Le SNPPE dénonce la politique salariale « injuste » des Petits Chaperons Rouges
Dans un communiqué publié ce 6 juillet 2026, le SNPPE dénonce le projet d’accord des négociations annuelles obligatoires proposé chez Les Petits Chaperons Rouges. Et apporte son soutien à la mobilisation intersyndicale du 9 juillet prochain dans les crèches privées et entreprises de services à la personne.
Selon le SNPPE, la direction de LPCR ne prévoirait cette année aucune augmentation générale des salaires, alors que « les conditions de travail se dégradent et que les équipes tiennent les structures à bout de bras ». L’accord proposé dans le cadre des négociations annuelles obligatoires n’envisagerait que des augmentations individuelles plafonnées à 4% pour une part des salariés, soumises à des conditions restrictives : ancienneté minimale, évaluation professionnelle, validation hiérarchique et l’exclusion des salariées au SMIC. Et des mesures annexes concernant la mutuelle, le budget convivialité, une plateforme parentalité, un audit des conditions de travail ou encore ouverture de discussions autour du CDI intermittent.
Une politique salariale injuste pour les professionnels de terrain
Pour le syndicat, c’est « une stratégie salariale injuste » dans un secteur d’activité déjà marqué par les bas salaires. Un système qui favorise les catégories cadres et « les salariés les plus proches des circuits hiérarchiques » au détriment des professionnels de terrain qui sont pourtant au cœur de l’accueil du jeune enfant. « Exclure les salariés au SMIC d’un dispositif de revalorisation revient à laisser de côté celles et ceux qui ont le plus besoin d’une hausse effective de rémunération », assure le communiqué. Le syndicat appelle à une augmentation générale, collective, lisible, applicable à tous les professionnels du groupe.
Un appel à rejoindre la mobilisation intersyndicale du 9 juillet
Le syndicat appelle donc les salariés des entreprises de services à la personne et des crèches privées à rejoindre la journée de mobilisation intersyndicale du 9 juillet prochain à Paris, à l’appel des fédérations CFTC Santé-Sociaux, FGTA-FO et CGT Commerce et Services. Ils revendiquent l’ouverture de négociations en vue de revalorisation salariales, la reconstruction d’une grille conventionnelle de salaires plus avantageuse, la revalorisation des indemnités kilométriques. Mais également l’amélioration des conditions de travail, des effectifs suffisants et « des moyens pour assurer un accueil et un accompagnement de qualité dans els services a la personne et les crèches privées ».
LPCR dément fermement ces accusations
Suite à ce communiqué, LPCR a souhaité faire une mise au point que nous publions :
« Dans le cadre des Négociations Annuelles Obligatoires (NAO), un accord majoritaire a été signé par les organisations syndicales représentatives de LPCR. Cet accord traduit un choix partagé : privilégier des mesures ciblées et significatives au bénéfice des professionnels de crèche, et renforcer collectivement la protection sociale de l’ensemble des salariés.
Cet accord majoritaire vise à reconnaître l’engagement quotidien des équipes auprès des enfants et des familles, à valoriser l’ancienneté et l’expérience professionnelle, mais également à corriger les effets des revalorisations successives du SMIC qui ont progressivement réduit les écarts de rémunération entre les salariés les plus expérimentés ou les plus qualifiés et les personnels nouvellement recrutés avec un diplôme d’entrée dans la profession.
Au-delà des mesures salariales, l’accord comporte des avancées concrètes pour l’ensemble des salariés : l’amélioration des garanties de mutuelle, plusieurs mesures destinées à améliorer les conditions de travail des équipes ainsi qu’une plateforme de services destinée à accompagner les salariés dans leur parentalité et à faciliter leur quotidien.
Ce choix s’inscrit dans une démarche de responsabilité et d’équilibre. En 2025, LPCR avait accordé, contrairement à beaucoup d’acteurs du secteur, une augmentation collective de 1,6 %, dans un contexte où l’inflation annuelle s’est finalement établie à 0,9 %. Dans le même temps, les financements publics qui soutiennent l’activité des crèches n’ont progressé que de 0,63 %, très en deçà de l’évolution des charges supportées par le secteur.
L’accord majoritaire signé par les organisations syndicales représentatives reflète ainsi une volonté commune de consacrer les moyens disponibles aux professionnels qui en ont le plus besoin, tout en poursuivant les efforts du Groupe en faveur de la santé, du pouvoir d’achat et des conditions de travail de ses équipes. »
Laurence Yème
PUBLIÉ LE 07 juillet 2026
MIS À JOUR LE 09 juillet 2026