Une enquête de l’ANDPE sur la qualité de vie des étudiantes-puéricultrices.
L’Association Nationale des Puéricultrices Diplômées et des Etudiantes (ANPDE) a mené une enquête* auprès des étudiantes puéricultrices ( il n’ y a que 1,8% d’hommes dans cette spécialisation) lors du premier trimestre 2017 pour mieux connaître leur situation et qualité de vie. Résultat : le plus problématique pour les étudiantes reste le financement de leur formation et le rythme de la scolarité.
Des étudiantes motivées et sérieuses
La totalité des étudiantes-puéricultrices ayant répondu à l’enquête sont titulaires d’un diplôme d’état d’infirmière (alors que la spécialisation est aussi ouverte aux sage – femmes). Plus de la moitié d’entre elles (54%) se sont engagées directement dans cette formation après l’obtention de diplôme d’infirmière et ont donc suivi leur spécialisation puériculture en formation initiale. 26 % se sont mises en disponibilité pour y accéder et se donner toutes les chances de réussite. Enfin, 24% relevaient de la formation professionnelle. Seules 17% continuent de travailler durant leur formation. En général pour préparer le concours, elles potassent les annales corrigées (73%). 5%seulement ont accès à des stages de préparation. Enfin pour 54% des étudiantes cette formation de puéricultrice est un vrai choix lié à un projet professionnel précis. Elles ne sont que 3% à la suivre parce qu’il y a des débouchés. Et quand on les interroge sur leurs envies professionnelles, elles souhaitent majoritairement débuter leur carrière dans le secteur hospitalier puis peu à peu se diriger vers la PMI, le secteur social et les EAJE.
Des études coûteuses difficiles à financer
Quand elles choisissent leur institut de formation, les étudiantes privilégient le plus souvent la proximité ( 65%), néanmoins 11% choisissent en fonction du coût. En effet, il existe de nombreuses disparités selon les régions et selon les établissements. Le coût annuel moyen de la spécialisation s’élève à 5476 €. Auxquels il faut ajouter les frais annexes : hébergement, transports, restauration etc. Beaucoup d’étudiantes peinent à financer leurs études que ce soit en formation initiale ou continue. 52% ont dû faire appel à leur famille. 41% ont puisé dans leurs deniers personnels. Pour 9% il a fallu contracter un emprunt bancaire. Et 20% ont bénéficié d’une bourse régionale. Les financements (en formation professionnelle continue) par les employeurs ne concernent que 17% des étudiantes. Ces chiffres mettent bien en évidence la difficulté pour les infirmières d’accéder à cette spécialisation. D’ailleurs quand à la fin de l’enquête, on les laisse librement s’exprimer, les étudiantes sont nombreuses à regretter l’absence totale d’indemnités de stage ou encore de prise en charge d’indemnités kilométriques pour aller en stage ?
Une formation très dense, des conditions de vie compliquées
La formation est jugée tout à fait satisfaisante par 67% des étudiantes qui apprécient l’encadrement par des tuteurs, l’écoute et la disponibilité des intervenants. Même appréciation à 50% pour la qualité de l’accueil en stage et les qualités pédagogiques des intervenants. A noter aussi que plus de 88% ont obtenu le stage qu’elles souhaitaient. En revanche, elles sont 89% à trouver difficile le rythme de la scolarité. Et dans leurs commentaires elles disent souhaiter une formation en 2 ans. L’enquête met également en évidence des disparités sur les équipements mis à la disposition des élèves lors de la formation : restauration collective, équipement de formation (bibliothèque ou CDI, informatique, salles de travaux pratiques), équipement sportif etc.
L’enquête a été réalisée en début d’année et les étudiantes se disaient déjà épuisées ( 85%), déprimées (37%) ; isolées ( 30%) et avec des difficultés de sommeil. Et 76% disent que cette impression de fatigue s’est accentuée au cours de la formation. Signe que leur qualité de vie n’est pas optimale, 45% des étudiantes pensent que leur alimentation n’est pas adaptée (faute souvent de restauration collective)…et 52% n’ont pas le temps de pratiquer une activité sportive.
Le point de vue de l’ANDPE sur cette enquête
Dans un communiqué l’association considère : que «les études de puéricultrice sont actuellement très attractives. En effet, malgré un coût élevé et une prise en charge de la formation initiale aléatoire, le nombre d’étudiantes en poursuite de formation suite au Diplôme d’Etat d’Infirmière reste majoritaire. L’absence, à ce jour, d’actes exclusifs pour la spécialité n’encouragent pas les employeurs à financer cette formation. Pour les étudiantes, le rythme de la scolarité est véritablement le point noir de la formation. L’infirmière puéricultrice est amenée à travailler dans de nombreux secteurs (hospitaliers et extrahospitaliers). La formation actuelle, en un an, ne permet pas d’approfondir l’ensemble des notions indispensables à la prise en charge de l’enfant de 0 à 18 ans. Les études de puéricultrice sont donc attractives, mais doivent à présent s’adapter à l’évolution de la société en approfondissant les contenus et en permettant l’accès au grade Master. »
* Enquête menée sur un panel de 519 étudiantes sur les 1000 en formation chaque année soit plus de 45% des étudiantes puéricultrices.
C.L
PUBLIÉ LE 08 juin 2017