Dérives des crèches privées : L’Acepp réaffirme son opposition à la marchandisation du secteur
L’Acepp vient de publier ce samedi 21 septembre un communiqué pour réagir au livre -enquête de Victor Castanet « Les Ogres » avec un intitulé on ne peut plus clair : « Marchandisation de la petite enfance : Il est temps de mettre les ogres à la diète ! »
«Avec l’ouverture des services d’accueil de la petite enfance à la concurrence et la création du Crédit Impôt Famille Entreprise, le secteur privé lucratif a envahi le territoire et mis en place un modèle basé sur la rentabilité et le moins disant économique avec
la complicité de certaines municipalités », souligne d’emblée l’Acepp.
Défense des valeurs de solidarités et d’égalité en petite enfance
L’association ajoute : « Depuis de nombreuses années, l’Acepp ne cesse de dénoncer les dérives de cette stratégie qui tire les projets vers le bas au détriment de la qualité d’accueil des enfants. Et de leur famille. »
L’Acepp réaffirme « son opposition à la marchandisation des modes d’accueil et rappelle son attachement aux valeurs de non lucrativité, de solidarité et d’égalité, garantes de cohésion sociale et du vivre ensemble. ».
Et de défendre les spécificités de l’associatif mais aussi les professionnels du secteur : « ces professionnelles, qui sont souvent les premières à alerter sur ces dérives, doivent être reconnues et valorisées car garantes de l’avenir de nos enfants et donc de notre société. Nous ne saurions accepter que l’opprobre retombe sur nos équipes dont les familles fréquentant et animant nos établissements et services reconnaissent chaque jour leur engagement. »
Un appel aux communes pour soutenir les associations
« Enfin, nous demandons aux municipalités de reconnaître et soutenir mieux encore les associations, qui œuvrent au quotidien au plus près des habitants, au service des plus petits. Ces associations citoyennes, non dés localisables, participent au maillage territorial et tricotent ce lien social sans lequel aucune société ne peut survivre. » Rappelons que depuis plusieurs années les associations sont exsangues minées par leur précarité financière. C’était d’ailleurs le thème d’une de nos tables rondes à la Rentée de la Petite Enfance que nous organisions au ministère le 16 septembre dernier . Les communes en effet bien souvent ne subventionnent plus ou baissent le montant des subventions accordées aux associations et notamment aux structures d’accueil du jeune enfant associatives. Et par ailleurs, via les DSP, pant tendance à préférer les opérateurs privés aux prix très serrés.
Un lien évident entre maltraitance et statut juridique
Le communiqué conclut : « Il est impératif de remettre en question la place faite au privé lucratif dans notre secteur et de lever toute ambiguïté concernant les relations entre certains acteurs qui développent l’appétit des “ogres”, favorisent les maltraitances et alimentent la confusion et l’indignation ! Il est temps de mettre les “Ogres” à la diète ! »
PUBLIÉ LE 21 septembre 2024