La commission parentalité remet son rapport de 40 propositions à la ministre
La commission « Pour nos enfants et nos adolescents : soutenir la parentalité » a remis officiellement à Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, son rapport « Pour une société partenaire des parents », ce jeudi 13 février.
« Modifier la perspective traditionnelle de la politique de soutien à la parentalité » et appeler les parents « à devenir partenaires de la société dans un esprit de coéducation et de codéveloppement », c’était l’ambition du rapport « Pour une société partenaire des parents », remis ce matin à Catherine Vautrin. 40 propositions qui s’articulent autour de sept valeurs : l’égalité, l’équité territoriale, la prévention, l’inclusion, la coopération, l’équilibre, la diversité. Des valeurs qui incarnent le principe d’un droit à la parentalité.
Ce rapport est le fruit d’une année de travail de la commission sur la parentalité, co-présidée par Hélène Roques, fondatrice de Notre Avenir pour tous, et Serge Hefez, psychiatre et thérapeute familial. Les recommandations sont exhaustives, certaines ne sont pas nouvelles et manquent de précisions sur les modalités concrètes, d’autres apparaissent un peu fantaisistes à l’instar du label « Ville amie des parents », d’autant qu’il existe déjà un label « Ville amie des enfants »… Dommage, que peu de propositions touchent à la période de la petite enfance, période pourtant où les parents sont les plus vulnérables. Au final il se dégage de ce rapport une vision un peu normative et encadrée de la parentalité.
Une offre socle des services garantie dans chaque territoire
Il existe aujourd’hui différents dispositifs de soutien à la parentalité. La commission propose d’aller plus loin en fixant nationalement et en déclinant à l’échelle de chaque territoire « une offre socle des services à la parentalité (…) Il ne saurait y avoir de déserts dans le soutien à la parentalité ». Dans ce cadre, elle appelle notamment à densifier les lieux d’accueil enfants-parents dans toute la France. Les Laep ne sont pas répartis de façon homogène sur le territoire. « L’offre socle permettrait aussi d’homogénéiser les âges pris en charge dans les Laep. Parfois les Laep prennent en charge les enfants de moins de six ans, mais parfois seulement de moins de cinq ou de trois ans, ce qui n’est pas sans incidence sur l’organisation de la vie parentale et le développement de l’enfant », souligne le rapport. « Il en va de même pour les crèches à vocation d’insertion professionnelle (AVIP) ».
Renforcer le numéro vert – 115 « parents en détresse »
Les experts recommandent de créer un numéro d’urgence « parents en détresse » pour recueillir et orienter les demandes des parents. Un numéro vert existe à l’heure actuelle mais n’est pas suffisamment déployé, il s’agit de le renforcer. Pour faciliter les liens avec l’Éducation nationale, la commission plaide pour l’octroi aux salariés du droit à « quatre demi-journées par an pour participer à des rencontres dans le cadre de la scolarité visant à faciliter une meilleure connaissance des attentes et des contraintes réciproques ». « Ces quatre demi-journées seraient offertes au même titre que les congés “enfants malades” ». Des jours que peu d’entreprises accordent déjà.
Environ 8% des parents vivraient un burn out parental. Le rapport propose d’intégrer le droit au répit pour les parents en épuisement parental dans l’offre socle avec une vigilance accrue pour les phases de transition professionnelle. Les familles monoparentales représentent un public cible pour le bénéfice du droit au répit. Depuis le 1er juin 2024, l’épuisement parental représente un nouveau motif d’intervention de l’aide et accompagnement à domicile (AAD).
Suite à ses travaux la commission appelle à la « création d’une Commission interministérielle permanente qui pourrait s’assurer de la mise en œuvre d’une stratégie nationale en faveur de la parentalité ». Une commission de plus !
Une commission née dans le chaos
Elle avait été lancée par Aurore Bergé, alors ministre des Solidarités et des Familles en décembre 2023, puis sabordée dès le lendemain par la démission de trois de ses membres suite à des déclarations de la ministre sur une parentalité répressive. En avril 2024, Sarah El Haïry, ministre déléguée chargée de l’Enfance, de la Jeunesse et des Familles, a annoncé sa réinstallation. La commission « Pour nos enfants et nos adolescents : soutenir la parentalité » est composée de 16 membres et 4 membres associés pour conserver un caractère pluridisciplinaire.
,
Candice Satara
PUBLIÉ LE 13 février 2025
Rapport-commission-parentalite-version-definitive.pdf