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Jouer dehors, faire la sieste : pas si simple en crèche !

Une étude internationale menée auprès de 187 structures d’accueil de la petite enfance montre que les conditions environnementales peuvent limiter les sorties et perturber la sieste.

Sortir quotidiennement les jeunes enfants ne tient pas seulement à l’organisation. C’est ce que montre une étude publiée cette année dans Child: Care, Health and Development. Les chercheurs ont recueilli les réponses de directeurs ou d’éducateurs référents de 187 structures réparties dans 27 pays, dont 34 % en Europe. Ils les ont interrogés sur les facteurs environnementaux qui, au cours des trois jours précédents, avaient empêché les enfants de jouer dehors ou perturbé la sieste.

46 % des crèches signalent un obstacle aux sorties

Au total, 46 % des structures ont signalé au moins un facteur environnemental ayant empêché les enfants de jouer dehors. La pluie arrive en tête (42 %), devant la chaleur (23 %) et le froid (23 %). Les réponses diffèrent selon les régions du monde, mais aussi selon le niveau de revenu des pays et le caractère urbain ou rural des structures.

En Europe, le froid, la pluie et la pollution de l’air en tête

Parmi les structures européennes ayant signalé un problème, le froid est le premier frein aux sorties (75 %), devant la pollution de l’air (46 %) et la pluie (43 %). C’est en Europe que le froid est le plus souvent cité. Les auteurs évoquent plusieurs raisons possibles. Les conditions météorologiques ne sont pas les seules en cause. Les inquiétudes liées à l’hygiène, avec des vêtements mouillés ou sales, ou encore à la sécurité peuvent aussi rendre les équipes plus réticentes à sortir par temps froid ou pluvieux.

En Afrique, la chaleur est au contraire le principal facteur cité (54 %). Les structures urbaines signalent également davantage de difficultés que celles situées en zone rurale, notamment en lien avec la chaleur.

La sieste perturbée dans 1 structure sur 5

L’environnement peut également perturber la sieste. Au total, 20 % des établissements ont signalé au moins un facteur perturbateur. Le bruit, une température trop élevée ou trop basse, la luminosité et le manque d’espace sont les principaux problèmes mentionnés. La moitié des structures de l’étude proposent un temps de repos aux enfants. Dans ces structures, la durée moyenne de sieste est de 79 minutes, avec de fortes différences : 45 minutes en moyenne en Asie du Sud-Est contre 118 minutes dans le Pacifique occidental.

En Europe, le bruit extérieur perturbe le plus la sieste

En Europe, le bruit extérieur est le principal facteur cité par les structures ayant signalé des difficultés de sommeil. Il est mentionné par la moitié d’entre elles. La circulation routière, les travaux et les activités à proximité peuvent également perturber le calme nécessaire à la sieste. Aucune des structures européennes de l’étude n’a, par contre, signalé le bruit intérieur comme source de perturbation.

Dans d’autres continents, les problèmes diffèrent. En Afrique, le bruit intérieur arrive en tête (63 %), suivi de la chaleur (50 %) et du manque d’espace. Dans le Pacifique occidental, c’est la luminosité qui est le facteur le plus souvent cité (75 %).

Des adaptations possibles selon les structures

Pour les auteurs, ces contraintes ne doivent pas empêcher les sorties ou la sieste. L’organisation peut être adaptée aux conditions propres à chaque structure. Pour la sieste, plusieurs solutions peuvent être envisagées : installer des rideaux ou des séparations pour réduire la lumière et le bruit, prévoir un espace dédié au sommeil ou adapter les horaires. Des équipements mobiles peuvent aussi réaménager facilement l’espace.

Pour les sorties, les structures peuvent choisir les moments les plus favorables de la journée, aménager des espaces couverts ou abrités et tenir compte de la qualité de l’air. Avec des épisodes de chaleur, de froid ou de fortes intempéries appelés à se multiplier, ces questions pourraient prendre une place croissante dans l’organisation quotidienne des structures d’accueil.

Et dans notre pays comment ça se passe ?

Les crèches en plein air ou semi plein-air suscitent un intérêt croissant, notamment pour les bénéfices du contact avec la nature et les possibilités pour l’enfant de bouger et d’explorer librement. Depuis le décret de 2021, les établissements d’accueil du jeune enfant peuvent proposer ce type d’accueil. Un référentiel spécifique précise les conditions d’aménagement de ces établissements. L’objectif n’est  pas de rester dehors à tout prix mais de proposer un environnement extérieur sécurisé, confortable et adapté aux besoins des enfants. Des formations existent pour se lancer dans ce type de projet.

Source : https://onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1111/cch.70284

Isabelle Hallot

PUBLIÉ LE 07 septembre 2026

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