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Pas de bébés à la consigne : une mobilisation se prépare…
Le collectif avait annoncé, dans un communiqué publié le 10 juillet dernier, juste avant la trêve estivale donc, qu’il appellerait, dans les premières semaines de la rentrée, professionnels de la petite enfance et parents à se mobiliser. S’il reste encore quelques calages, le rendez-vous devrait probablement se tenir dans les quinze premiers jours d’octobre.
Un changement de ministre, mais une mobilisation maintenue
Pas de bébés à la consigne avait prévenu, le 10 juillet exactement, via l’envoi d’un communiqué, qu’il comptait inviter les professionnels de la petite enfance et les parents, à se rassembler dans les semaines suivant la rentrée. Et ce, même s’il avait reconnu que le gouvernement d’alors avait fait « des premiers pas » concernant la qualité d’accueil. « Des premiers pas » certes, mais insuffisants pour le collectif qui avait dénoncé des annonces « toujours pas à la hauteur de l’urgence pour rétablir la qualité d’accueil, ni des préconisations de l’IGAS et des revendications des professionnels petite enfance ». Dans son communiqué, il avait rappelé ses revendications :
- 10% d’augmentation pour tous et dans tous les secteurs (en points d’indice dans la fonction publique),
- l’arrêt du recours à des personnels sans aucune qualification, ni expérience,
- la formation en urgence de milliers de professionnels dès la rentrée,
- l’inversion du ratio 40/60 en faveur des professions diplômées,
- l’élévation progressive vers le niveau IV, a minima, de l’ensemble des formations,
- un minimum d’une séance mensuelle d’analyse de la pratique par professionnel et l’exigence d’une formation continue digne de ce nom,
- un taux d’1 adulte pour 5 enfants inscrit dans la réglementation dès à présent et effectif au plus tard en 2027.
Concernant ce dernier point, il semblerait que le collectif ait été entendu par la nouvelle ministre des Solidarités et des Familles, Aurore Bergé. Devant le Comité de filière, mardi 5 septembre, elle a en effet affirmé : « C’est dans le cadre de cette mission (ndlr : sur les référentiels de pratiques professionnelles) que seront déterminées les conditions et le rythme du renforcement du taux d’encadrement, que je souhaite amener à 1 adulte pour 5 enfants dès que possible. » Un engagement réaffirmé ce jeudi 7 septembre, dans Face à Face sur BFMTV-RMC : « Je veux que l’on passe à un taux d’encadrement de 1 pour 5. C’est ça notre objectif. (…) », a-t-elle ainsi déclaré (voir l’actu Dérives des crèches privées : la réponse d’Aurore Bergé).
Du mieux peut-être, mais Pas de bébés à la consigne veut du concret ! « Il faut que l’on se fasse entendre. On prend note du 1 pour 5, que le collectif porte depuis longtemps. Mais quand ? Et comment ? On manque énormément de professionnels », souligne Cyrille Godfroy, co-fondateur du SNPPE, syndicat membre du collectif.
Pas de bébés à la consigne attend donc des réponses. « Mercredi, nous avons relancé notre demande d’interview au ministre et le secrétariat nous a répondu qu’il revenait vers nous dès que possible », indique Emilie Philippe, représentante du Collectif. Ce que leur avait toujours refusé le prédécesseur d’Aurore Bergé. Bref, entretien ou pas, le collectif souhaite assurément frapper fort avec sa prochaine mobilisation.
Sans doute avant les vacances scolaires de la Toussaint
Pour l’heure, la date est encore la grande inconnue. On sait toutefois que l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, Solidaires, FSU) a prévu, pour sa part, de manifester le mois prochain. Dans un communiqué du 28 août, elle a en effet invité les Français à se rassembler le 13 octobre « contre l’austérité et pour l’augmentation des salaires, des pensions et l’égalité femme-homme ». Est-ce que le collectif se ralliera à cette journée de mobilisation ou pourra-t-il proposer, en amont du 13 octobre, avant les vacances de la Toussaint donc, une mobilisation spécifique « petite enfance », à l’image de celle du 6 octobre 2022 ? La réponse est aux mains des grands centrales syndicales qui devraient faire un retour à Pas de bébés à la consigne dans les jours qui viennent. A suivre donc.
Caroline Feufeu
PUBLIÉ LE 08 septembre 2023