Le Québec se mobilise pour limiter les écrans avant 5 ans
L’utilisation des écrans par les jeunes enfants préoccupe les pouvoirs publics en France, mais aussi à l’étranger. Au Québec, une commission parlementaire vient de rendre ses conclusions. Quelles sont les recommandations clés pour les moins de 5 ans ?
Suite à la publication d’un rapport alarmant sur les écrans de l’Observatoire des tout petits en octobre 2024, une commission spéciale de l’Assemblée nationale du Québec s’est penchée sur leurs impacts chez les enfants. Fruit d’un travail de plusieurs mois, mené avec des experts, des familles et des professionnels de terrain, le rapport propose 56 recommandations, dont certaines concernent les enfants de moins de 5 ans. La commission appelle à reconnaître l’exposition aux écrans comme un véritable enjeu de santé publique, au même titre que la nutrition ou le sommeil. Elle propose de confier à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) l’élaboration de balises d’usage précises, adaptées à chaque tranche d’âge (recommandation n°7). Ces repères serviront de guide aux parents, aux professionnels de la santé et aux milieux éducatifs.
Mesurer les effets des écrans
La commission insiste sur l’importance de mieux mesurer les usages et les effets des écrans (recommandation n°5). Elle appelle à mettre en place une veille continue sur l’exposition des tout-petits, des jeunes du primaire, des adolescents et des jeunes adultes. L’objectif est double : ajuster les politiques publiques au fil des connaissances, et évaluer les initiatives locales ou nationales destinées à encadrer l’usage des écrans dès le plus jeune âge. Elle recommande de prévoir un volet traitant des impacts des écrans sur les tout-petits dans les programmes existants tels que : « Agir tôt » et les Services intégrés en périnatalité et pour la petite enfance (recommandation 12.)
Sensibiliser les parents et les proches
Une campagne nationale de sensibilisation est également préconisée (recommandation n°8). Elle viserait non seulement les parents, mais aussi les grands-parents, les éducateurs et les professionnels de santé. Le message ? Les écrans ne sont pas anodins, surtout chez les jeunes enfants. Il faut en limiter l’usage, éviter l’exposition passive, et privilégier les moments de jeu, de lecture ou d’interactions. Une attention particulière doit être portée aux familles vivant en contexte de vulnérabilité, où les écrans sont parfois utilisés pour « occuper » les enfants, faute de ressources ou d’accompagnement.
Par ailleurs, la Commission recommande d’intégrer des informations sur l’usage des écrans, adaptées à l’âge des enfants, dans les principales ressources à destination des parents, comme le guide Mieux vivre, les outils des organismes communautaires Famille et ceux des Services intégrés en périnatalité et pour la petite enfance (SIPPE). Elle propose également de diffuser ces contenus auprès des intervenants de tous les milieux fréquentés par les familles, à l’aide d’infographies simples et faciles à comprendre. Ces supports pourraient être remis aux parents via divers canaux : les cours prénataux, les lieux d’accueil ou encore les écoles, afin de les accompagner dans l’adoption de bonnes habitudes.
Des règles plus claires dans les lieux d’accueil
Alors qu’en France un arrêté interdira bientôt les écrans dans les lieux d’accueil, la réglementation actuelle est déjà stricte au Québec : pas d’écran avant 2 ans et maximum 30 minutes par jour au-delà, à des fins éducatives seulement. La commission recommande de faire respecter les règles en place.
Candice Satara
PUBLIÉ LE 25 juin 2025