Mauvais départ pour la commission sur la parentalité d’Aurore Bergé
C’est aujourd’hui lundi que se réunit pour la première fois la commission dite scientifique sur la parentalité, souhaitée par la ministre des Solidarités et des Familles, Aurore Bergé. En parallèle, la ministre commence ce même jour son tour de France de la parentalité.
Une commission de « scientifiques »
Présidée par le pédopsychiatre Serge Hefez et Hélène Roques, auteure et directrice de l’entreprise Notre Avenir à Tous, la commission parentalité aura 6 mois pour « faire des propositions concrètes pour relever les défis de la parentalité d’aujourd’hui », a indiqué Aurore Bergé à La Tribune Dimanche. « Des démographes, des magistrats, des pédopsychiatres, des philosophes », a-t-elle précisé, en feront partie. Pour l’heure, la « liste n’est pas encore arrêtée », selon les termes du cabinet. Des noms ont toutefois déjà fuité : Pierre Suesser (SNMPMI), Patrick Ben Soussan (pédopsychiatre), Sylviane Giampino (psychologue, psychanalyste, Présidente du Conseil de l’enfance et de l’adolescence, vice-présidente du Haut Conseil), mais aussi « la chercheuse Irène Théry, le pédopsychiatre David Cohen et la juge Alice Grunenwald », peut-on lire dans La Tribune Dimanche. Parmi les thèmes que devrait aborder la commission : l’accompagnement « des parents dépassés », « le soutien à la monoparentalité » ou encore « le rapport aux écrans et aux réseaux sociaux »…
Déjà des démissions
Sans attendre les conclusions et propositions de la commission, la ministre a d’ores et déjà annoncé la mise en place d’amendes et de travaux d’intérêt général notamment pour les parents défaillants. « On va aller dans le sens du soutien » des « familles en difficulté plutôt que dans le sens de surveiller et punir », a pour sa part expliqué Serge Hefez, hier sur franceinfo. Comme une impression que l’expert et la ministre ne sont pas tout à fait sur la même longueur d’ondes… C’est le cas aussi de certains membres qui, lors de la réunion de ce jour, ont fait savoir qu’ils se retiraient. « Agnès Martial, Claude Martin (ndlr : Claude Martin a été l’un des artisans de la Charte nationale de soutien à la parentalité, prévue par la réforme des services aux familles) et moi sommes arrivés avec un texte expliquant les raisons de notre démission. Nous avons regretté que les travaux à venir soient placés sous l’égide de méthodes répressives », a ainsi indiqué au Monde la sociologue Irène Théry. Bref, cela commence mal. Et on n’est pas à l’abri d’un nouveau rebondissement. Il se dit que l’ensemble de la commission pourrait s’exprimer sur le sujet.
Par ailleurs, Aurore Bergé se rendra en fin de journée à Trélazé (Maine-et-Loire), où elle débutera donc son tour de France de la parentalité, pour rencontrer et échanger lors d’un « Grand débat » avec des parents, des adolescents, des élus et des professionnels.
CF
PUBLIÉ LE 11 décembre 2023
MIS À JOUR LE 10 juin 2024