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Six micro-crèches Callihop fermées en urgence en Isère : ce que l’on sait sur l’affaire

Six établissements du réseau de crèches privées Callihop ont été fermés en urgence dans le Nord-Isère à la fin du mois de juillet 2026. À l’origine de la décision : la gestion jugée gravement défaillante d’un incident au cours duquel une professionnelle aurait secoué un bébé, mais aussi des problèmes d’effectifs, de qualification, d’hygiène et d’approvisionnement. Les familles réclament des réponses, la direction, elle, conteste les accusations et prépare une riposte judiciaire.

Créée en 2012 sous le nom « Les GarderieLand », puis rebaptisée Callihop en 2022, la société gère six micro-crèches en Isère. Le réseau s’est ensuite développé en franchise, avec notamment des établissements dans le Rhône et le Bas-Rhin, qui ne sont pas concernés par les fermetures.

Un bébé aurait été secoué le 2 avril

Le point de départ de l’affaire remonte au 2 avril 2026. D’après les éléments figurant dans les arrêtés départementaux, rapportés par plusieurs médias, une professionnelle aurait secoué un bébé dans la micro-crèche Callihop Herriot de Bourgoin-Jallieu. La PMI reproche surtout à la direction la manière dont l’événement aurait été géré : absence d’appel immédiat au Samu, absence de sanction ou de mise à l’écart de la salariée et maintien de celle-ci au contact des enfants. La salariée aurait ensuite été déplacée dans plusieurs autres établissements du groupe. Quant aux parents, ils n’auraient pas davantage été informés de l’incident. À ce jour, les informations ne permettent  pas de connaître précisément l’état de santé de l’enfant, les éventuelles suites pénales visant la professionnelle.

Six fermetures administratives prononcées en juillet

D’après ICI Isère, le Département de l’Isère a pris, le 9 juillet 2026, un arrêté ordonnant la fermeture provisoire de la micro-crèche Callihop Herriot. Cette décision s’appuyait sur les manquements relevés par les services de la PMI. D’autres arrêtés de fermeture ont ensuite été pris. Celui du 24 juillet 2026 ordonnait notamment la fermeture provisoire de la micro-crèche Callihop située 3 rue de la Passementerie, à La Tour-du-Pin. Quatre autres crèches sont concernées par une fermeture provisoire. À Morestel, la PMI aurait également constaté des effectifs insuffisants, des difficultés liées à la qualification du personnel et des manques de matériel d’hygiène ou de nourriture susceptibles de dégrader les conditions d’accueil.

Des témoignages d’anciennes salariées

Après l’annonce des fermetures, plusieurs anciennes salariées ont décrit des difficultés qu’elles disent avoir signalées avant l’intervention du Département : sous-effectif, épuisement des équipes, turn-over, manque de produits d’hygiène ou de nourriture… Des alertes qui seraient restées sans réponse. Dans un reportage diffusé sur France Info, une professionnelle raconte avoir démissionné au bout de trois jours au vu des conditions de travail et d’accueil, après avoir contacté la PMI. « C’est pour le bien-être des enfants et pour moi, et pour moi me protéger, parce que si un jour il y avait eu une catastrophe avec un enfant, automatiquement, si on ne ne dit rien, ça nous retombe dessus. » Elle affirme : « En 30 ans de carrière, je n’avais jamais vu ça. » La salariée rapporte plusieurs négligences : des couches qui n’étaient pas adaptées à la taille des enfants, un manque de jeux correspondant à leur âge ainsi qu’un mobilier insuffisant. « Pour manger, la plupart des enfants sont assis par terre, car il n’y a pas assez de chaises. À l’intérieur, les températures atteignaient 35 degrés. Les parents récupéraient leurs enfants transpirants et énervés », témoigne-t-elle.

Des familles en colère

Face à ces faits graves, le 30 juillet, une trentaine de familles provenant des différents établissements ont constitué un collectif et adressé une lettre ouverte aux codirigeants du réseau. Elles dénoncent le manque d’informations, le silence de la direction après l’annonce des fermetures et l’absence de réponses à leurs sollicitations. Elles demandent une chronologie complète des événements, la liste des établissements dans lesquels la salariée mise en cause a travaillé et des garanties sur le suivi des enfants.
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Callihop conteste et annonce une riposte

La direction rejette de son côté les accusations. Éric Giordano, cofondateur et dirigeant du réseau, a déclaré au Dauphine libéré que la PMI ne se fondait, selon lui, sur « aucun élément » pour ordonner les fermetures. Il a indiqué avoir transmis le dossier à des avocats et envisager une riposte judiciaire contre les arrêtés.

L’affaire a également pris une dimension politique locale. En effet, Éric Giordano est conseiller municipal délégué à la propreté urbaine et aux espaces verts à Bourgoin-Jallieu. Le maire, Vincent Chriqui, a indiqué conserver sa confiance à son conseiller et vouloir attendre l’issue des procédures, tout en exprimant son soutien aux familles privées de mode d’accueil.

De nombreuses questions toujours en suspens

Au 7 août 2026, les six micro-crèches iséroises ne fonctionnent plus normalement et aucune réouverture n’a été officiellement annoncée. Deux seraient désormais définitivement fermées. Le collectif de parents attend toujours des explications détaillées et plusieurs anciennes salariées continuent de témoigner. Nous n’avons pas trouvé de trace d’une décision publique concernant un éventuel recours de Callihop.

Candice Satara

PUBLIÉ LE 07 août 2026

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