Réforme des diplômes du travail social : pour les professionnels, la confiance est rompue
Alors qu’un apaisement semblait enfin possible dans le bras de fer opposant les organisations professionnelles du travail social au ministère sur la réforme des cinq diplômes d’Etat de niveau VI, un revirement inattendu a relancé la crise. Les organisations dénoncent un passage en force et appellent à suspendre le vote prévu le 2 juillet.
Depuis plusieurs mois, la réforme des diplômes de niveau 6 du travail social suscite une forte inquiétude parmi les organisations professionnelles et syndicales du secteur. Celles-ci dénoncent un manque de concertation, une réforme précipitée, qui met en péril leurs métiers et leurs spécificités. Dans ce contexte déjà tendu, une issue positive semblait se dégager lors d’une réunion au cabinet de la ministre Catherine Vautrin, le 24 juin, laissant entrevoir un possible report de la réforme. « Reconnaissant tous les chantiers mis à jour et nécessaires à traiter en amont de l’élaboration du texte, le cabinet a proposé que le vote sur la réingénierie soit reporté au maximum en juin 2026 pour une mise en oeuvre en septembre 2027 (…) », détaille le communiqué des dix organisations réunies en collectif coordonnées par la Fneje. Mais cet engagement a été brutalement remis en cause dès le lendemain.
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Le cabinet fait volte-face
Mais le 25 juin au matin, une réunion du Haut Conseil du Travail Social (HCTS) a été maintenue, en présence de la Commission Professionnelle Consultative (CPC), animée par la DGCS, avec des acteurs favorables à la réforme (UNAFORIS, CFDT, Croix Rouge). Contrairement aux attentes, cette réunion a pris la forme d’une « véritable tentative de légitimation précipitée des référentiels ». « Nous avons été qualifiés de malhonnêtes, d’opposants, de corporatistes et de fantasmer sur la perspective d’un travailleur social unique », dénonce le communiqué.
Opposé à la méthode, pas à la réforme
Les organisations rappellent fermement leurs positions : « Nous ne sommes pas opposés à une réforme des diplômes, mais à la méthode employée.» La réception des référentiels la veille à 20h15, sans possibilité d’analyse ni retour, constitue un « déni de démocratie professionnelle ». Si certains axes sont pertinents (éthique, numérique, développement durable), d’autres sont jugés « confus, redondants, voire déconnectés des réalités des métiers ». L’absence de détails sur les heures de formation spécifiques aux métiers empêche toute validation sereine.
Confiance brisée
Suite à cette réunion, Marine Pardessus, conseillère au cabinet de la ministre Catherine Vautrin a confirmé que l’engagement de la veille avait été abandonné. Le cabinet a déclaré que la réunion « reflétait un consensus », ce que les organisations réfutent : « Nous n’étions sans doute pas à la même réunion ! » Elles dénoncent un manque de loyauté.
Appel à un report du vote
Face à ce revirement, les organisations interpellent directement Mme la Ministre Catherine Vautrin, lui rappelant sa promesse du 17 juin dernier : « Vous avez proposé lors de la plénière du HCTS du 17 juin 2025 un report de la réingénierie et avez imposé une concertation. Vous avez désormais la responsabilité politique d’apaiser les tensions et de montrer votre engagement et votre soutien aux professionnel·les du travail social en actant cette proposition.»
Voir le communiqué du SNPPE
En pièce-jointe, celui du collectif
Candice Satara
PUBLIÉ LE 27 juin 2025
Communique-de-presse-26-06-2025-Reforme-des-diplomes-du-travail-social-de-niveau-6.pdf