Petite enfance : la chaleur pourrait affecter le développement du langage
Les fortes chaleurs ne constituent pas uniquement une menace à court terme pour les tout-petits. Le 6 juillet, l’Inserm a présenté un état des lieux des recherches en cours ainsi que les premiers résultats sur les effets des épisodes caniculaires sur la santé des jeunes enfants. Parmi les travaux présentés, une étude française menée auprès de plus de 12 000 couples mère-enfant suggère qu’une exposition à des températures élevées pendant la grossesse et les premiers mois de vie pourrait être associée à un développement du langage moins favorable à l’âge de 2 ans.
Les chercheurs ont étudié les données de la cohorte Elfe afin de mieux comprendre l’effet de l’exposition aux températures élevées sur le développement des jeunes enfants. Ils ont observé qu’une exposition entre la 14e et la 19e semaine de grossesse ainsi que durant les sept premiers mois de vie était associée à des compétences langagières plus faibles à 2 ans. L’effet le plus marqué concerne la période postnatale : une exposition sévère à la chaleur durant les 7 premiers mois de vie était associée à une baisse de 14,8 % du score de vocabulaire évalué à 2 ans.
Le cerveau des nourrissons sensible aux fortes chaleurs
L’étude met en évidence une période où le cerveau en développement semble particulièrement sensible aux températures élevées. À l’inverse, les chercheurs ont observé qu’une exposition à des températures nocturnes plus froides pendant une période précise de la grossesse était associée à de meilleurs scores de langage à 2 ans. Ils avancent l’hypothèse que les femmes enceintes passent alors davantage de temps dans un environnement intérieur à température stable. Cette explication devra toutefois être confirmée par d’autres travaux.
Prévenir les risques liés aux fortes chaleurs
Ces travaux rappellent l’importance de protéger les nourrissons lors des épisodes de fortes chaleurs. Les professionnels de la petite enfance peuvent relayer auprès des familles les recommandations visant à limiter l’exposition à la chaleur, à maintenir une bonne hydratation et à privilégier des environnements plus frais pendant les périodes à risque.
Source : https://link.springer.com/article/10.1186/s12940-025-01173-8
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 15 juillet 2026