PMI : consultations, visites à domicile…de grandes disparités territoriales selon le Drees
La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) vient de publier de nouvelles données nationales et départementales sur l’activité des services de PMI de 2020 à 2022, issues du volet PMI de l’enquête annuelle Aide Sociale.
Fin 2022, on dénombrait près de 4600 points de consultation dédiés aux services de PMI et à la promotion en santé sexuelle, en France métropolitaine et dans les DROM. Dans ces lieux dédiés, dont la grande majorité (plus de 90%) est gérée en régie directe, les consultations infantiles et visites à domicile infantiles représentent 59% des actions de la PMI, 29% concernent la promotion en santé sexuelle (entretiens et consultations). Près des 13% restants concernent les consultations et visites à domicile auprès des mères et futures mères.
Des consultations et visites à domicile infantiles en légère hausse
On observe qu’en 2022, les services de PMI ont proposé près d’1,1 millions de consultations infantiles et près de 551 000 visites à domicile infantiles. Des chiffres en très légère augmentation par rapport aux années précédentes (+0,7% et +1,4% par rapport à 2021), alors que le nombre de naissances au cours de l’année a diminué de 2,1%. La Drees précise que cela représente en moyenne 261 consultations infantiles pour 1000 enfants de moins de 6 ans. En revanche, les consultations maternelles et visites à domicile maternelles sont à la baisse en France, avec -1,7% et -0,8% depuis 2021.
Disparités territoriales
Il y a cependant de grandes disparités territoriales. Certains départements comme La Seine-Saint-Denis, Paris, le Val-de-Marne, le Nord, les Bouches-du-Rhône, affichent un nombre de consultations infantiles annuel bien plus élevé (jusqu’à 74 364 consultations en 2022 pour la Seine-Saint-Denis) que dans les autres départements (seulement 915 en Lozère). Idem pour les consultations maternelles, si la Seine-Saint-Denis plafonne à 16011 consultations à l’attention des mères et futures mères en 2022, il n’y en avait aucune dans l’Aube, le Gers, l’Indre, le Jura, les Vosges sur la même période… Des différences qui pourraient s’expliquer par la pénurie de professionnels dans certains territoires. La situation de la PMI reste très inquiétante, comme nous le confiait Stéphanie Chiffoleau, administratrice nationale de l’ANPDE (Association nationale des puéricultrices diplômées et des étudiantes) il y a quelques semaines. « Il y a une diminution des effectifs sur le terrain qui entraîne une baisse des consultations, soulignait-elle. Entre 2010 et 2022, le nombre de médecins a baissé de 3 8%, de psychologues de 20%. »
Laurence Yème
PUBLIÉ LE 11 mars 2025