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Report du décret microcrèches : les premières réactions sont plutôt positives 

Soulagement, réalisme, nécessité. Trois mots résument l’état d’esprit des acteurs du secteur. Le report d’un an de l’entrée en vigueur des mesures microcrèches du décret du 1ᵉʳ avril 2025  est donc accueilli plutôt favorablement. Tous s’accordent à dire que les délais étaient intenables et que cela risquait de déstabiliser l’offre d’accueil du jeune enfant.

C’était son premier comité de filière ce jeudi 26 mars, et nul doute que personne n’est près de l’oublier. La ministre Stéphanie Rist y a fait sa première grande annonce concernant le secteur de l’accueil du jeune enfant. Et quelle annonce ! L’entrée en vigueur du décret sur la qualité d’accueil dans les micro-crèches ne se fera pas le 1ᵉʳ septembre 2026, mais un an plus tard : le 1ᵉʳ septembre 2027. Une décision que la plupart des membres jugent raisonnable, à commencer par Elisabeth Laithier, présidente du comité de filière. « Ce report est dû au principe de réalité et au calendrier, qui rendait irréaliste cette échéance du 1ᵉʳ septembre. », avant d’ajouter que la ministre leur avait assuré qu’il s’agissait d’un report et non d’une annulation.

SNPPE : « On allait droit dans le mur »

Pour Cyrille Godfroy, co-secrétaire général du SNPPE, « sans ce décalage, le secteur allait droit dans le mur ». « On voit tous les jours des professionnels en détresse absolue », souligne-t-il. Le représentant syndical alerte sur des tensions croissantes dans certaines structures. « Des professionnels subissent une pression importante pour passer leur VAE, en utilisant leur CPF ou même sur leurs propres deniers, alors que, c’est au gestionnaire de financer ces démarches », dénonce-t-il. Il pointe également un angle mort dans la mise en œuvre des nouvelles règles. En effet, le projet de décret assortit le report d’une condition supplémentaire : les gestionnaires de microcrèches devront d’ici le 1er septembre 2026 justifier qu’une personne de leur équipe est engagée dans une démarche de validation des acquis de l’expérience (VAE), pour une certification permettant l’accès à la catégorie 1. « On voit que l’administration pense beaucoup à la VAE, mais la voie de l’apprentissage et les autres circuits pour accéder à la catégorie 1 doivent aussi être concernés », insiste-t-il. Pour le SNPPE, ce report constitue donc une mesure indispensable, mais il ne saurait suffire sans un accompagnement financier renforcé du secteur.

ReMi :  « Un an, cela ne suffira pas »

Salim Bouakaz, président du ReMi, salue la prise de conscience de la ministre suite aux remontées terrain qui lui ont été faites, mais considère que « 12 mois cela reste trop court. Nous avions suggéré, en accord avec les organismes de formation, explique-t-il une période transitoire de 36 mois. Ce décret au départ a été pris pour renforcer la qualité d’accueil dans les microcrèches. Or précipiter les choses va à l’encontre de cet objectif : comment assurer une formation qualitative à assez de personnes en si peu de temps ? Par ailleurs, on connaît la difficulté à constituer des jurys et trouver des salles d’examen… Un an, cela ne suffira pas. Surtout si l’on veut former des nouveaux pros sur le marché du travail et pas seulement sécuriser l’emploi des personnels de catégorie 2 actuellement en poste. ». Par ailleurs le président du ReMi s’interroge : « est-ce que le nouveau décret qui prolongera le régime dérogatoire des microcrèches jusqu’au 31 août 2027, s’appliquera aussi aux nouvelles structures qui se créeront ou ne concernera que les structures existantes ? Car le décret d’avril 2025, est entré en vigueur dès le lendemain de sa publication en ce qui concerne les créations de microcrèches … et on a vu le résultat avec une baisse historique de créations de places en microcrèches.”

ACEEP : « Ils nous faut aussi des moyens supplémentaires »  

Pour Claire Gougeon, chargée de mission pour l’ACEEP, c’est aussi  « un véritable soulagement ». Selon elle, la mise en œuvre dans le calendrier initial n’était pas réaliste, notamment en raison du temps nécessaire pour engager les professionnels dans des parcours de VAE. « L’échéance du 1ᵉʳ septembre 2027 n’est pas si lointaine », souligne-t-elle. Elle ajoute : « Mais le report ne servira à rien si les moyens ne suivent pas : cela prend du temps quand même une VAE, et il faut du temps salarié pour accompagner les personnes dans cette démarche. » L’ACEEP se félicite par ailleurs de la reprise du comité de filière. Elle participera notamment au groupe normes qui se réunira en avril et travaillera à ce nouveau décret.

FNEJE : « Une rustine de plus ! »

Pour Julie Marty-Pichon co-présidente de la FNEJE, « on ne peut se satisfaire de ce report. Avec les élections présidentielles qui arrivent, le risque, c’est ce que décret ne soit jamais appliqué. On aurait pu trouver une autre solution que ce renoncement, par exemple, laisser les PMI gérer des dérogations en fonction des situations locales. Ce qui s’est déjà fait par le passé. On aurait pu aussi, au moment du décret prévoir un délai de deux ans et se donner les moyens de créer des formations, de lancer un grand plan métiers. Ce décret était salutaire et légitime, mais sa mise œuvre n’a pas été accompagnée. Et aujourd’hui ce report est une rustine de plus. Depuis des années, on procède par petits bouts et rustines au lieu d’ancrer durablement les réformes en leur donnant des moyens dès le départ. »

FFEC : « C’est une avancée, mais nous restons mobilisés »

« C’est une avancée attendue et nous tenons à la saluer nous a déclaré Elsa Hervy, déléguée générale de la FFEC. Nous restons mobilisés parce que même avec un an de plus, cette obligation reste difficile dans la situation de pénurie où tous les acteurs doivent se mobiliser.Les microcrèches ne peuvent pas être les seules à soutenir les VAE de leurs salariées qui pour une partie d’entre elles iront dans les autres crèches une fois diplômées. »

Catherine Lelièvre et Candice Satara

PUBLIÉ LE 27 mars 2026

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