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L’alimentation des moins de trois ans à la loupe

Une étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation , de l’environnement et du travail  (ANSES) a passé au crible le régime alimentaire des enfants de moins de trois ans. Explications.

Sur le plan international, il s’agit de la première étude d’une telle ampleur focalisée sur les enfants moins de trois ans. Il s’agit d’une population très sensible qui consomme des aliments spécifiques et pour lesquels peu de données sont disponibles. Près de 670 substances ont été analysées et le risque caractérisé a été retenu pour 400 d’entre elles. Cette étude est rassurante puisque pour la plupart des substances évaluées, le risque peut être écarté.  

Des résultats rassurants mais quelques substances à surveiller 

Certains points méritent toutefois une vigilance particulière : parmi les substances ou familles de substances pour lesquelles le risque n’a pu être écarté, 16 nécessitent une réduction de l’exposition, dont 9 de manière prioritaire (métaux lourds tels qu’arsenic ou polluants organiques persistants tels que PCB, par exemple). Concernant ces substances, les chercheurs ont relevé un nombre non négligeable d’enfants présentant une exposition supérieure aux valeurs toxicologiques de référence.

En outre, 12 minéraux d’intérêt nutritionnel ont été analysés dans le cadre de l’étude. Globalement, les résultats montrent que la couverture des besoins nutritionnels est satisfaisante. Toutefois les scientifiques ont relevé des insuffisances d’apport pour le zinc, le calcium et le fer ou des excès d’apport pour le zinc et le calcium en fonction de l’âge de l’enfant. Les risques sanitaires potentiels liés à ces excès d’apports nécessitent des études complémentaires.

Limiter les niveaux d’exposition et poursuivre les recherches

Concernant les 16 substances à surveiller, notamment les 9 pour lesquelles la situation a été jugée préoccupante, L’ANSES recommande des actions visant à diminuer l’exposition de la population infantile à ces substances (politique de maîtrise des rejets environnementaux, maîtrise des procédés, fixation de seuils réglementaires ou diminution de ces seuils), et à acquérir des connaissances complémentaires permettant d’affiner les évaluations de risques.

Pour les substances pour lesquelles le risque ne peut être exclu ou n’a pas pu être évalué, l’Agence recommande d’acquérir des recherches complémentaires.

Varier les repas et poursuivre le lait maternel ou les préparations infantiles  jusqu’à un an

L’étude a également montré que la diversification alimentaire entraîne des expositions à certains contaminants supérieures à celles engendrées par la consommation de préparations infantiles, sans pour autant que celles-ci soient jugées préoccupantes. L’ANSES souligne la nécessité de suivre les recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS) et de ne commencer la diversification alimentaire qu’à partir de 6 mois. Après 6 mois, elle rappelle la recommandation générale de diversité du régime alimentaire et des sources d’approvisionnement. Les scientifiques ont par ailleurs mis en évidence la consommation de lait courant par plusieurs enfants âgés de moins d’un an. L’Agence rappelle que seuls le lait maternel ou les préparations infantiles permettent de couvrir les besoins du nourrisson. Le lait de vache n’est pas adapté aux besoins nutritionnels des enfants de moins d’un an. 


Le rapport de l »ANSES sur l’alimentation des moins de trois.

Candice Satara-Bartko

PUBLIÉ LE 28 septembre 2016

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