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Réforme du CMG : 55 % des familles seraient gagnantes, selon les résultats de l’enquête CNAF
Les premiers résultats de l’enquête menée par la CNAF sur la réforme du CMG ont été dévoilés ce 21 septembre, à l’occasion de la Rentrée de la petite enfance. Réalisée entre septembre et décembre 2025, cette étude porte principalement sur les effets de la réforme pour les familles. Elle fournit également, en creux, quelques enseignements sur la situation des assistantes maternelles.
La réforme du CMG produit-elle les effets attendus ? Selon les résultats de l’étude menée par la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), présentés par la Direction de la Sécurité sociale (DSS), lors du Printemps de la petite enfance, la réponse est globalement positive. L’étude repose sur les données administratives des bénéficiaires entre septembre et décembre 2025, soit l’ensemble des allocataires du CMG, 570 000 personnes. « Avant la réforme, le CMG reposait sur trois montants forfaitaires. Ce système prenait imparfaitement en compte les ressources des familles et le coût de la garde, rappelle Céline Marc, directrice du département analyse statistique et évaluation de la DSER. Désormais, le calcul repose plus finement sur deux éléments : d’une part, la capacité financière des familles, à travers leurs ressources et leur composition familiale. L’objectif était de mieux adapter l’aide afin de rapprocher le reste à charge des familles selon qu’elles recourent à une assistante maternelle ou à une crèche financée par la prestation de service unique (PSU).»
Hausse du CMG versé
Sur les quatre premiers mois observés, 810 millions d’euros de CMG ont été versés, soit une augmentation de près de 7% par rapport à l’année précédente. Dans le même temps, le nombre de bénéficiaires a diminué de 6%, notamment en raison de la baisse de la natalité et du nombre de professionnels. « Nous avons simulé ce qu’auraient été les dépenses en 2025 avec l’ancien mode de calcul, souligne Céline Marc. Dans ce scénario, elles auraient diminué d’environ 5%. Cela montre que la hausse des dépenses observée est largement liée à la réforme du CMG. »
55 % de gagnants et 45 % de perdants
D’après l’étude, 55 % des familles perçoivent un CMG supérieur à celui qu’elles auraient reçu avec l’ancien barème. Pour ces familles, la hausse atteint en moyenne 105 euros par mois. À l’inverse, 45 % perçoivent un montant inférieur à avant réforme. Pour ces familles, la perte atteindrait en moyenne 65 euros par mois. Cette proportion est légèrement supérieure aux projections initiales. L’étude d’impact évoquait environ 43 % de perdants et une diminution moyenne de 32 euros.
Les principaux bénéficiaires
Les effets de la réforme sont notamment plus favorables aux familles disposant des ressources les plus faibles et à celles qui ont des besoins d’accueil importants. Ainsi, « 71 % des familles dont les ressources sont inférieures à deux SMIC ont perçu un CMG supérieur à celui qu’elles auraient reçu avec l’ancien mode de calcul, rapporte Céline Marc. Parmi les familles qui ont recours à plus de 175 heures de garde par mois, 79 % ont perçu un CMG supérieur à celui qu’elles auraient reçu auparavant.» Les familles monoparentales figurent parmi les principales bénéficiaires de la réforme : 67 % contre 53 % des couples.
Hausse du nombre moyen d’heures d’accueil
Selon l’étude, les familles ont eu recours, en moyenne, à un peu plus de 2 % d’heures d’accueil supplémentaires par enfant. Et parallèlement, le coût horaire progresse de 3 %. « Malgré cette hausse du coût de la garde, le montant moyen du CMG augmente de 12,4 %, ajoute Céline Marc. Cela a permis de réduire, en moyenne, de 3 % le reste à charge lié à l’emploi d’une assistante maternelle.» Pour la DSS, la réforme est conforme des attentes. « Si l’on reprend un à un les objectifs assignés à la réforme, nous constatons qu’ils sont atteints, notamment dans leur dimension redistributive. Cette réforme fait bouger les lignes : cela a été souhaité et assumé dès le départ.» assure Maroussia Perehinec, sous-directrice de l’accès aux soins, des prestations familiales, des accidents du travail et des maladies professionnelles à la DSS. Il faut néanmoins rappeler que, dans tous les cas, le CMG « cotisations » continue de prendre en charge une part importante de la dépense totale.» En effet, il s’agit de la réforme du CMG emploi direct. La prise en charge des cotisations sociales, elle, reste de 100 % pour l’emploi d’une assistante maternelle et de 50 %, dans la limite d’un plafond, pour une garde à domicile.
La situation des assistantes maternelles
Peu de chiffres concernent les assistantes maternelles. Certes, le coût horaire moyen de l’accueil a augmenté de 3 %, mais il n’est pas certain que ce soit lié à la réforme. Les petits contrats d’assistantes maternelles font toujours partie des sujets d’inquiétude, tout comme les évolutions de Pajemploi. Depuis le début de l’année, pour les assistantes maternelles, un bulletin de salaire est désormais édité pour chaque enfant, même lorsque plusieurs enfants d’une même famille sont accueillis simultanément. Cette mesure entraîne ainsi des charges sociales supplémentaires pour les familles dont l’un des enfants confiés est plus âgé (voir l’alerte de l’Ufnafaam en mars dernier ). Ces différents sujets ont été évoqués au cours de la table-ronde avec nos différents interlocuteurs. Vous pourrez consulter très rapidement un compte-rendu sur les Pros de la petite enfance.
Candice Satara
PUBLIÉ LE 21 septembre 2026