Municipales 2026 : un collectif plaide pour une délégation aux droits des enfants dans chaque mairie
À l’approche des élections municipales de mars 2026, une initiative transpartisane portée par des élus, des associations et des professionnels de l’enfance appelle à la création d’une délégation aux droits des enfants dans chaque mairie.
En France, près de 14 millions d’enfants vivent dans les communes. Logement, qualité de l’air, espaces publics, modes d’accueil, écoles, transports, santé : les décisions prises au niveau municipal ont un impact direct sur leur quotidien. Pourtant, les enfants restent trop souvent invisibles dans l’organisation politique locale. Leurs droits sont généralement intégrés à des délégations plus larges – éducation, jeunesse, famille, solidarités – sans qu’un élu ne soit clairement identifié comme responsable de leur prise en compte globale. Une dispersion qui complique la cohérence des politiques publiques et la lisibilité pour les professionnels et les familles.
« Ce que nous demandons, c’est qu’un seul élu porte explicitement la voix des enfants, afin qu’ils soient reconnus comme des citoyens d’aujourd’hui, et non uniquement comme des citoyens de demain, et qu’ils soient pleinement considérés comme des sujets de droit. », souligne dans un communiqué Francesca Pasquini, initiatrice de la proposition, ancienne députée, conseillère municipale et membre de la délégation aux droits des enfants.
« La création d’une délégation aux droits des enfants ne constitue pas une charge administrative supplémentaire. Elle vise avant tout à clarifier une responsabilité politique et à renforcer l’effectivité des droits de l’enfant à l’échelle locale », précise le document. « Sa mission : garantir que, dans toutes les politiques locales, les décisions soient relues à la lumière de la Convention internationale des droits de l’enfant. »
Un levier concret pour les politiques locales
Concrètement, cette délégation pourrait permettre de rompre les inégalités dès la naissance en considérant chaque enfant comme un administré à part entière, « à travers des diagnostics locaux, un suivi des situations de grande précarité et une meilleure articulation avec les politiques de logement. » Elle pourrait également contribuer à faire reculer les violences en coordonnant davantage la prévention, notamment par la formation des professionnels au repérage, la transparence des recrutements et la mise en place de protocoles clairs en cas de signalement.
Cette délégation offrirait aussi un cadre pour donner plus de poids à la parole des enfants, en renforçant les conseils municipaux d’enfants et de jeunes, « comme de véritables espaces de propositions concrètes. » Elle permettrait de placer la santé globale au cœur des politiques communales, en reliant « les enjeux d’éducation dehors, de rénovation des bâtiments scolaires, de qualité des repas et d’accès aux soins. » Enfin, la délégation permettrait de penser les villes à hauteur d’enfant, en sécurisant les abords des écoles, en développant les mobilités douces et en redonnant une place au jeu dans l’espace public.
À l’approche des municipales de 2026, le collectif encourage les citoyens à interpeller les candidates et candidats pour qu’ils prennent l’engagement de créer une délégation aux droits des enfants s’ils sont élus. Chaque citoyen peut signer ici la pétition (à date 374).
Candice Satara
PUBLIÉ LE 28 janvier 2026