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Réingénierie de la formation des puéricultrices : six organisations réclament que « la spécificité du métier soit formellement reconnue »

Sept mois après le lancement officiel de la réingénierie de la formation des infirmières-puéricultrices, le ton monte. Dans une tribune publiée le 24 septembre, six organisations de la profession dénoncent l’enlisement des travaux avec la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) et s’inquiètent des projets envisagés autour de la pratique avancée en santé de l’enfant.

En février dernier, le lancement officiel de la réingénierie de la formation des infirmières-puéricultrices avait suscité beaucoup d’espoirs. Une réforme attendue depuis des décennies par une profession dont le diplôme date de 1983. À l’époque, Émilie Chollet, présidente du CEEPAME, confiait aux Pros de la petite enfance son impatience de voir débuter les groupes de travail nationaux. Sept mois plus tard, force est de constater que c’est la colère qui a pris le dessus. Dans une tribune au vitriol, « Réingénierie de la formation des puéricultrices : pour la fin d’un dialogue de façade », six organisations représentatives de la profession* alertent sur l’enlisement de la situation.

Des groupes de travail sans « résultat tangible »

Les organisations signataires indiquent que les premiers groupes de travail engagés avec la DGOS n’ont produit « aucun résultat tangible ». Elles regrettent notamment que les situations professionnelles présentées par leurs représentants n’aient pas trouvé, selon elles, « d’écho satisfaisant », et dénoncent « des échanges contraints par un cadre : calendrier, terminologie, priorités, fixé unilatéralement.»

La tribune précise qu’un calendrier de groupes de travail prévu pour septembre a été annulé par courrier électronique, sans précision sur la suite du processus. Dans le même temps, une interlocutrice centrale du dossier aurait quitté ses fonctions. Pour les signataires, ces événements illustrent « l’instabilité des équipes en charge de ce chantier » et les difficultés à assurer la continuité des travaux. Une autre piste, fondée sur l’article 51 et permettant d’expérimenter des actes de consultation pour les puéricultrices exerçant déjà en libéral, n’aurait pas davantage abouti.

Inquiétudes sur l’IPA « santé de l’enfant et famille »

C’est surtout l’avenir de la pratique avancée en santé de l’enfant qui concentre aujourd’hui les critiques. Un sujet qui avait déjà provoqué une vive réaction de la profession cet été, après les propositions formulées dans le cadre de la mission flash consacrée aux infirmiers en pratique avancée (IPA). Dans leur tribune, les organisations affirment qu’un projet de mention IPA « santé de l’enfant et famille » est actuellement à l’étude. « Quelle serait la plus-value d’une nouvelle mention, dès lors qu’une formation spécialisée existe déjà ? », interrogent-elles. Les organisations défendent donc une autre voie : « Plutôt que de créer une mention redondante sur un champ populationnel déjà couvert, c’est la reconnaissance de l’exercice en pratique avancée des infirmières puéricultrices elles-mêmes qui devrait constituer l’objet de la réingénierie, avec les moyens de la développer et de la valoriser pleinement.»

Autre point soulevé par la tribune : le projet, attribué à la direction générale, d’une spécialité de master orientée vers l’Éducation nationale. Là encore, les signataires estiment que cette orientation « n’apporte aucune réponse aux enjeux structurels de la profession.»  Tout au long du texte, les signataires rappellent que depuis des années les rapports et missions se multiplient et ne débouchent sur aucune avancée concrète.

« Combien de rapports faudra-t-il encore ? »

Plus largement, les signataires défendent la transversalité du métier de puéricultrice, « qui permet de couvrir les besoins reconnus de l’enfant et de sa famille dans l’ensemble de ses milieux de vie et contribue donc à la cohérence de la prise en soin de l’enfant.» Ils  redoutent qu’une multiplication des parcours finisse par diviser la profession. « Il n’est pas demandé ici une nouvelle mission, ni une expérimentation supplémentaire, ni un énième rapport ou groupe de travail susceptible d’être ajourné par simple message électronique, conclut la tribune. Il est demandé que la spécificité du métier de puéricultrice, sa polyvalence et son expertise globale de la santé de l’enfant, soit formellement reconnue et consacrée dans les textes réglementaires, avant que d’autres ne procèdent à la redéfinition de notre profession sans notre participation.»

Les signataires :

CIP, Collège des Infirmièr(e)s Puéricultrices(teurs) ;
ANPDE, Association Nationale des Puéricultrices Diplômées et des Etudiants ;
Ceepame, Comité d’Entente Des Ecoles Préparant Aux Métiers de l’Enfance ;
Collectif Je Suis Infirmière Puéricultrice ;
SNPDE, Syndicat National des Puéricultrices Diplômées d’Etat  ;
SoRiP, Société de Recherche des Infirmières Puéricultrices

Voir la tribune 

Candice Satara

PUBLIÉ LE 25 septembre 2026

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