Isabelle Santiago réélue rapporteure de la commission d’enquête sur l’ASE
Isabelle Santiago vient d’être réélue rapporteure de la commission d’enquête sur les manquements des politiques publique de protection de l’enfance. La députée se dit honorée de cette nomination et compte bien rattraper le temps perdu.
La précédente commission avait été dissoute en même temps que l’Assemblée nationale le 9 juin. Isabelle Santiago alors rapporteure avait aussitôt demandé sa reconstitution dès lors qu’une nouvelle Assemblée serait élue, afin de reprendre les travaux. Suite à l’adoption de la proposition de résolution tendant à créer une commission d’enquête sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance le 9 octobre, la députée socialiste a été renommée rapporteure ce 31 octobre.
« Je suis particulièrement honorée de la confiance renouvelée de mes collègues, qui m’ont élue ce jour rapporteure de la commission d’enquête sur les dysfonctionnements de l’ASE. Nous avons énormément de travail pour rattraper le temps perdu à cause de la dissolution, a-t-elle déclaré. Je détaillerai dans les prochains jours mes priorités pour les auditions à venir avec, en particulier, la volonté d’apporter une réponse immédiate aux difficultés rencontrées par les pouponnières. J’avais adressé une demande de plan d’urgence à Mme El Haïry en mai après avoir pu constater la détresse des nourrissons accueillis dans ces structures, cette demande reste pleinement d’actualité. »
En effet, en mai 2024, Isabelle Santiago, à l’issue d’une visite éprouvante d’une pouponnière dans le Puy-de-Dôme, avait demandé au gouvernement un plan d’urgence pour ces structures qui accueillent des enfants de moins de 3 ans. Et pour cause : « Certains établissements atteignent un taux d’occupation de 170 % au risque d’une dégradation de la santé des enfants (avec par exemple le syndrome de « l’hospitalisme » : en l’absence de figure d’attachement et en état de carence affective, l’enfant régresse mentalement) », dénonçait le CESE dans son récent avis sur l’amélioration de la protection de l’enfance. Dans une interview récente sur notre site, la députée socialiste s’alarmait également du taux d’encadrement dans ces établissements « qui est de 1 personne pour 6 enfants le jour et 1 pour 30 la nuit. C’est un scandale.», et réclamait en urgence la révision du décret sur le taux d’encadrement qui date de 1974.
Candice Satara
PUBLIÉ LE 31 octobre 2024