Étude de la Drees : en 2023, les professionnelles de la santé et du social étaient fatiguées et sous pression
La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) vient de publier les résultats d’une étude nationale réalisée en 2023 sur les conditions de travail des professionnelles du social et de la santé. Sans surprise, elle confirme la forte pénibilité physique, mentale et émotionnelle de ces métiers – tout particulièrement dans le champ de la santé – et révèle la pression dont témoignent ces professionnelles.
En 2023, la DARES a réalisé une étude nationale sur le vécu du travail depuis la crise sanitaire (TraCov2). La DREES dévoile aujourd’hui l’analyse de ces données sur les conditions de travail des professionnelles du social et de la santé dont les éducatrices spécialisées, accueillantes familiales, assistantes familiales, infirmières, et auxiliaires de puériculture.
Des métiers usants physiquement et mentalement
L’étude confirme la forte pénibilité physique, mentale et émotionnelle de ces métiers du social et de la santé, avec une empreinte plus forte dans le champ de la santé. Et les statistiques ne sont pas encourageantes : près de 7 salariés sur 10 doivent rester longtemps debout entrainant une fatigue physique indéniable, 46 % des pros de santé déclarent travailler souvent ou toujours sous pression contre 22% seulement dans le champ du social. Les professionnels évoquent également une charge mentale importante dans le secteur de la santé : 65 % estiment penser souvent ou toujours à trop de choses à la fois dans leur travail contre 47% pour les professionnelles du social. L’étude évoque également la charge émotionnelle importante, également plus marquée du côté de la santé que du social.
Un manque de reconnaissance et de respect
Dans ces conditions de travail souvent épuisantes, on ne peut que regretter que seules 50% des professionnelles de santé estiment recevoir « le respect et l’estime que mérite leur travail » mais seules 15% d’entre elles envisagent de fait de quitter leur métier dans les années à venir. En revanche, dans le champ du travail social, les professionnelles sont plus nombreuses à recevoir l’estime et respect dus à leur travail (63%), et étonnamment, elles sont plus nombreuses à espérer un changement professionnel (23%), notamment pour préserver leur santé.
Laurence Yème
PUBLIÉ LE 24 juin 2025