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Réforme des diplômes du travail social : « sauver ce qui peut l’être » !

Le 2 juillet, la Commission paritaire consultative (CPC) a voté favorablement aux référentiels métiers qui lui étaient présentés. Néanmoins, la concertation sur d’autres points de la réforme va se poursuivre jusqu’à la rentrée de septembre.

Un vote en CPC sans surprise

Sans l’intervention expresse de la ministre Catherine Vautrin, tout le monde s’attendait à ce qui s’est passé : la CPC s’est prononcé à une large majorité en faveur des référentiels métiers faisant partie de la réforme des diplômes du travail social qui leur étaient soumis. Seules la CGT, FO ont voté contre. Et la CFTC s’est abstenue. Sinon l’administration et les représentants des employeurs quels qu’ils soient soutenus par la CFDT ont approuvé les référentiels concernant les cinq référentiels des Diplômes d’État d’Assistant de Service Social (DEASS), de Conseiller en Économie Sociale Familiale (DECESF), d’Éducateur de Jeunes Enfants (DEEJE), d’Éducateur Spécialisé (DEES) ainsi que le diplôme d’État d’Éducateur Technique Spécialisé (DEETS). D’autres, tel le Collectif regroupant les organisations de professionnels de ce secteur, les jugeaient encore imparfaits et trop généraux.

Sur la volumétrie et le bloc transférable : une marge de négociation

Pour autant comme, le soulignait quelques jours avant ce vote Alice Lapray directrice adjointe de la DGCS, la négociation se poursuit. « Sur le bloc 2 transférable ni sur la volumétrie, deux points qui posent encore problème, la concertation ne pourra se poursuivre durant l’été. Les décrets et arrêtés seront alors publiés à la rentrée, ce qui permettra d’intégrer les formations à Parcoursup dans les temps », nous avait-elle expliqué.
Julie Marty-Pichon, co-présidente de la FNEJE, à la tête du collectif des 10 organisations qui sont montées au créneau contre la réforme telle qu’elle est, un brin désabusée mais toujours combattive,  note : « nous allons tenter de sauver ce que nous pouvons encore sauver ! ». À savoir se rapprocher au maximum des 1000 heures pour le bloc spécifique à chaque métier (aujourd’hui ramené à 500h), limiter et encadrer au maximum le bloc transférable, et se battre pour que le nombre d’heures de stage soit maintenu à son niveau précédent (60 semaines et non 52 semaines proposées aujourd’hui).

Le bureau du comité de filière petite enfance a voté le vœu présenté par la Fneje, le SNPPE et l’Ufnafaam

Le vœu de soutien à la position du Collectif souhaitant que la concertation sur la réforme se prolonge, soumis au vote du bureau était le suivant :
« Refonte des diplômes de niveau 6 du travail social
Le Diplôme d’État des Éducateurs de Jeunes Enfants a été créé́ le 11 janvier 1973. Il venait alors remplacer les certifications des jardinières d’enfants. Depuis plus de 50 ans, les travailleurs sociaux spécialistes de l’accompagnement des jeunes enfants et de leurs familles ont démontré́ leur utilité́ sociale et éducative auprès des tout-petits. Depuis plus de 50 ans, ce métier a su évoluer pour répondre au mieux aux enjeux de notre société́.
Alors que depuis 2018 puis 2021, la formation est enfin stabilisée, une refonte intervient de nouveau. Cette refonte commune à l’ensemble des diplômes d’état du travail social de niveau 6 vient sérieusement remettre en question le contenu de la formation spécifique à la petite enfance du DEEJE. En effet, le contenu de la formation spécifique à la petite enfance passerait de 1000h théoriques à 500h. Dans le prolongement, le nombre de semaines de stages pratiques passerait de 60 à 52 semaines.
Alors que le secteur de la petite enfance est en pleine crise d’attractivité et que la filière petite enfance est sur le point de se créer, réduire le contenu de formation spécifique à la petite enfance et à la parentalité de moitié et se priver de 280 heures de stage seraient un mauvais signe envoyé́ à tout un secteur qui manque cruellement de reconnaissance.
Le comité́ de filière alerte le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des familles sur la possible disparition, suite à̀ l’adoption de cette refonte, des éducateurs et éducatrices de jeunes enfants, maillon essentiel des équipes en établissement d’accueil du jeune enfant.
Le comité́ de filière demande une concertation élargie aux membres de celui-ci et une reconsidération des travaux en cours. ».

Il a été adopté par 16 voix sur 23. Logiquement, la Fehap et Hexopée qui avaient signé un communiqué commun pro-réforme ont voté contre, ainsi que la CFDT ( là aussi, c’était connu et attendu), et la Fesp, l’Anamaaf et Elisfa se sont abstenus.

On le sait ce voeu, comme son nom l’indique n’est qu’un vœu et nul n’est obligé de s’y conformer : ni la ministre, ni l’administration.

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Catherine lelièvre

PUBLIÉ LE 07 juillet 2025

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