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Le CNAMCF demande à rencontrer la ministre Agnès Canayer

Le Collectif National des Assistants Maternels en Crèche Familiale (CNAMCF) a adressé un courrier à Agnès Canayer, afin de sensibiliser la nouvelle ministre de la Famille et de la Petite Enfance à la situation alarmante des crèches familiales, et demande à être reçu à son cabinet. 


Après un communiqué publié au mois de septembre, vantant les qualités reconnues du modèle hybride des crèches familiales et expliquant avec précision leurs difficultés, enjeux et mesures attendues par le collectif, le CNAMCF a adressé un courrier à Agnès Canayer, le 5 octobre dernier. Véronique Luypaert, co-fondatrice du CNAMCF, alerte la ministre, de la situation délicate dans laquelle se trouvent les crèches familiales, « souffrant d’un manque criant de reconnaissance et de soutien, à la fois financier et statutaire ». Car, cette année encore, les fermetures se sont poursuivies, « amplifiées par le désengagement des collectivités. Le nombre de places d’accueil a chuté de plus de 23 500 places entre 2010 et 2021 »


Des engagements dont on attend la concrétisation   

Le CNAMCF rappelle egalement les dernières mesures annoncées et engagements pris par ses prédécesseurs, aujourd’hui au point mort, afin qu’ils soient concrétisés : 

–    Les mesures annoncées dans le plan pour l’accueil individuel d’octobre 2023 par la ministre Aurore Bergé : elles incluent le soutien à la modernisation des crèches familiales et la clarification du statut des assistantes maternelles en crèche familiale, agents contractuels de la FPT.

–    Les échanges avec la DGCS : l’établissement d’une FAQ/recommandations et la mise en place d’un groupe de travail afin d’apporter des réponses sur le statut existant illisible (mode de rémunération, temps de travail, congés, articulation avec le CGFP et le code du travail) avaient été annoncés, sans suite depuis juillet 2023.

–    La mission IGAS, relative à la qualité de l’accueil individuel du jeune enfant et à l’attractivité de la profession d’assistant maternel, demandée par la ministre Sarah El Haïry : les conclusions devraient être rendues ce mois d’octobre 2024.


Un statut qui attend une amélioration et une clarification 

Car le temps presse. Sur le terrain, de nombreuses assistantes maternelles en crèche familiale se retrouvent en difficulté à cause du manque de clarté de leur statut, « du non-respect de la législation en vigueur, exclusion de droits essentiels pourtant accordés aux agents contractuels comme le CET, (de) l’accès au médecin conseil, au temps partiel de droit après la naissance d’un enfant … », précise ce courrier.  « Nous constatons également une grande hétérogénéité dans l’application des textes par les employeurs publics. Cette situation contribue aux départs volontaires d’assistantes maternelles et aux difficultés de recrutement entraînant perte de places d’accueil et fermeture de crèches », indique Véronique Luypaert. Ces assistantes maternelles attendent impatiemment une clarification, une amélioration réelle de leur statut. 


Revaloriser les salaires pour booster l’attractivité 

Le CNAMCF rappelle également qu’une revalorisation salariale serait indispensable pour renforcer l’attractivité des métiers. « Outre la précarité de leur statut et de leurs conditions de travail qui contribue largement à la pénurie de personnel, la rémunération actuelle des assistantes maternelles en crèche familiale est également un frein à l’embauche, affirme le collectif. Une revalorisation des salaires est indispensable pour renouer avec l’attractivité de la profession. A cet effet, des financements adéquats doivent également être prévus pour soutenir les employeurs publics et associatifs dans la gestion de ces structures atypiques dont les coûts de fonctionnement sont différents ».


Un interlocuteur dédié pour valoriser la singularité des crèches familiales 

Enfin, Véronique Luypaert appelle à ce que le collectif puisse enfin avoir un interlocuteur unique dédié en mesure d’apporter au collectif des réponses sur le statut actuel et de réfléchir à des améliorations, « pour qu’enfin, la situation des crèches familiales soit prise en compte et que des actions soient menées ». « Même si les CFA ne font pas partie de « l’essentiel » tel qu’il est souvent défini dans les politiques publiques de la petite enfance actuelles, elles jouent un rôle indispensable dans la diversité et la complémentarité des modes d’accueil du jeune enfant et pourraient être un mode d’exercice du métier d’assistante maternelle plus sécurisant », défend le collectif, qui demande à être reçu dès que possible par la ministre afin d’aborder ces sujets de vive voix. 


Télécharger le courrier ci-dessous 

 

Lettre du CNAMCF à Agnès Canayer
https://lesprosdelapetiteenfance.fr/sites/default/files/lettre_mme_la_ministre_agnes_canayer_2024.pdf

L.Y

PUBLIÉ LE 14 octobre 2024

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