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La première crèche municipale plein air de France à l’épreuve de la canicule

Ouverte le 15 juin dernier, la première crèche municipale de plein air de France, basée à Lyon, vient d’être confrontée à son premier défi : une canicule précoce. Sa directrice, Clémence Nayrand, raconte comment l’équipe s’adapte aux fortes chaleurs et revient sur le fonctionnement de la structure.

Très attendue, la crèche Jeanne-Barret a ouvert ses portes lundi 15 juin sur les hauteurs de Fourvière, dans le 5ᵉ arrondissement de Lyon. Il s’agit de la première crèche municipale de plein air en France. Sept mois après sa cousine associative portée par « Une souris verte », la structure a vu les choses en grand : 700 m² de terrain répartis en deux jardins, un jardin nord et un jardin sud et un préau de 55 m². Ici, on accueille au maximum 20 enfants de 15 mois à 3 ans et quatre ans les mercredis et pendant les vacances scolaires. Et les professionnels sont au nombre de huit. « Ça change la donne, souligne la directrice, Clémence Nayrand. Pour un projet expérimental comme celui-ci, nous avions besoin d’un poste supplémentaire. »

À la crèche Jeanne-Barret, toute la vie s’organise à l’extérieur. Dans les jardins, les enfants s’amusent avec les rondins de bois, le tunnel, la petite butte, le pas japonais et bien évidemment la « mud kitchen ». Des activités plus calmes, comme les puzzles ou la lecture à l’ombre des arbres, viennent ponctuer la journée.

L’épisode caniculaire : véritable baptême du feu

Mais à peine ouverte, la crèche est confrontée à son premier défi. « Commencer avec une canicule, ce n’est pas le plus pratique, sourit la directrice. Mais cela nous permet aussi de découvrir notre crèche, d’identifier les endroits les plus chauds, les plus frais, on peut se projeter plus facilement sur les autres saisons. » Il faut dire que rien n’a été laissé au hasard dans cette crèche plein air. L’ancienne maison a été entièrement rénovée. Mieux isolée, elle dispose aussi d’un toit végétalisé, pensé pour absorber une partie de la chaleur. À l’extérieur, six grands arbres amènent une ombre naturelle. À côté des pelouses, un revêtement de sol drainant a été installé sur certaines zones. « C’est un sol dur qui laisse passer l’eau pour qu’il n’y ait pas d’inondation. Et surtout, il n’est pas toxique », précise Clémence Nayrand.

Une station météo pour choisir… le meilleur arbre

Ici, la météo se consulte plusieurs fois par jour. La crèche est équipée d’une petite station météo et de capteurs répartis dans les différents espaces extérieurs. « On connaît les températures en temps réel dans chaque partie du jardin. Cela nous permet d’installer les enfants dans les endroits les plus frais. », poursuit la directrice. Et la fraîcheur se trouve sous les arbres, l’ombre naturelle est toujours plus fraîche que celle d’un préau ou d’un parasol. Le grand gagnant est un mûrier. « Très clairement, c’est ici que la température est vraiment la meilleure en ce moment ».

Au-delà de 35 °C, le protocole s’applique

Contrairement aux idées reçues, une crèche de plein air ne signifie pas que les enfants restent dehors coûte que coûte. Une zone de repli doit être prévue lorsque la météo est incompatible avec le maintien en extérieur des jeunes enfants. Le protocole validé avec la PMI est très clair. « Au-delà de 35 °C à l’ombre, nous n’avons plus le droit d’accueillir les enfants dehors. », détaille la directrice qui ajoute que la règle vaut aussi lorsque les températures descendent sous les -5 °C. Les enfants rejoignent alors un espace intérieur de 28 m², équipé de brasseurs d’air. La température relevée mercredi dans cet espace, jour le plus chaud de la semaine, était de 28,5°C. Les enfants y ont passé tous les après-midi cette semaine, ils y ont notamment fait leur sieste sur les matelas pliables habituellement installés dehors.

Mais la salle de repli ne peut accueillir que neuf enfants simultanément. Une chance, c’est exactement l’effectif actuel, la crèche venant d’ouvrir. Mais dès juillet, si plusieurs épisodes de canicule se succèdent, certaines familles pourraient être amenées à récupérer leur enfant plus tôt, relève la directrice. « Ils sont prévenus dès l’inscription. Si plusieurs journées sont concernées, nous organiserons un roulement pour que l’effort soit partagé. »

Jeux d’eau, peinture sur glaçons et gourdes individuelles

En dessous du seuil critique, les journées continuent dehors… avec quelques adaptations. Les enfants peuvent se rafraîchir grâce à des jets d’eau installés dans le jardin ou des bassines dans lesquels ils jouent notamment à l’indémodable pêche au canard. Parmi les jeux les plus appréciés, un circuit d’eau en bois permet aux enfants de remplir de petits pichets, puis de regarder l’eau s’écouler le long d’un parcours avant d’être récupérée dans une bassine. « Ils peuvent aller dans l’eau librement. Pour l’instant, cela permet de bien réguler leur température corporelle », note la directrice. Autre astuce adoptée dès l’ouverture : chaque enfant apporte sa propre gourde. « Ça marche très bien, même avec les plus petits. Très vite, ils se l’approprient, presque comme un doudou, et vont spontanément boire tout au long de la journée. » 

À Paris, la halte-garderie plein-air du Ranelagh ferme l'après-midi

La halte-garderie du Ranelagh, dans le 16e arrondissement de Paris, a fermé cette semaine ses portes à 11 heures. Cette structure 100 % plein air ne dispose d’aucun espace intérieur pour mettre les enfants à l’abri lorsque la chaleur devient trop forte. L’an dernier, après plusieurs malaises parmi les professionnels et des enfants « vidés », l’équipe a mis en place un protocole chaleur. Désormais, la fermeture intervient dès que les conditions ne permettent plus de garantir un accueil sécurisé. « À 11 heures, les enfants doivent partir parce que je n’ai plus assez de surface d’ombre pour tout le monde », explique la directrice, Amélie de Turenne. Malgré cinq professionnels pour une trentaine d’enfants, il devient impossible de s’assurer que chacun boit suffisamment, garde son chapeau ou reste à l’ombre.

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Candice Satara

PUBLIÉ LE 26 juin 2026

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