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« Nous refusons la disparition d’une profession qui protège les enfants » : les infirmières-puéricultrices rejettent les recommandations de la mission flash sur les IPA

Alors que le chantier de réingénierie du diplôme d’infirmière-puéricultrice est officiellement lancé, un rapport de la mission flash de l’Assemblée nationale consacré aux infirmiers en pratique avancée (IPA) provoque une vive réaction des représentants de la profession. Dans un communiqué commun publié le 15 juillet, six organisations dénoncent des recommandations qu’elles jugent en contradiction avec la loi infirmière du 27 juin 2025 et les travaux engagés avec la Direction générale de l’offre de soins (DGOS).

Les signataires – le CEEPAME, l’ANPDE, le SNPDE, le Collège des infirmières puéricultrices, le Collectif Je Suis Infirmière Puéricultrice et la SoRiP – s’inquiètent notamment de la recommandation préconisant la création d’une mention IPA « enfants et familles ». Ils estiment que cette orientation conduirait, à terme, à faire disparaître la spécialité d’infirmière-puéricultrice au profit du modèle des IPA.

Un rapport jugé en contradiction avec la réingénierie en cours

Cette prise de position intervient quelques mois après l’annonce officielle du lancement de la réingénierie du diplôme d’État. Comme l’expliquait récemment Emilie Chollet, présidente du CEEPAME, dans un entretien accordé aux Pros de la petite enfance, l’objectif est de construire une formation de deux ans, de niveau master, intégrant les compétences de pratique avancée tout en conservant les spécificités de la profession. Elle insistait notamment sur une distinction essentielle : « Il est important de distinguer les infirmiers en pratique avancée (IPA) de la pratique avancée elle-même. (…) Nous ne souhaitons pas un modèle d’IPA pédiatrique tel qu’il existe aujourd’hui, car il est très médico-centré. Le métier de puéricultrice a des spécificités et demain, la profession devra intégrer la pratique avancée. »

Pour les organisations signataires du communiqué, le rapport parlementaire ne tient pas compte de cette évolution déjà engagée. Elles regrettent qu’il « ignore de manière méprisante les travaux de réingénierie en cours, portés par la profession et par la DGOS pour faire évoluer le diplôme d’État vers un niveau Master ».

Les puéricultrices défendent une « spécialité renforcée »

Les organisations ne remettent pas en cause l’évolution de leur profession vers la pratique avancée. Elles estiment en revanche que celle-ci doit s’inscrire dans le cadre de la spécialité de puéricultrice, conformément à la loi du 27 juin 2025, et non par son intégration dans une nouvelle mention IPA. Elles défendent ainsi le modèle d’une « spécialité renforcée », qui permettrait de développer les compétences en pratique avancée tout en préservant l’identité de la profession. Un modèle « qui permet à la fois de sanctuariser l’identité, les compétences exclusives et le maillage territorial préexistant des puéricultrices, tout en leur conférant le gain d’autonomie clinique, de prescription et de décision propre à la pratique avancée.»

Les organisations jugent par ailleurs paradoxal que le rapport recommande cette évolution tout en dressant lui-même un bilan critique du dispositif des IPA, évoquant notamment des difficultés économiques et organisationnelles. Elles considèrent ainsi que « vouloir dissoudre les puéricultrices, spécialité reconnue depuis plus de 75 ans et qui rassemble plus de 22 000 professionnels dans un dispositif d’une telle fragilité est une décision irresponsable et dangereuse pour la santé des enfants ».

Appel à poursuivre la réingénierie engagée

Les six organisations demandent le retrait des recommandations qu’elles contestent et appellent au respect de la loi infirmière de 2025 ainsi qu’à la poursuite du travail de co-construction engagé avec les pouvoirs publics. « Il est urgent d’insister sur un fait incontestable : nos compétences ne sont toujours pas pleinement déployées. La priorité est donc de reconnaître, valoriser et pleinement mettre en œuvre les compétences qui existent déjà. », insistent les signataires. Le communiqué conclut sur un ton particulièrement offensif : « Nous refusons que la technocratie organise la disparition d’une profession qui protège les enfants depuis plus de soixante-quinze ans.»

Organisations signataires :

CIP, Collège des Infirmièr(e)s Puéricultrices(teurs)

ANPDE, Association Nationale des Puéricultrices Diplômées et des Etudiants, Peggy Alonso

Ceepame, Comité d’Entente Des Ecoles Préparant Aux Métiers de l’Enfance, Emilie Chollet

Collectif Je Suis Infirmière Puéricultrice, Katia SABY

SNPDE, Syndicat National des Puéricultrices Diplômées d’Etat, Véronique Boulaire

SoRiP, Société de Recherche des Infirmières Puéricultrices, Elisa Guises

PUBLIÉ LE 15 juillet 2026

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Une réponse à “« Nous refusons la disparition d’une profession qui protège les enfants » : les infirmières-puéricultrices rejettent les recommandations de la mission flash sur les IPA”

  1. Linda Allane dit :

    Je soutiens la spécialité puériculture qui devrait être employée dans l’éducation nationale etccc
    Nos compétences ne sont pas exploitées .
    On voit ce que cela donne sur l’enfance sans les puéricultrices auprès des enfants et des adolescents.

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