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L’Acepp s’inquiète de la disparition du service public de la petite enfance

Dans un communiqué publié le 31 mai, l’ACEPP s’inquiète de la disparition du Service public de la Petite Enfance et s’interroge sur les mesures annoncées dans le cadre du projet de loi Plein Emploi et de son article 10 sur la « stratégie nationale de l’accueil du jeune enfant ». Explications.


Mais où est passé le service public de la petite enfance ? La question, qui est sur toutes les lèvres depuis quelques jours, a été clairement formulée par l’Acepp dans un communiqué, en date du 31 mai. En cause : les mesures relatives au service public de la petite enfance, discutées depuis des mois dans le cadre du CNR Petite Enfance, seront déclinées dans le cadre du projet de loi Plein emploi et de son article 10 sur la « stratégie nationale de l’accueil du jeune enfant ». Bref, on ne parle plus de SPPE, mais de stratégie nationale et c’est bien là que le bât blesse.


« Ce premier texte “officiel”  qui inscrit une “Stratégie Nationale” nous laisse à penser qu’elle est prioritairement voire exclusivement orientée vers la conciliation vie professionnelle – vie familiale. Si nous pouvons y trouver des réponses en termes de quantité, nous ne retrouvons que peu d’éléments définissant un Service Public Petite Enfance dans le cadre des droits de l’enfant et de sa famille ainsi que ceux des professionnels, » s‘inquiète ainsi l’ACEPP dans son communiqué.


Une stratégie nationale et beaucoup trop d’inconnues

Et à l’Association des Collectifs Enfants Parents Professionnels de réaffirmer ses fondamentaux (la place première faite aux parents, l’accès à toutes les familles et en particulier les plus vulnérables, la qualité d’accueil, la Qualité et les Conditions de Vie au Travail et la formation des professionnels, la place des associations, du non lucratif et le refus de la marchandisation du secteur), mais aussi et surtout de soulever des questions importantes et à ses yeux sans réponse, pour l’heure du moins, du côté de l’Exécutif.


Ainsi, qu’en sera-t-il, dans le cadre de ce projet de loi…

  • de « L’articulation, présentée entre les différents niveaux territoriaux » et « des modalités, moyens et surtout délais pour une réponse (…) aux attentes et besoins des familles »

  • du rôle de la PMI,
  • de la politique de formation mise en œuvre par les régions,
  • de « la revalorisation et la pluriannualisation des financements devant être attribués aux EAJE » notamment pour favoriser le respect de la Charte Nationale,
  • de « l’arrêt du financement PAJE pour les lieux d’accueil collectif, » au vu des écueils qu’on lui connait (exclusion de certains familles…)
  • de « l’accès à toutes les familles dans des territoires très divers sur les plans politique et financier »
  • des missions et du statut des RPE ?


Les questions les plus urgentes restent sans réponse 

Et ce ne sont que quelques-unes des inquiétudes de l’ACEPP, qui rappelle au passage que certaines problématiques fondamentales et extrêmement urgentes restent en suspens. Questions sur lesquelles «  une mobilisation sans précédent et immédiate, » est indispensable, comme le précise le communiqué, à savoir :

  • « Les mesures indispensables pour prévenir les risques de maltraitance pointées dans le rapport IGAS « ;
  • « Les moyens nécessaires pour limiter la réduction des places d’accueil d’ores et déjà planifiée sur de nombreux territoires, faute de professionnels (accueil individuel et collectif) » ;
  • « Le financement national des modes d’accueil collectif prenant en compte la revalorisation des salaires, l’inflation, la rénovation des équipements, l’amélioration des conditions de travail, le renforcement des équipes et des projets éducatifs et pédagogiques »…


Pour l’Acepp, l’heure est donc grave. Et de rappeler en conclusion de son communiqué, « un Service Public Petite Enfance ne doit pas se résumer à une “Organisation” mais appelle un choix politique fort et affirmé ! ».

Communiqué de presse de l’Acepp, 31 mai 2023
https://lesprosdelapetiteenfance.fr/sites/default/files/2023-05-_31_mai_2023.pdf

Rédaction

PUBLIÉ LE 01 juin 2023

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