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Violence télévisuelle : ses effets débutent dès l’âge de 3 ans

Selon une étude menée par des chercheurs canadiens, les tout-petits exposés à de la violence à la télévision peuvent présenter un risque plus élevé de troubles psychologiques et scolaires à l’adolescence. Les résultats de l’étude ont été publiés dans le Journal of Developmental & Behavioral Pediatrics.


L’étude a suivi 978 filles et 998 garçons d’âge préscolaire jusqu’à 12 ans afin d’examiner l’effet à long terme de l’exposition dès la petite enfance à des contenus violents sur écran, télé comprise. Plusieurs indicateurs clé permettaient de mesurer le développement de l’enfant. Ceux-ci étaient renseignés par les parents comme par exemple à quelle fréquence l’enfant regardait des émissions de télévision ou des films contenant de la violence, par les enseignants et par les enfants eux-mêmes à l’âge de 12 ans. 


Une exposition aux contenus violents dès 3 ans

L’étude nous apprend qu’à l’âge de 3 ans et demi, 45 % des filles et 58 % des garçons ont été exposés à des programmes violents selon les parents. À l’âge de 4 ans et demi, 44 % des filles et 60 % des garçons ont été exposés à des programmes violents. 


Risque accru de troubles émotionnels et moins bonne adaptation scolaire

Les filles qui avaient visionné des émissions télévisées violentes dans la petite enfance étaient plus à risque à 12 ans, de souffrir de détresse émotionnelle, d’un manque de confiance en elles et d’une diminution e la motivation scolaire et d’une moins bonne réussite scolaire. Chez les garçons, davantage de troubles de l’émotion également, plus d’inattention, de troubles du comportement, le tout associé à un repli sur soi et de moins d’engagement en classe, de motivation scolaire et d’une moins bonne réussite en classe. 


Des contenus violents dans les dessins animés

Les auteurs de l’étude expliquent que certains contenus notés comme les plus violents se trouvent dans des dessins animés précisant que « les représentations graphiques susceptibles de perturber les enfants, telles que le sang et la souffrance, sont souvent décrites comme inoffensives ou absentes. La violence est souvent récompensée et valorisée lorsqu’elle est perpétrée par des personnages attrayants, tels que des super-héros inspirés de la bande dessinée. » Ils relèvent aussi que pour de nombreux enfants, le contenu de l’écran est devenu une source alternative d’apprentissage. 


Les plus jeunes, particulièrement vulnérables

Or, indiquent les auteurs, les enfants d’âge préscolaire sont en pleine acquisition des compétences essentielles qui leur permettront de faire face aux défis socio-développementaux ultérieurs, telle que la régulation des émotions et des comportements En même temps, ils montrent une tendance à s’identifier aux personnages médiatiques et à traiter tout ce qu’ils voient comme réel. Les enfants d’âge préscolaire pourraient être particulièrement vulnérables aux représentations humoristiques de protagonistes glorifiés utilisant la violence (ici justifiée) pour résoudre des problèmes. Ces images violentes pourraient ainsi favoriser une moindre empathie vis-à-vis de la douleur et à la souffrance. Mais aussi de la peur et du stress et finalement  « amener ces enfants à percevoir la société comme dangereuse et effrayante et les conduire à réagir de manière excessive dans des situations sociales ambiguës », souligne Jessica Bernard, l’un des auteurs de l’étude.


Le rôle crucial des parents 

Les auteurs tirent la sonnette d’alarme en insistant sur le fait qu’une minorité de parents d’enfants de 5 ans et moins respectent les directives de temps d’écran en termes de durée et de contenu. Pour rappel l’OMS recommande le bannissement complet des écrans avant l’âge de 2 ans et la limitation du temps d’écran à une heure par jour entre deux ans et cinq ans. Ils indiquent « qu’il est nécessaire de d’apporter un soutien et des informations concrètes et factuelles aux parents sur la manière d’intégrer les recommandations des médias à l’écran dans leur vie. »


Source: https://journals.lww.com/jrnldbp/Fulltext/9900/Prospective_Associations_Between_Preschool.66.aspx

Isabelle Hallot

PUBLIÉ LE 13 décembre 2022

MIS À JOUR LE 17 avril 2023

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