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Syndrome du bébé secoué : les nouvelles recommandations de la HAS

Le syndrome du bébé secoué ou « traumatisme crânien non accidentel par secouement » tue entre 20 et 80 bébés chaque année en France. Pour permettre aux médecins de mieux le repérer et le prendre en charge, la Haute Autorité de Santé (HAS) a actualisé ses recommandations vendredi 29 septembre dernier.

Le syndrome touche majoritairement les petits garçons de moins de 6 mois. Au moins 200 bébés en sont victimes chaque année et 10 à 40% d’entre eux en décèdent. Les autres en conservent des séquelles à vie telles que des troubles visuels, de l’épilepsie, une paralysie, des difficultés d’apprentissages… Des chiffres qui seraient très en-deça de la réalité, estime la HAS.

Elle avait déjà donné l’alerte sur ce phénomène en 2011 mais constatait alors qu’il était difficile de définir des symptômes et d’établir un diagnostic clair. Ce que les professionnels de santé sont maintenant capables de faire grâce à l’avancée des connaissances scientifiques des dernières années, comme le précise la HAS dans son communiqué. Le syndrome est causé quand un bébé est violemment secoué – souvent quand l’adulte a un excès de colère, de fatigue, d’exaspération. Les veines situées à la surface du cerveau sont alors arrachées provoquant un traumatisme crânien : un hématome sous-dural apparaît, et parfois des lésions oculaires ou de la moelle épinière et une atrophie du cerveau peuvent être observées.


Systématiser les examens et alerter la justice

La HAS recommande de guetter des signes du syndrome chez un bébé qui présenterait une hypertension intracrânienne, un déficit moteur ou même des ecchymoses sur le corps, à l’aide d’une imagerie cérébrale (scanner puis IRM) et un fond d’œil. S’il y a suspicion de syndrome, l’enfant devra bénéficier d’une hospitalisation en soins intensifs pédiatriques, et le professionnel de santé sera tenu d’effectuer un signalement au procureur de la république (sous peine de sanctions pénales).

Mettre en place des formations pour les professionnels de la petite enfance

La HAS incite à diffuser des campagnes de sensibilisation et d’information sur le syndrome pour toutes les personnes en contact avec les bébés. Elle invite également les services de PMI à proposer aux parents des visites à domicile et à mettre en place des formations pour les professionnels de la petite enfance comme les assistantes maternelles.

A.B.B.

PUBLIÉ LE 02 octobre 2017

MIS À JOUR LE 09 décembre 2019

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