche familiale ne perçoit pas l’équivalent du SMIC horaire pour l’accueil de trois enfants, et que l’écart avec les assistantes maternelles du particulier employeur s’est creusé (3,38 € brut contre 4,20 € brut par enfant).

Pression renforcée à l’approche des municipales

Face à l’urgence, le communiqué demande « la mise en place urgente d’un plan d’actions gouvernemental pour lever les freins à l’attractivité de la profession ». Les organisations qui ne réclament ensemble :

  • la sortie du statut d’« emploi particulier », et la reconnaissance des assistantes maternelle comme des agents de la FPT
  • une revalorisation substantielle du salaire minimum,
  • une campagne nationale et locale de valorisation du métier d’assistante maternelle
  • et une adaptation du financement (PSU) dans le cadre de la réforme du financement des modes d’accueil,

Voir le communiqué

Candice Satara

PUBLIÉ LE 26 février 2026

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